Les sarcophages phéniciens anthropoïdes

Sarcophages anthropoïdes phéniciens - Ernest Renan
Sarcophages anthropoïdes phéniciens - Ernest Renan
Ces sarcophages phéniciens, d'inspiration égyptienne, étaient destinés à une population aisée.

Les sarcophages anthropoïdes phéniciens sont aussi appelés sarcophages sidoniens, car c’est de Sidon que proviennent la plupart des exemplaires retrouvés, environ les trois-quarts de ceux connus. Pourtant, d’autres villes de Phénicie, mais aussi Chypre et la Sicile en ont fourni quelques exemples. Les sarcophages de ce type datent des Ve et IVe siècles av. J.-C.

Apparence des sarcophages anthrpoïdes

Ces sarcophages sont taillés dans la pierre locale ou le marbre blanc, importé. D’inspiration égyptienne, ils sont propres au monde phénicien de la côte libanaise et des colonies méditerranéennes.

Ils représentent un corps momifié. La représentation du corps est schématique; seul le visage est figuratif. Selon les cas, il peut être plus proche du modèle égyptien, parfois même avec la représentation d'un nemès, être une interprétation phénicienne du modèle original ou être inspiré de l’art grec, dans le traitement du visage (cfr illustration).

Des traces de peinture ont été remarquées sur certains sarcophages de Sidon. Elles signalent qu’un décor peint était présent. Peut-être que le nom du défunt était également inscrit à la peinture, car aucun nom de propriétaire ne nous est parvenu.

Un précédent

A la fin du VIe siècle av. J.-C., les rois de Sidon, Tabnit et son fils Eshmounazor II, avaient été enterrés dans des sarcophages en basalte, provenant de la région de Memphis, en Egypte.

Leur exemple a été suivi par d’autres hauts personnages de Phénicie et des colonies méditerranéennes. Finalement, la coutume s’est établie assez durablement.

A destination d’un public aisé

La plupart des Phéniciens étaient inhumés dans des cercueils coffres. Les sarcophages anthropoïdes ne représentent qu’un petit pourcentage des sarcophages et cercueils phéniciens découverts par les archéologues.

Même les pièces les moins finement réalisées coûtaient relativement cher. Sans compter que certains de ces sarcophages semblent être des productions uniques destinées à répondre à la demande particulière d’un commanditaire.

Quand le sarcophage était réalisé en marbre importé, comme par exemple le marbre de Paros, il n’était accessible qu’aux individus d’une classe dominante.

Intérêt pour les croyances et les pratiques égyptiennes

Les cultures voisines de l’Egypte, et en particulier les Phéniciens, étaient fascinés par les traditions égyptiennes.

Le corps du roi Tabnit a été retrouvé momifié. Celui de son fils devait l’être également. A Chypre, bien que les contextes archéologiques conservés intacts soient rares, le sarcophage anthropoïde d’une dame a été retrouvé, accompagné d’un alabastre égyptien et d’une série d’amulettes en faïence de production égyptienne, témoignant du goût de la défunte et de sa famille pour les pratiques égyptiennes.

C’est donc un type de croyances, de pratiques, de traditions d’origine égyptienne, qui intéressaient les propriétaires de ces sarcophages anthropoïdes et pas seulement un effet de mode. Il est donc très vraisemblable que les Phéniciens et Phéniciennes ensevelis dans de tels sarcophages aient tous été momifiés.

Conférence, Wavre

Carine Mahy - Diplômée en Histoire et en Archéologie/Histoire de l'art - spécialisée dans les civilisations de ...

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