Un lieu de détente

On raconte que Poppée, l’épouse de Néron, considérée par ses contemporains comme la femme la plus coquette de l’histoire romaine se baignait dans du lait d’ânesse. De même, la célèbre reine d’Egypte, Cléopâtre, faisait fondre des perles dans du vinaigre pour le mêler à son bain. Vrais ou faux, ces récits ont un sens : ils rappellent que le bain tenait une grande place dans la vie des femmes de l’Antiquité. En effet, femmes et hommes, s’ils font chez eux leur toilette quotidienne (coiffure, maquillage), se rendent aux thermes, ou bains publics, pour se détendre, bavarder, autant que pour se laver. Une cité d’une certaine importance se doit de posséder de tels établissements.

Un bien-être du corps

A Rome, les bains du gouvernement, ou thermes impériaux, sont gratuits. Toute la population peut s’y rendre. Cette démarche permet notamment de réguler les maladies. Certaines structures, comme celles de l’empereur Caracalla (211-217), immenses, possèdent un luxe inouï et font la renommée de l’empereur. Les thermes deviennent, dès lors, des instruments politiques et de propagandes qui font rejaillir la générosité du maître de Rome pour ses citoyens. Marbres, porphyre, mosaïques et statues composent une splendide décoration. Mais, même dans les villes modestes, les thermes sont de vastes établissements, où clients et clientes passent de longues heures : ils prennent un bain froid dans le frigidarium – salle d’eau froide – bavardent, se reposent dans la salle tiède (tepidarium) et transpirent dans la salle très chaude (caldarium), avant de se promener dans les jardins. Parfois, un gymnase est accolé aux thermes. Les hommes pouvaient donc aller faire de l’exercice puis se laver et se relaxer dans les bains jouxtant le gymnase.

Bains d’hommes, bains de femmes, intrigues et amours

Longtemps, les romains des deux sexes se baignent ensemble. Cette promiscuité favorise intrigues et liaisons amoureuses, elle multiplie également les occasions de scandales et de complots en tout genre. Le moment du bain est un instant privilégié pour se transmettre des messages ou bien encore de critiquer tel ou tel décision politique. Les femmes jouent beaucoup le rôle d’entremetteuse et, d’amant en amant, elles finissent par connaître tous les petits secrets de Rome et ainsi posséder un poids politique non négligeable. César usa beaucoup des femmes à des fins politiciennes. Aussi, l’empereur Hadrien (117-138) adopte-t-il un décret séparant définitivement hommes et femmes dans les thermes. Selon la capacité d’accueil des bâtiments, ils se succèdent dans les mêmes lieux ou fréquentent, aux mêmes horaires, des locaux distincts.

Compléments

L'élégance des femmes d'Egypte et de Mésopotamie.