
- Ptolémée observant les astres - Google images
Aux alentours de 3000 avant Jésus-Christ à Sumer, les Chaldéens observent les planètes et leur position pour déterminer leur impact sur les comportements humains. L'astrologie est d'abord une science mathématique dotée d'un caractère religieux et initiatique puis elle devient un art de prédiction sous le règne d'Auguste à Rome. Évincée de la culture européenne par le christianisme, elle est finalement réintroduite au Moyen Âge par les Arabes et intégrée à la religion chrétienne.
Les Chaldéens sont les savants de la science des astres et les pères de l'astrologie
Nous sommes en Asie. Sur les rives du Tigre et de l'Euphrate, les nuits sont claires et limpides. Depuis les anciennes cités de Mésopotamie, l'homme jouit d'une vue privilégiée sur le ciel étoilé. Il se passionne pour son étude, l'activité et le positionnement de ses astres ainsi que pour leur influence sur les phénomènes terrestres.
Les Chaldéens parviennent à établir la relation qui existe entre les saisons et le mouvement apparent des planètes. Ils réalisent d'ailleurs le premier livre d'astronomie en les nommant et en les situant. En divisant le temps et en le mesurant, ils jettent aussi les premières bases du calendrier.
Fascinés par ce qu'ils découvrent, ils divinisent les astres et les observent dans un cadre religieux. Si l'astronomie est l'étude purement scientifique de la carte du ciel, l'astrologie est l'interprétation humaine de cette étude.
L'invention du zodiaque daterait du IIe millénaire avant notre ère
Le travail des astronomes chaldéens aboutit à la création du zodiaque, sorte de grille de lecture de ce qu'ils voient comme une bande céleste, parcourue en son milieu par le soleil et dans le reste de sa surface par les planètes. Afin d'indiquer plus aisément l'endroit où se trouve le soleil par rapport aux planètes, ils partagent la bande en 12 parties égales, chacune correspondant à 30 degrés de la sphère qui en contient 360.
Chaque étoile figurant dans cette bande reçoit un nom d'animal (zodiaque signifie en grec "cercle des animaux et des âmes" ) selon un ordre chronologique qui se base aussi bien sur le rythme des saisons que sur les cycles du Soleil et de la Lune. Ainsi, le signe du Bélier se réfère-t-il à la saison de naissance des agneaux, le signe du Taureau désigne-t-il le temps où l'on attèle le boeuf à la charrue pour labourer la terre...
Notant que le Soleil, la Lune et les planètes reviennent dans un ordre précis et constant, les Chaldéens pensent que des esprits divins commandent ces mouvements et en viennent à les planifier. Le zodiaque permet dès lors de prévoir l'arrivée d'un astre à un moment donné dans un secteur du ciel. Ce faisant, ils notent une correspondance entre l'apparition d'un astre dans un secteur précis du zodiaque et la manifestation d'un phénomène naturel sur Terre influant lui-même sur le comportement humain.
De l'Orient à l'Occident, l'astrologie se répand, s'enseigne et se perfectionne
Au IIe siècle avant J.-C., l'astrologie est une véritable tradition qui d'Alexandrie s'exporte jusqu'à Rome. Les Grecs qui la connaissent déjà et qui sont les esclaves des Romains enseignent à leurs maîtres les rudiments de cette science.
Claude Ptolémée, célèbre savant grec, réunit en 140 après J.-C. dans le Tetrabilos les connaissances acquises en matières d'astrologie et héritées du peuple chaldéen à destination de la médecine. On y parle déjà d'ascendant et de décan et l'on y découvre que la science grecque permet désormais de dresser un thème astral.
De science, l'astrologie devient art divinatoire et s'enrichit au contact d'autres cultures
Dès le IIIe siècle après J.-C., l'astrologie qui fait partie intégrante de la vie romaine se heurte à l'émergence du christianisme. Cette science qui s'utilise essentiellement pour prédire l'avenir grâce aux horoscopes (les plus vieux viendraient de Babylone et dateraient de 410 avant J.-C.) a perdu de son caractère religieux. Considérée comme une superstition païenne, elle est dénigrée et jetée aux oubliettes.
Le monde chrétien retrouve l'astrologie en l'an mil grâce aux Arabes qui, initiés à la culture grecque et chaldéenne, ont appris à monter un thème et à l'interpréter. Ce savoir scrupuleusement conservé depuis des millénaires est finalement reconnu par la pensée chrétienne au travers de Saint Thomas d'Aquin qui, dans sa Lettre sur la légitimité du recours à l'astrologie, affirme qu'il est permis d'avoir "recours aux arrêts des astres en matière de phénomènes physiques" mais qu'il est péché "d'avoir recours aux arrêts des astres à propos de ce qui dépend de la volonté de l'homme".
Le rapport des mouvements célestes avec la nature est de fait admis, en revanche tout ce qui a trait aux prédictions et aux comportements humains relève de la diablerie.
Les astrologues au service de la médecine et du gouvernement
Néanmoins, le processus de réhabilitation est en marche et une chaire d'astrologie est créée à l'école de médecine de Bologne, de Padoue et de Milan. En France au XIVe siècle, on trouve même un roi astrologue en la personne de Charles V. Les décisions royales ne se prennent qu'avec les conseils des médecins-astrologues tel le célèbre Michel de Nostredame (Nostradamus) qui officie pour Catherine de Médicis au XVIe siècle.
L'astrologie acquiert ainsi ses lettres de noblesse et devient cet outil de compréhension de soi qu'on aime à consulter ponctuellement.
