Les murailles de Babylone, l'une des sept merveilles du monde ?

Porte d'Ishtar - Sébastien Polet
Porte d'Ishtar - Sébastien Polet
Les puissantes murailles de Babylone émerveillèrent Hérodote et entrèrent dans la liste des sept merveilles du monde.

Dans les plus anciennes listes connues des sept merveilles du monde antique, le Phare d’Alexandrie n'apparait pas. A sa place, nous trouvons les murailles de Babylone (les ruines de Babylone se situent, aujourd’hui, au sud de Bagdad, en Irak). La première liste des merveilles fut très probablement réalisée par Callimaque de Cyrène, à Alexandrie d’Egypte, au IIIe siècle avant notre ère. Au moment où Callimaque rédigea cette célèbre liste, le phare n’était pas encore achevé. L’érudit a très probablement souhaité rendre hommage à Alexandre le Grand en plaçant deux des merveilles à Babylone. En effet, cette cité de Mésopotamie fut choisie, par le conquérant macédonien, comme capitale de son empire. C’est aussi à Babylone qu’il mourut et que Ptolémée, l’un de ses généraux obtint le gouvernement de l’Egypte (305-284). Callimaque travaillait pour ce dernier dans la célèbre bibliothèque d’Alexandrie…

Hérodote visite Babylone

Deux siècles avant l’élaboration de la liste des sept merveilles du monde, l’historien grec Hérodote (début du Ve siècle avant notre ère) visita Babylone. Il fut émerveillé par les murailles de la cité: «Elle [Babylone] est située dans une vaste plaine; elle est carrée et mesure 120 stades [c. 86 kilomètres] sur chaque face […]. D’abord, tout autour d’elle court un fossé profond et large, plein d’eau; ensuite un mur qui a de large 50 coudées royales [25 mètres] et 200 de hauteur [100 mètres] […]. En haut de cette muraille, sur les bords, on éleva des tours comportant une seule pièce, qui se faisaient face les unes aux autres […] l’espace qu’on laissa libre entre ces constructions était ce qu’il fallait pour la circulation d’un char à quatre chevaux. Dans l’enceinte des murailles, il y a 100 portes, tout entières en airain, ainsi que leurs montants et leurs linteaux […]. Au fur et à mesure que l’on creusait le fossé, on convertissait en briques la terre retirée de la tranchée; quand furent façonnées un assez grand nombre de briques, on les fit cuire dans des fours; puis, employant comme mortier de l’asphalte chaud et interposant de trente en trente couches de briques des lits de roseaux [en réalité: tous les 8 ou 10 rangées] […]. Cette muraille est la cuirasse de la ville, à l’intérieur court une autre muraille, qui n’est guère moins puissante que la première, mais plus étroite» (Histoires, I, 178-181). Hérodote se laissa emporter par son enthousiasme car les murailles ne faisaient pas 86 kilomètres de long mais 17. Elles étaient bien doublées. La largeur du mur extérieur était de 7,80 mètres.

Les fouilles allemandes

Les fouilles allemandes (1898-1917) mirent au jour les murailles élevées par Nabuchodonosor II (604-562), celles que virent Hérodote. Devant celles-ci, les archéologues trouvèrent un fossé large de 100 mètres. Les tours étaient haute de 30 mètres et épaisses de 8,50 mètres.

Les premières murailles de Babylone

Les premières murailles furent probablement élevées par le premier roi de Babylone, Sumuabum (1894-1881). Une deuxième enceinte remplaça ce premier mur au XIIe siècle avant notre ère. Le mur était déjà dédoublé à cette époque. L’enceinte extérieure fut baptisée le «rempart d’Enlil» et celle de l’intérieur «Enlil a montré sa faveur». Enlil était l’un des principaux dieux du panthéon babylonien. Nabuchodonosor II fut donc le constructeur d’une troisième muraille, la plus grande et la plus imposante de toutes celles élevées à Babylone.

Une cité imprenable ?

Le paradoxe de Babylone, rendue pratiquement invulnérable grâce aux travaux de Nabuchodonosor II, fut de n’avoir jamais subi de siège après l’édification des murailles. Le dernier roi Babylonien, Nabonide fut capturé en 539 et la cité se rendit aux Perses sans combattre. Alexandre le Grand entra également à Babylone sans combat, en 331 avant notre ère. Le gouverneur de la ville avait décidé de l’accueillir en héros, car il venait de battre l’empereur perse Darius III (335-331).

Les portes

Huit portes permettaient d’entrer dans la cité. Le nom même de Babylone prouve que ces portes marquèrent de tout temps les esprits. En babylonien, Babylone se lit «bab-ilu» ce qui signifie «la porte des dieux»! Les cinq plus importantes portes étaient baptisées du nom d’une divinité mésopotamienne (Ishtar, Shamash, Mardouk, Adad et Enlil). L’archéologue allemand Robert Koldewey, le découvreur de Babylone, fit transporter l’immense porte d’Ishtar au musée de Berlin. Elle échappa ainsi aux destructions et aux pillages liés aux deux guerres du Golfe. La particularité de cette porte se trouve dans les briques qui la composent. Elles furent toutes recouvertes d’une couche d’émaille bleue. Des animaux fantastiques liés aux divinités de Babylone étaient également sculptés sur cette porte qui était haute de plus de 10 mètres.

Sébastien Polet, Carine Mahy

Sébastien Polet - Diplômé en Histoire (Antiquité gréco-romaine) et en Langues et Littératures orientales, Histoire et ...

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