L ’Inquisition

Instaurée au XIIIe siècle par Grégoire IX avec comme premières cibles les Cathares et Vaudois.

Chasse aux sorcières :

La doctrine religieuse considère la magie comme sorcellerie et superstition par conséquent opposée au divin et aux rituels traditionnels.

La sorcière dans l'imagination populaire.

Remèdes de bonne femme, vielle et hideuse bougresse souvent solitaire, habitant l'orée du village, avec un chat noir, un corbeau.

Guérisseuses, jeteuses de sorts, rebouteuses : consultées en cachette ; vénérées d'aucuns autant que craintes de tous. Diseuses de bonne aventure, elles dansent et s'accouplent au Malin, les nuits de pleine lune près de la fontaine aux fées.

Dans les faits elles n’ont eu que le tord d'être "mauvaises" au mauvais moment.

Et c'est être deux fois bouc que de l'être au féminin.

Le clergé (pour renforcer son unité face aux hérésies) et le peuple cherchent des boucs émissaires pour expliquer les famines, épidémies, disettes.

Les contestataires deviennent sorcières

En ces temps troubles il sera aisé de trouver des contrevenantes toute désignées, parmi le groupement de femmes qui revendiquent une plus grande liberté et affichent leur désaccord avec l’Église.

En milieu rural les "réactionnaires" se réunissent le soir près d'une fontaine ou sous un arbre remarquable par sa taille, ce qui a rapidement donné naissance aux images de sabbat et culte de Satan.

D'autre part apparaissent des sectes plus "intellectuelles", les adeptes du Libre Esprit, ou des béguines, qui sont à l'origine d'un courant de subversion. Au sein de communautés autonomes, elles ne sont pas ordonnées, récusent l’autorité des hommes, prônent une certaine liberté sexuelle.

L'une d'elles, Marguerite Porete, publie un traité de théologie, le Miroir des âmes simples anéanties. Poursuivie pour hérésie, elle est brûlée en 1310.

Les procès vont faire un nombre important de victimes.

Des historiens parlent de 100 000 exécutions entre 1580 & 1630, après jugement pour faits de magie, sorcellerie et commerce avec le diable.

1 - Sugny

Ardenne méridionale belge, à un jet de pierre de la frontière française.

Des maladies mystérieuses, rebelles à la médecine populaire, déciment hommes et bêtes. Le petit village semble frappé par une malédiction.

Quatre femmes ( Jennette Huart, Jenne Pilhart, Jennette Petit et Marson Huart), suspectées de magie noire, sont arrêtées, sur dénonciation.

La procédure étant expéditive l'enquête commence le 10 mars 1657, la sentence sera rendue le 21. Elles seront brulées vives au lieu-dit "Soffa".

N.B.

Pour le Comté de Namur tout proche, cent mille habitants, on recense 1 650 bûchers sur la place publique.

2 - Triora

Piémont, Italie.

Famine, sécheresse, les paysans superstitieux rendent des sorcières responsables.

Janvier 1588, suite à une enquête, plus de 200 suspects, femmes en majorité sont interrogées sous la torture.

Certaines des accusées sont herboristes, sages-femmes, "femmes médecines".

Considérées comme liées de près ou de loin au Culte de Diane.

Certaines meurent en interrogatoire, plusieurs se suicident pour échapper à la torture.

le vicaire Girolamo Del Pozzo déclara n’avoir utilisé le supplice que sur cinq sorcières …

"que le feu mis sous les pieds n’avait pas dépassé le temps maximum d’une heure" et concluait … que les tourments n’avaient pas excédé la règle …

Les survivantes en attente de procès disparurent en déportation.

3 - Salem ( le plus médiatisé)

Salem Farms - Nouvelle-Angleterre

Février 1692

Betty, 9 ans, et Abigail, 11 ans, fille et nièce du révérend Parris, présentent des symptômes de possession diabolique. Elles accusent Tituba, la servante indienne et deux femmes détestées par la communauté : Sarah Good et Sarah Osborne. Des mandats d'arrêt sont lancés contre elles.

Mars 1692

Interrogée Tituba confesse, elle accuse Good et Osborne d'être des sorcières, reconnaît avoir vu le diable et s'être rendue a des sabbats.

Les trois sorcières sont envoyées à la prison de Boston, ensuite on arrête 11 autres femmes, suspectes elles aussi.

Mai 1692

Sarah Osborne meurt en prison avant son jugement.

Juin 1692

Ouverture du procès, sans preuves précises. Leurs cris déments, bouches baveuses, yeux révulsés, leurs membres tordus, leur peau boursouflée par des brûlures imaginaires vont dicter leurs décisions et celles des jurés.

Juillet 1692

Six accusées sont pendues

Août 1692

Cinq accusés, une femme et quatre hommes, dont un révérend, et un ancien policier sont conduits à leur tour au gibet. Un vieux fermier sera soumis à l'empilement de pierres sur la poitrine et meurt par écrasement.

Décembre 1696

Après cinq années la population de Salem oublie peu à peu la sombre affaire, les diverses tendances vont lentement se réconcilier . Trente-deux adultes, ont accusé de sorcellerie quatorze autres habitants.

Ces trois exemples montrent combien tout a été fonction des antagonistes, de la situation géographique et des circonstances.

Sugny

Triora :

Salem :

l'hérésie d'autosuggestion religieuse aura sans doute contribué à alimenter la délation et les règlements de compte entre les clans.