Les hiéroglyphes hittites

Une deuxième écriture pour un même peuple

Lion avec inscription en hiéroglyphe hittite - Sébastien Polet
Lion avec inscription en hiéroglyphe hittite - Sébastien Polet
A côté de l'emploi de l'écriture cunéiforme, les Hittites ont inventé un autre système d'écriture qui leur était propre: les hiéroglyphes.

Les hiéroglyphes hittites, comme le cunéiforme, forment un syllabaire. A ces signes qui servent à écrire les syllabes des mots, il faut ajouter quelques déterminatifs, qui apportent plus de précision au contenu d’un texte. Par exemple, quand on cite le nom d’un personnage ou d’un dieu et que l’on veut préciser son statut, on ajoute un signe déterminatif représentant le roi ou le dieu. Ce principe se retrouve aussi dans le hiéroglyphe égyptien.

Les hiéroglyphes dans l’Antiquité

« On trouve en Ionie deux images de ce roi [Sésostris I ou III] gravées sur le roc, l’une sur la route d’Éphèse à Phocée, l’autre sur celle de Sardes à Smyrne. Elles représentent toutes les deux un homme haut de cinq empans […]. D’une épaule à l’autre, en travers de la poitrine, court une inscription en caractères sacrés égyptiens, qui proclame: «J’ai conquis ce pays par la force de mes épaules.» Il n’indique ici ni son nom ni son pays, mais ils sont indiqués ailleurs» (Hérodote, Histoires, II, 106).

Il n’existe aucun rapport entre l’écriture hiéroglyphique égyptienne et le hiéroglyphe hittite, pourtant, dans l’Antiquité, l’historien Hérodote a confondu les deux systèmes d’écriture. Cette confusion le mena à la conclusion d’une présence égyptienne en Ionie !

Karatepe et le déchiffrement du hiéroglyphe hittite

C’est grâce à la découverte d’une bilingue en alphabet phénicien et hiéroglyphe hittite (qui dans ce cas-ci, notait le louvite, autre langue anatolienne proche du hittite) sur la colline de Karatepe, en Cilicie, dans l’est de la Turquie, que le hiéroglyphe hittite a pu être déchiffré.

Le texte de Karatepe date de la fin du VIIIe siècle avant notre ère, mais la plupart des matériaux datent eux du IXe siècle avant notre ère, comme en témoignent certains thèmes iconographiques hittites qui ne furent plus employés après cette époque. Cette différence chronologique s’explique par le réemploi des pierres pour construire la porte de la ville dans laquelle a été gravée l’inscription.

Le phénicien était déjà connu depuis les recherches de l’abbé Jean-Jacques Barthelemy au XVIIIe siècle (ce même linguiste avait aussi réussi le déchiffrement du palmyrénien). Lors de la découverte, à Karatepe, en 1946, de la plus longue inscription dans cette langue, les connaissances acquises ont permis de comprendre avec certitude le sens des hiéroglyphes hittites.

Plusieurs hypothèses existaient déjà avant la découverte de la bilingue, mais celle-ci a permis d’apporter les preuves nécessaires à la vérification de la validité de ces hypothèses.

Conférence, Wavre

Carine Mahy - Diplômée en Histoire et en Archéologie/Histoire de l'art - spécialisée dans les civilisations de ...

rss
Advertisement
Advertisement