Les étudiants : les galériens du logement

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Entre pénurie et prix exorbitants, trouver un appartement convenable lorsqu'on fait ses études n'est pas facile, notamment à Paris et sa proche périphérie.

Ils étaient 2 231 745 étudiants inscrits en études supérieures pour l’année 2008-2009 (1). Ils seront surement autant cette année. Les effectifs ne sont pas encore dévoilés. Mais, on sait déjà, suite à une annonce du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche datant du 28 juillet 2010, que 75% des bacheliers de cette année sont d’ores et déjà inscrits dans un établissement d’études supérieures, via le site Admission Post Bac (2). Même si le ministère prévoit un recul de 7% d’ici 2017, à cause de la baisse de l’évolution démographique et de la désaffection de l’université, le nombre d’étudiants en France reste conséquent et bien plus important qu’il y a 30 ans.

Que le nombre d’étudiants en France augmente est une bonne chose, l’avenir dépend beaucoup de l’éducation des nouvelles générations. Mais cet accroissement n’est pas sans problème, notamment en ce qui concerne les logements. Principaux obstacles des étudiants (avec les prix exorbitants des écoles privées), le prix des logements où qu’ils soient en France est généralement démesuré, et malheureusement souvent inaccessible à toute une catégorie de nouveaux bacheliers. Deux tiers des étudiants sont obligés de trouver un logement en dehors du domicile familial et un tiers a des difficultés, en particulier à Paris.

Trouver un logement à Paris

Les étudiants des grandes villes françaises comme Paris, Marseille, Aix-en-Provence ou Lyon doivent faire face à des prix de logements excessifs. Dans la capitale, l’argent n’est pas le seul facteur de recherches vaines : il y a pénurie de logements, notamment de résidences étudiantes. Quel que soit l’arrondissement dans lequel il étudie, un jeune au budget moyen met actuellement entre une et trois semaines pour trouver un logement convenable, et ce, malgré les aides qui lui sont proposées.

C’est le cas d’Antoine, 21 ans qui entre cette année en troisième année de Licence de géopolitique à la Sorbonne après deux ans de prépa littéraire. «J’étais en khâgne à Nantes pendant deux ans, explique-t-il. Je n’ai pas eu à trouver de logement puisque j’étais en internat. Mais une fois arrivé à Paris, pour trouver une chambre à louer, c’était la galère ! Bien plus que ce à quoi je m’attendais». En effet, Antoine a cherché sans relâche pendant une semaine, alors qu’il a «un dossier plutôt correct» dû aux revenus convenables de ses parents qui lui payent le loyer. «Je plains ceux qui ont des dossiers moins solides» soupire le jeune homme qui s’est vite rendu compte que la concurrence était rude. «Les agences immobilières nous demandent de construire des dossiers de fous. On doit presque leur donner notre groupe sanguin !».

Finalement, Antoine a réussi à trouver un logement près de son université. "Une chambre de bonne", c'est-à-dire un 10m2 autrefois occupé par des domestiques. L’universitaire paye 476 euros. «Au sixième étage sans ascenseur, mais bon, c’est mieux que rien !» relativise t-il.

Cette chambre il l’a trouvée grâce au site De Particulier à Particulier (3) qui peut être une mine d’or pour certains étudiants en recherche de logement. «Je suis d’abord allé voir des agences immobilières, raconte t-il. Mais elles me proposaient toutes des petites chambres pour des prix exorbitants !» Sans compter les frais d’agence. «Maintenant que je suis installé, je compte rester là longtemps, dit-il en souriant. Chercher un logement est à la fois démoralisant lorsqu’on se rend compte de l’offre, et stressant car on ne cesse de se demander si on ne va pas finir dans un taudis ou devoir changer de ville. Bref, passer une semaine à trouver une location à Paris… Plus jamais !».

Quel arrondissement ?

Les prix des chambres et des studios à Paris sont les plus élevés de France. Plus l’arrondissement parisien est bien «côté», plus les prix montent. A cause de la dynamique du marché haut de gamme très présent dans la capitale, les prix d’achat et de location d’appartements et studios peuvent dans certains arrondissements atteindre des sommets impressionnants et généralement inabordables pour des étudiants.

Ainsi du Ier au VIe arrondissement, les prix sont difficilement accessibles, à moins de tomber sur une perle rare. A l’inverse, les XVIIIe et XIXe arrondissements proposent des prix plus raisonnables pour un jeune. Parfois, certains endroits «côtés» de la capitale, de par leur architecture ou leur fréquentation touristique, font considérablement hausser le prix des loyers. Concrètement, un appartement sur le boulevard Haussmann (VIIIe et IXe arrondissements) est plus cher qu’un appartement de la même taille au quartier de la Villette (XIXe arrondissement).

Habiter dans la couronne

Lorsque son université ou école est à Paris et qu’on ne trouve pas de logement, une solution est de chercher dans la couronne. Petites ou grandes, elles sont généralement très bien desservies en transports.

C’est ce qu’ont fait Murielle et Philippe Leblanc. «Compte tenu de notre situation familiale, nous n’avions pas le droit aux bourses du CROUS, et à Paris, l'offre de logements du CROUS étant limitée, l’organisme réserve les chambres prioritairement aux étudiants boursiers» commence à expliquer Murielle. Nos filles étudient toutes les deux à Paris, continue Philippe. La première est en master dans le XXe, la deuxième rentre en première année dans le XVIIe. Nous avons donc commencé à chercher un appartement dans un arrondissement entre leur deux lieux d'études». Mais rapidement, la famille s’est rendue compte que les appartements proposés étaient soit trop petits pour deux, soit trop chers. «Face à la pénurie de logements dans Paris, raconte Philippe, nous avons naturellement redirigé nos recherches vers la petite couronne».

En effet, généralement, les prix sont plus accessibles dans les villes limitrophes de Paris, et l’offre un peu plus conséquente, même si elle reste tout de même très faible. «Nous sommes passés par une agence immobilière, raconte Murielle. Nous préférions avoir un contrat en bonne et due forme afin d’éviter tout aléa. Nous avons fait presque toutes les agences des villes de Clichy, Asnières et Bois Colombes». Philippe ajoute : « Nous n’avons pas tellement eu de difficultés à trouver quelque chose de convenable, car compte tenu nos ressources, notre dossier était toujours accepté, et souvent prioritaire. Nous nous sommes aperçus qu’il y avait une terrible injustice pour les enfants dont les parents n’ont pas le même type de revenu. C’est beaucoup plus dur pour ces familles là de trouver un logement adapté».

Après deux semaines de recherches, les deux étudiantes sont logées dans un 37 m2 à Clichy, pour un peu moins de 700 euros par mois sans les charges mais «près du métro et du supermarché, c’est parfait !» rapporte une des filles, le sourire aux lèvres.

Les logements étudiants

Il peut être un peu plus facile pour les étudiants boursiers de trouver un logement. En effet, lors des inscriptions en études supérieures, il est possible de faire une demande au CROUS, le Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires. Placé sous la tutelle du ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, il distribue des bourses et des chambres aux étudiants d’établissements habilités, c'est-à-dire les écoles publiques et quelques privées reconnues par l’Etat. Dans certaines régions, le CROUS peut délivrer des chambres universitaires à des étudiants non boursiers, cependant, ces personnes ne sont pas prioritaires sur les listes d’attente. Environ 15% des résidences de France sont occupées par des étudiants ayant fait une demande de CROUS, qu'elles soient gérées par le Centre ou non.

Les étudiants, boursiers ou non, sont également aidés par les Caisses d'Allocations Familiales (CAF) qui proposent une Aide Personnalisée au Logement (APL) sans plafond. Elle est délivrée sous certains critères : être locataire d’un logement à titre de résidence principale avec un bail conforme à la convention signée entre le propriétaire et l’Etat et d’autres encore. Toute personne remplissant les critères peut accéder à cette aide. Versée tous les mois, elle est calculée entre autres en fonction du prix du logement, des revenus et de la situation familiale du locataire.

Que fait le gouvernement ?

Pour la rentrée 2010, le gouvernement a ouvert 28 nouvelles résidences universitaires. Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, a annoncé qu’avec les 13 461 logements livrés cette année, comprenant 4 938 constructions, les objectifs de construction et réhabilitation du plan Anciaux étaient pour la première fois atteints. Espérons que ce plan prévoyant un budget conséquent à la réhabilitation et à la construction de milliers de logements soit de nouveau atteint l’année prochaine, et qu’il soit même dépassé les années suivantes. Car la question du logement est un problème grave, qui, dans l’intérêt général du pays doit être maîtrisé par le gouvernement. Notamment en ce qui concerne les logements des étudiants. Nombreux sont ceux qui ne choisissent pas les études supérieures de leur rêves à cause des prix exorbitants des logements leur rongeant leur faible budget. C’est un devoir de rendre ces études les plus accessibles possibles, car elles forment les jeunes générations qui sont l’avenir du pays.

(1) Etude réalisée par l’Insee.

(2) Le site Admission Post Bac est un dis-positif regroupant l’ensemble des formations de l’enseignement supérieur. Il est sensé simplifier les démarches des futurs bacheliers pour leur inscriptions en études supérieures dans le public.

Moi-même, Louisa B.

Sarah Bouchaïb - Bonjour, Je suis actuellement étudiante à l'Ecole Française de Journalisme. Au cours de mon cursus, j'apprends ...

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