Les fonctionnaires de l’Éducation nationale appartiennent à la fonction publique d’État. Ils sont titularisés après une période de stage rémunéré. À ce titre, ils sont placés dans des "corps" – le corps des professeurs d’école, le corps des professeurs certifiés, par exemple – chaque corps étant classé dans l’une des trois catégories suivantes :

  • A : emplois de conception, direction, encadrement
  • B : emplois d’application, de rédaction
  • C : emplois d’exécution
Chaque corps est structuré en :

  • grades : un ou plusieurs grades hiérarchisés par corps, selon le niveau de responsabilité ;
  • classes : différents niveaux de grilles salariales selon l’ancienneté et le mérite ;
  • échelons : différents échelons pour chaque classe auxquels correspondent des indices de rémunération.
L’indice est un nombre de points qui, multiplié par la valeur du point en cours, détermine le montant du salaire brut de base. Cet indice augmente au fur et à mesure que l’on gravit les échelons à l’intérieur d’un grade et d’une classe. La valeur du point est elle-même régulièrement revalorisée en fonction de l'indice des prix, normalement ; elle est actuellement de 4,6073 euros.

L’avancement est plus ou moins rapide selon le barème personnel de l’agent, qui tient compte de l’ancienneté, mais aussi de la notation ou de l’évaluation du mérite par un supérieur hiérarchique.

Cet article traitera d’un premier exemple, celui des personnels appartenant aux corps des professeurs des écoles, professeurs certifiés du second degré, professeurs de lycée professionnel, conseillers d’orientation psychologues et conseillers principaux d’éducation (catégorie A). Ceux-ci partagent la même grille indiciaire salariale, selon deux classes possibles (classe normale et hors classe).

La grille de la "classe normale"

Elle va de l’échelon 1 à 11, et des indices associés 349 (salaire mensuel brut : 1607,93 euros) à 658 (salaire brut mensuel de 3031,57 euros).

Pour exemple intermédiaire, l’échelon 4 correspond à l’indice 416 (salaire mensuel brut de 1916,61 euros) et l’échelon 8 à l’indice 531 (salaire mensuel brut de 2446,45 euros).

L’avancement d’un échelon à l’autre se fait selon trois possibilités, à partir du 3e échelon :

  • au "grand choix" : chaque échelon est franchi en 2 ans et 6 mois en moyenne ;
  • au "choix" : en 3 ans et 6 mois en moyenne ;
  • à l’ancienneté : en 4 ans en moyenne.
Il est question de moyenne, car les temps minimum et maximum à chaque niveau sont variables d’un échelon à l’autre.

Les 11 échelons peuvent donc se gravir en 20 ans minimum et 30 ans maximum.

Le tableau d’avancement départemental est établi par l’inspecteur d’académie et les décisions prises au sein d’une commission (CAPD). Les personnels peuvent prétendre à une promotion s’ils ont la durée requise dans l’échelon précédent pour être susceptibles de passer à l’échelon supérieur.

Un barème académique détermine le nombre d’agents pouvant être chaque année promus au grand choix ou au choix ; c’est la notation qui permet de faire la sélection. Ainsi, le nombre de professeurs d’école promus au grand choix ou au choix chaque année ne doit pas dépasser 30 % et 5/7 de l’effectif des professeurs inscrits sur la liste.

La grille "hors classe"

On peut y accéder à partir du 7e échelon de la "classe normale". Pour les professeurs d’école, le nombre de promus hors classe ne doit pas dépasser 15 % de l’effectif budgétaire des professeurs d’école de classe normale.

La grille comporte 6 échelons, de l’indice 495 (salaire mensuel brut : 2244,46 euros) à 741 (salaire mensuel brut de 3359,89 euros).

L’avancement en "hors classe" permet de franchir les échelons en 2 ans et 6 mois, sauf le dernier qui suppose 4 ans.

Un principe souvent remis en cause

Le système d'avancement et de promotions dans l'Éducation nationale fait beaucoup de mécontents : il repose parfois plus sur la chance que sur la justice.

Les inspecteurs chargés de notation n'utilisent pas tous les mêmes principes. Pour limiter cet effet pervers possible, des "fourchettes" de notes selon les échelons sont préconisées ; ce qui rend le système encore plus artificiel, mais pas plus juste pour autant.

La chance d'être promu dépend du nombre de personnes susceptibles de l'être.

Une promesse de revalorisation pour les premiers échelons

Luc Chatel, ministre de l'Éducation nationale, a annoncé en mars 2010 une augmentation de 10 % des salaires des nouveaux professeurs certifiés et agrégés. Tous les enseignants du 1er au 5e échelon devraient également voir leur salaire revalorisé de 660 euros par en moyenne.

Primes et indemnités

Au salaire de base peuvent s’ajouter, selon les missions et états de service, des indemnités particulières.

Elles peuvent être liées à un travail supplémentaire « payé à l’acte », par exemple pour les professeurs des écoles : étude dirigée (15,99 euros de l’heure), étude surveillée (de 24,09 à 26,50 euros), soutien scolaire (de 26,98 à 29,68 euros), surveillance de cantine (de 11,56 à 12,72 euros), accueil de stagiaires (22,87 euros par semaine). Ces heures supplémentaires ne sont souvent possibles que dans les zones urbaines.

Elles peuvent aussi être liées à la fonction :

- Sujétion spéciale de direction (majorée de 20 % en zone d’éducation prioritaire – ZEP)

  • environ 125 euros par mois pour une école de 1 à 4 classes ;
  • environ 140 euros de 5 à 9 classes ;
  • environ 158 euros, si plus de 10 classes.
- Indemnités ou bonifications indiciaires pour les personnels du secteur ASH – adaptation et scolarisation des élèves handicapés).

- Indemnité de suivi et orientation des élèves pour les professeurs certifiés du second degré (99 euros mensuels).

- Indemnité de professeur principal dans le second degré également (116 euros mensuels).

Autres corps de l'Éducation nationale

Les instituteurs (corps en voie d’extinction) sont rémunérés selon une grille indiciaire moins avantageuse ; un système de promotion ou de concours internes leur permet de rejoindre progressivement le corps des professeurs d’école.

Les professeurs agrégés appartiennent à un corps différent et bénéficient d’une grille plus avantageuse.

Les chefs d’établissement (collèges ou lycées) ne sont pas rémunérés selon le même principe de sujétion spéciale que les directeurs d’école. Enfin, de nombreux autres corps existent au sein de cette institution d’État. L’article suivant expliquera, en deuxième exemple, les modalités de traitement des secrétaires administratifs de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur. Un troisième traitera des personnels d'encadrement.

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