Au début du siècle, la coiffure féminine se compose d’une frange de cheveux appelée la garcette, et de deux bouffons crêpés sur les oreilles, le reste des cheveux étant nattés et enroulés en chignon à l’arrière de la tête.

Les coiffures féminines

Vers la fin du règne de Louis XIII (1601-1643), les cheveux, disposés sur un rouleau crêpé dit « rond », forment un arceau en bombage. Il s’en échappe parfois une mèche nouée d’un ruban et appelée moustache. Puis la coiffure s’aplatit de nouveau et les bouffons sont remplacés par des boucles longues, les serpenteaux.

Serpenteaux et bouffons plus ou moins crêpés se prolongent jusque vers 1670. Une coiffure nouvelle, la hurlupée (ou hurluberlu), fait fureur pendant quelques années. Il s’agit d’un amoncellement de boucles dont la marquise de Sévigné (1626-1686) écrit qu’il fait une « tête de chou ».

Vers 1678 apparaît la coiffure « à la Fontanges », d’après Marie Angélique de Scorraille de Roussille, duchesse de Fontanges (1661-1681) qui en a involontairement lancé la mode, lors d’une chasse royale donnée dans la forêt de Fontainebleau. Sa coiffure s'étant défaite en s'accrochant aux branches, le ruban qui retenait la chevelure glissa sur son front, ce que le roi Louis XIV (1638-1715) trouva « charmant ». Dès le lendemain, les dames de la cour avaient adopté cette coiffure, qui ne fut d’abord qu'un simple nœud de cheveux relevés en boucles sur le sommet de la tête, avant de devenir une véritable pièce montée avec l’aide de fil d’archal, un échafaudage de boucles, orné ensuite d'un bonnet, de dentelles, de rubans, de pierreries ou d'autres décorations. On vit même apparaître des « Fontanges-postiches » toutes montées, permettant des architectures plus hautes et élaborées qu’avec les véritables cheveux des dames, qui étaient serrés en chignon. Parfois, la volumineuse coiffe était même pourvue d'un mécanisme permettant de la tasser pour pouvoir passer sans encombre les portes. La vogue de cette étonnante coiffure dura trente ans, malgré les critiques et même la défaveur du roi. Madame de Maintenon (1635-1719) refusa d’adopter cette mode extravagante, lui préférant un simple chignon, porté sous de grandes mantes de dentelles assorties à ses robes, noires la plupart du temps.

Les coiffures masculines

Pendant le règne d'Henri IV (1533-1610), sans doute en réaction envers les coiffures adoptées sous son prédécesseur, les hommes portent les cheveux en désordre. Sous Louis XIII, la chevelure des élégants, dite moustache, prend le nom de cadenette, quand le frère du duc de Guise, Honoré d'Albert (1581-1649), marquis de Cadenet, imagine de l'attacher avec un noeud de ruban orné d'un bijou.

Mais, une maladie faisant perdre au roi ses cheveux , apparaît au début des années 1630 un accessoire nouveau, la perruque, d’abord réduite à des « coins » mêlés aux cheveux, puis plus complète. Elle est en fait alors portée surtout par nécessité et les hommes âgés n’emploient généralement que le tour, calotte ronde à cheveux cousus. Les coiffures naturelles et bouclées restent en vogue et la fabrication et la mode des perruques ne commence à se généraliser que vers 1655. Louis XIV n’acceptera longtemps que les perruques « à fenêtres », par lesquelles passent les boucles, avant de se résigner, en 1672, à porter la perruque « à cheveux vifs », qui oblige à se raser la tête.

Après 1680, la perruque prend des proportions monumentales, qui diminuent seulement vers la fin du siècle. Dite généralement en « crinière », plus tard surnommée « in folio », avec des boucles étagées tombant sur les épaules et dans le dos, elle se dresse ensuite « en Fontanges », à deux pointes puis, partagée en trois touffes, dont deux sur les côtés, en « binette ». Les couleurs sont très variées, surtout chez les courtisans, qui les saupoudrent notamment d’amidon.