Qui sont les phéniciens ?

Ils forment un rameau du peuple cananéen installé en Syrie et en Palestine depuis les derniers siècles du IIIe millénaire. D’innombrables péripéties historiques finissent par avoir raison de la civilisation cananéenne : invasions des groupes Hourrites et indo-européens ; dévastations dues aux mystérieux peuple de la Mer qui, venus de la mer Egée, ont anéanti l’Empire Hittite et inquiétés les Egyptiens ; enfin, pénétration insidieuse des Araméens, parmi lesquels les Hébreux. Les seuls Cananéens à avoir préservé leur indépendance et leur culture sont les phéniciens relégués sur une étroite bande côtière. La plupart des villes sont situées sur des promontoires ou au fond de petites baies, sites favorables à l’installation de ports protégés dont les plus célèbres sont Tyr et Byblos. Ils inventent l'alphabet, rendant l'écriture bien plus facile que l'ancienne écriture cunéiforme du babylonien. Ils disparaissent définitivement avec l'arrivée d'Alexandre le Grand au Ive siècle av. notre ère.

Signification du nom « phénicien »

Le terme phénicien ne remonte qu’au Ier millénaire av. notre ère et son origine est grecque à l’instar des noms de villes et de civilisations de cette même période (Egypte, Babylone). Il a donné son nom à la région de Phénicie. « Phénicien » vient de « Phoenix ». L’étymologie n’est pas claire car le mot Phoenix sert tout autant à designer l’oiseau immortel que le palmier-dattier – qui pousse dans le pays – ainsi que la pourpre, cette couleur précieuse fabriquée par les Phéniciens. Alors ? Les Phéniciens sont célèbres pour avoir été de grands marchands qui ont tissé un vaste réseau commercial autour de la Méditerranée : les Grecs ont probablement utilisé la pourpre, si prisée, pour désigner ce peuple de voyageur. Au latin poenus, dérivé de phoenix, nous devons l’adjectif « punique » utilisé pour désigner plus précisément un groupe de Phéniciens de l’Ouest qui se sont installés sur les côtes de la Tunisie actuelle, les Carthaginois.

Comment commercent-ils ?

Les cités phéniciennes, qui sont de grandes puissances commerciales en Méditerranée pendant le Ier millénaire, ont longtemps ignoré l’usage de la monnaie – que l’on doit à Crésus – lui préférant le troc. Hérodote, le premier des historiens, nous explique comment s’effectuent les échanges en Afrique noire. Les Phéniciens déchargent les marchandises en un point de la côte et préviennent les indigènes par de la fumée – à la manière des indiens d’Amérique ? – avant de se retirer. Ces derniers examinent la pacotille et déposent à sa place de l’or ou de l’ivoire, avant de se retirer à leur tour. Si les quantités ne paraissent pas suffisantes aux Phéniciens, ils n’y touchent pas et attendent sur leur bateau. Les indigènes rapportent alors de nouvelles marchandises et le manège ne cesse que lorsque chacun s’estime satisfait de ce qu’il a pu acquérir.

Compléments

Les voyages de deux aventuriers carthaginois, Hannon et Himilcar