Les tombes des nobles de la IVe dynastie égyptienne, à Meidum

Pyramide de Meidum - Carine Mahy
Pyramide de Meidum - Carine Mahy
En plus de posséder une pyramide du roi Snéfrou, la nécropole de Meidum, située au sud du Caire, abrite de superbes mastabas.

La nécropole de Meidum est située au sud du Caire. Il s’agit de la nécropole royale la plus méridionale de l’Ancien Empire. Elle abrite la première pyramide du roi Snéfrou, la dernière à degrés. Aujourd’hui, on peut visiter cette pyramide qui s’est en partie effondrée.

Il s’agit du premier complexe funéraire royal à disposer d’un temple haut, d’une chaussée et d’un temple bas. Ces éléments sont encore de taille modeste par rapport à ceux des pyramides de Giza. Snéfrou ne reposa jamais à Meidum puisqu’il fit construire deux nouvelles pyramides à Dachour.

Le mastaba 17

A Meidum, il y a aussi une importante nécropole de nobles. Dix-sept mastabas furent mis au jour. Le plus grand d’entre eux, le dix-septième, situé à proximité de la pyramide, contient un grand sarcophage en granite. Malheureusement, il n’y a aucune inscription. Le propriétaire demeure donc anonyme.

Les fouilles de la nécropole de Meidum

En 1871, l’archéologue Albert Daninos mit au jour le mastaba d’un fils de Snéfrou. Ce personnage, Rahotep, était donc également frère de Chéops. Une statue intacte de Rahotep fut découverte. Elle est aujourd’hui au musée du Caire avec celle de son épouse, Néfert, retrouvée lors de la même campagne de fouilles.

En 1872, Auguste Mariette découvrit dix nouvelles tombes. Parmi celles-ci, il y avait celle du vizir Néfermaât. C’est de ce mastaba que provient la célèbre peinture dite des « oies de Meidum ». Elle est conservée au musée du Caire.

En 1911, l’archéologue britannique Flinders Petrie, après avoir étudié à son tour les bas-reliefs des mastabas, ordonna de faire réensabler la nécropole. Il décida de faire cela car les tombes furent pillées par des marchands d’arts et ce qui restait était en grand danger. Mais cette protection intervint fort tard, les vols avaient déjà été nombreux…

Rahotep et Néfert

En 1986-1987, l’égyptologue américaine Yvonne Harpur s’intéressa à la dispersion des bas-reliefs du mastaba de Rahotep et de Néfert. Elle constata qu’un certains nombres de reliefs se trouvaient dans des musées. Elle pu ainsi réaliser, de manière théorique, une vue d’ensemble de ce qui est aujourd’hui conservé.

Si l’on veut voir ces reliefs, il faut donc aller : au musée du Caire, aux musées de Berlin, au Louvre, au British Museum, au Fitzwilliam Museum de Cambridge, au musée Pouchkine de Moscou, au musée d’Etat de Munich, à l’Ashmolean museum d’Oxford, à la Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague, au musée de l’institut orientaliste de Chicago et aux musées royaux d’art et d’histoire de Bruxelles !

L’étude des titres de Rahotep a prouvé que ce fils royal devint le grand prêtre du dieu Rê à Héliopolis. Il était également chargé de la production des champs en Haute Égypte, dirigeait une flotte et était lié au clergé d’Horus.

Le vizir Néfermaât et les oies de Meidum

Le vizir Néfermaât était lui aussi un fils de Snéfrou. Il était même l’aîné de ceux-ci. Il décéda avant son père, ce qui permit ensuite à Chéops de monter sur le trône. Son mastaba, le seizième, était l’un des plus grands de la nécropole. Les oies de Meidum faisaient partie d’une vaste composition. Malheureusement elle connu le même sort que les bas-reliefs de Rahotep. Aujourd’hui, ces fragments de peintures sont dispersés au quatre coins du monde.

Le mastaba de Néfermaât présente également une curieuse décoration. Le vizir décida de réaliser des motifs par incrustations de pâtes colorées. Ce procédé ne résistant pas très bien à l’usure du temps, il ne fut pratiquement pas employé ailleurs en Egypte. Quelques éléments de ce décor sont au musée du Caire. Les autres sont notamment répartis entre Bruxelles, Copenhague et Munich.

En plus d’être vizir, Néfermaât était un grand prêtre de Thot, membre du clergé de Bastet et responsable des constructions royales. Ainsi, il supervisa probablement la construction de la pyramide de Meidum.

Sébastien Polet, Carine Mahy

Sébastien Polet - Diplômé en Histoire (Antiquité gréco-romaine) et en Langues et Littératures orientales, Histoire et ...

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