Le vin rosé est souvent synonyme de soirée d'été, sur une terrasse avec des amis. Léger et rafraîchissant, il remplace volontiers les traditionnels apéritifs, et il s'adapte bien aux plats légers par temps de grosse chaleur. Voici un petit tour d'horizon des différents vins rosés français.

La vinification délicate du rosé

La couleur rose de ce vin ne provient pas d'un mélange de vins blanc et rouge, contrairement à une idée assez répandue. Ce mélange est interdit en France sauf pour la fabrication des champagnes rosés. En réalité, il s'agit, à partir du raisin noir, de surveiller chaque jour le stade de macération, de 12h à 48h maximum, pour en déterminer la couleur et les arômes. Les différences de teintes des rosés français sont ainsi dues, d'une part à la couleur de départ du jus de raisin, d'autre part au choix du viticulteur d'interrompre la macération.

Les rosés de Provence

Commençons donc par cette star de l'été, que l'on repère facilement par la forme souvent élégante de ses bouteilles et par sa robe claire et limpide, avec des nuances beiges. La Provence est la région la plus spécialisée dans le rosé puisque cela concerne 88 % de sa production, sous trois AOC :

  • Côtes de Provence (Sainte-Victoire, Fréjus, La Londe)
  • Coteaux d'Aix-en-Provence
  • Coteaux varois en Provence
Le rosé de Provence se boit en apéritif pour éveiller le palais et le préparer à la gastronomie tonique du Midi, dont il sait aussi apaiser les saveurs parfois piquantes : ratatouille, farci provençal, aïoli, pistou... Il ne doit pas se boire glacé pour garder ses arômes, préférez-le juste frais, après 1h passée au réfrigérateur. Il s'accommode parfaitement des plats exotiques, asiatiques ou indiens.

Le clairet et le bordeaux rosé

On ne fait pas assez de place sur nos tables à cette version du bordeaux. Le clairet possède une magnifique robe rose-rouge assez soutenu, qui, on le sent, aurait été à deux doigts de "virer" sur le rouge. C'est qu'il s'agit d'une "saignée" après 24h à 48h après le début de la macération, alors que le rosé en est extrait après 12h. On obtient alors plus de concentration d'arômes et de teinte. Pour ceux qui ne sont pas adeptes du rosé à table, le clairet permet d'offrir une belle alternative : plus de puissance et de corps avec des vins de garde, tout en conservant la fraîcheur d'un vin à boire l'été.

Les bordeaux rosés ont quant à eux une robe limpide, qui doit être sévèrement contrôlée par les viticulteurs pour ne pas virer à l'orangé et sont souvent suffisamment ronds en bouche pour être dégustés à table avec des plats "chauds" comme ceux de la cuisine maghrébine (couscous, tajine...) ou les grillades très relevées.

Les rosés du Val de Loire

L'AOC rosé-de-loire est un vin sec, à la couleur variable, parfois rose pâle, ou orangé plus soutenu. C'est un vin qui se boit jeune et qui est apprécié en apéritif, ou avec des plats légers, salades, fritures... Désaltérant, on l'appelle lui aussi un "vin de soif", et bien des paysans le consomment d'ailleurs comme boisson dans la journée.

L'AOC cabernet-d'anjou est un vin plus souple, d'un rose plus soutenu (macéré 18h), qui peut se garder 2 ou 3 ans et qui est un compagnon idéal pour la cuisine asiatique. Plus fruité que le rosé-de-loire, et plus tendre.

L'AOC Touraine comporte quelques nectars dans le genre. Il s'agit pour certains de rosés vinifiés comme du blanc, sans macération, la couleur rose provenant de la teinte naturelle du jus après pression. Tonique et très fruités, on apprécie la démarche de quelques viticulteurs qui entrent dans un procédé biodynamique comme La Grange Tiphaine, un rosé issu de 6 cépages, pas moins, qui offre "une belle complexité ethnique".

Les rosés du Beaujolais

Il vous faut absolument découvrir ces rosés très pâles qui ont l'avantage de pouvoir se garder quelques années et qui évoluent très bien en cave. Beaujolais rosé, morgon rosé et brouilly rosé, trois beaux crus aux arômes particulièrement fruités, avec une amplitude en bouche qui permet de les utiliser au cours d'un bon repas, quelles que soient les saveurs maîtresses du moment.

Comment choisir un rosé ?

Les vins rosés, comme les vins blancs, contiennent davantage de sulfites et sont donc propices aux intolérances chez de nombreuses personnes (gare aux maux de tête le lendemain). Il faut choisir de bons vins, de préférence dans les domaines où ils sont produits. A défaut, allez plutôt les dégoter chez les cavistes qui sauront vous conseiller, et peut-être vous orienter vers un excellent rosé issu de culture biodynamique. Dans tous les cas, mettez le même soin à choisir un vin rosé qu'un vin rouge.

Une bonne idée de recette rafraîchissante au vin rosé

Préparez une salade de fruits d'été dans un saladier avec un litre de rosé pas trop sec, coupez de fines lamelles de menthe fraîche et des feuilles d'estragon fraîches.

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