Les maîtresses d'Henri IV

Le vert galant et ses amours qui ont marqué l'Histoire

Portrait de Gabrielle d'Estrées - Musée Condé, Chantilly, France
Portrait de Gabrielle d'Estrées - Musée Condé, Chantilly, France
Henri IV, le premier des Bourbons, roi de France et de Navarre, est resté connu dans l'histoire pour l'Edit de Nantes, sa poule au pot et ses extravagances amoureuses...

Deux épouses et plus de soixante-dix maîtresses, il n'en fallait pas moins à Henri IV, le Vert Galant, qui s'est souvent laissé gouverner par ses sens alors même qu'il gouvernait la France, alors en pleine guerre civile, avec habileté et indulgence. Sous son règne, la France retrouva la sérénité perdue quelques années plus tôt avec la Saint Barthélémy. Sous ses draps, de nombreux enfants naquirent, des héritiers potentiels aux trônes, servant parfois de pion sur l'échiquier des maîtresses royales.

Gabrielle d'Estrées, la presque reine

Le roi avait déjà eu nombres de conquêtes avant de rencontrer la jeune Gabrielle. Alors qu'il séjourne au château familial de Coeuvres, où vivent la belle et son père, il fait la connaissance de la jeune fille et tombe immédiatement amoureux d'elle. Bien faite, blonde, le teint frais et des proportions admirables, le roi ne peut résister à ses sens en émois.

Cependant Gabrielle lui résistera longtemps. Bien qu'issue d'une longue lignée de maîtresses royales et concubines (sa grand-mère a été la maîtresse de François Ier et de Charles Quint) elle ne veut pas jouer les "filles faciles" en cédant aux avances d'un homme, fût-il roi de France. Il faudra trois années à Henri pour la conquérir. De leur amour naitront trois enfants qu'Henri reconnait, chose exceptionnelle à l'époque.

Henri IV est alors marié à Marguerite de Valois, plus connu sous le nom de reine Margot, mais le couple vit séparé et la reine n'a encore jamais donné d'enfant au roi. Il va tout faire pour annuler son mariage et épouser Gabrielle. Mais cette femme trop belle dérange, la cour ne veut pas d'elle comme reine et le Saint-Siège fait tout pour retarder l'annulation. La reine elle -même refusa la séparation car elle haïssait sa rivale.

Alors qu'elle attend le quatrième enfant du roi, elle est prise, un soir, de convulsion et mourra quelques heures plus tard dans d'horribles souffrances. On pense tout de suite au poison, sa mort arrangeant bien des choses, pourtant il semblerait plus vraisemblable qu'elle soit morte d'apoplexie ou d'éclampsie puerpérale.

Le roi est anéanti. Après avoir comblé sa favorite de ses largesses en lui offrant de nombreux châteaux et autres présents, il va l'enterrer comme une reine et portera le deuil en s'habillant tout de noir. Nous sommes en 1599, leur idylle aura duré huit ans.

Henriette d'Entragues, la grande manipulatrice

Quelques mois après la mort de Gabrielle d'Estrées, le roi fait la connaissance de Catherine Henriette de Balzac d'Entragues lors d'un bal. Fougueux comme toujours, le roi tombe immédiatement sous le charme de la belle brunette, allant jusqu'à signer une lettre scandaleuse lui promettant le mariage si elle lui donnait un fils.

L'union du roi et de Marguerite de Valois a finalement été rompue, mais à la condition que le roi épouse une princesse de sang, ce qui se fera lorsqu'il épousera Marie de Médicis le 17 décembre 1600. La rivalité entre la reine et la maîtresse va grandissant, la favorite refusant de s'incliner devant la reine et lui manquant de respect. La guerre continue le soir sous les draps. Henriette veut donner un fils au roi et ainsi devenir reine.

Mais c'est Marie de Médicis qui sera la première à mettre au monde un héritier, le futur Louis XIII. Dès lors, Henriette va comploter contre le roi, tentant même de le faire assassiner, pour que Gaston-Henri, son fils, devienne dauphin au détriment du petit Louis.

Après la tentative d'assassinat ratée, le roi pardonnera à Henriette mais sa passion s'essoufflera et il rompra sa relation en 1609, quelques mois avant sa mort.

Charlotte de Montmorency, la presque maîtresse

Charlotte Marguerite de Montmorency est issue de l'une des plus anciennes et des plus illustres familles de France. En 1609, elle entre au service de la reine Marie de Médicis. C'est en répétant un ballet qu'elle éblouie le roi vieillissant. Henri IV a alors cinquante-six ans et Charlotte seulement seize. Mais cela n'arrête pas les ardeurs du roi.

Il rompt les fiançailles de la jeune fille avec le marquis de Bassompierre pour lui faire épouser Henri II de Bourbon-Condé, prince de sang, plus attiré par les plaisirs de la chasse que par les femmes. Henri IV peut ainsi faire la cour à la princesse de Condé. Mais c'est sans compter sur la jalousie de son mari. Est-ce par orgueil ou par amour, le prince de Condé n'accepte pas cette idylle et quitte la cour entrainant avec lui sa femme en province puis, sous les assauts répétés du roi, à Bruxelles, sous la protection de l'Espagne, grande ennemie de la France.

Pour récupérer sa maîtresse, le roi est prêt à déclencher un conflit arrêté dix ans plus tôt. Alors qu'il se prépare à la guerre, le roi est assassiné. Sa veuve devient régente, Charlotte peut revenir à Paris.

Déjà à l'époque d'Henri IV, les favorites ont joué un rôle important. De toutes les maîtresses du Vert Galant, l'histoire se souviendra de ces trois femmes.

Photo d'Audrey Bachter, Audrey Bachter

Audrey Bachter - Diplômée en photographie et retouche d'images, j'ai aussi suivi des cours d'histoire de l'art et d'archéologie ...

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