L'époque voit se développer des modes variées. On fait un ample usage d'éléments purement décoratifs. Alors que, pour les vêtements, les plus grandes extravagances se retrouvent surtout dans le costume masculin, les coiffes féminines prennent des proportions étonnantes.

Les coiffures et couvre-chefs masculins

Au début du XVe siècle, se développe pour les hommes la vogue des cheveux « rondis », ou « à l’écuelle ». Cette coupe, dont une image célèbre demeure celle de Jeanne d’Arc, dégage la nuque et les oreilles, et forme une sorte de courte calotte au dessus de la tête. Cette mode étonnante est peut-être due à celle, tout aussi extravagante, de la carcaille, collet droit du pourpoint, d’abord de hauteur modérée puis montant jusqu’aux oreilles au début du XVe siècle. Cette coupe reste très prisée jusqu’au milieu du siècle, avant un retour aux cheveux plus longs, tombant dans le cou.

Le couvre-chef le plus répandu à l’époque est le chaperon. Il est d’abord porté en capuchon et, au XIVe, on ajoute à sa pointe une longue bande cousue (cornette ou coquille), qui pend dans le dos ou sur le côté. Une pèlerine fermée (guleron) entoure le cou. L’ouverture peut encadrer le visage (chaperon enformé) ou être rabattue en arrière (chaperon défeublé ou mis en gorge). Pour les funérailles, ou tout simplement pour dissimuler le visage, on tire au contraire plus fortement le capuchon vers l’avant ; c’est le chaperon embronché. Mais cette pratique sera interdite à la fin du XIVe siècle, car elle permet aux agresseurs de se cacher aisément. Elle n’est plus autorisée que pour les enterrements, jusqu’à celui de Louis XIV.

Par la suite on prend l’habitude d’enrouler la cornette en turban et de coiffer le capuchon par l'ouverture destinée au visage, en bonnet. Le guleron se dresse alors sur la tête de diverses manières. Au XVe siècle, pour éviter d’avoir à chaque fois à draper le chaperon, on fixe le capuchon enroulé sur un bourrelet. Cela forme un véritable chapeau, qui est nommé « chaperon façonné » ou simplement « bourrelet ». Au XVe siècle, apparaissent aussi des chapeaux variés, de feutre notamment, à calotte ronde ou haute forme, en cône renversé, à bec… Parfois, le chapeau est porté sur un bonnet rond ou sur un chaperon simple. Vers 1460, les élégants adoptent des toques à bords découpés.

Les coiffures et couvre-chefs féminins

Chez les femmes, les cheveux sont massés sur les tempes en « truffeaux » (parfois postiches), ou ramenés en nattes roulées autour de montures métalliques sur les oreilles. Les cheveux sont masqués par des pièces de linge. Il peut s’agir d’abord d’un couvre-chef léger. Les femmes âgées adoptent la touaille, qui entoure le cou et le menton. Bande étroite et très allongée, la touaille fait partie du trousseau des mariées et sert à tout : torchon, serviette, tablier… La guimpe, qui est une sorte d’association du couvre-chef et de la touaille, est la coiffe des veuves et des religieuses.

A la fin du XIVe siècle, la huve, coiffe de soie ou une résille perlée, enveloppe généralement les cheveux. Sur cet ensemble est posé un voile de linge ; souvent bordé de ruchés ou de fins plissés et retenu par des longues épingles, il forme une espèce d’auvent. Les truffeaux prennent alors une ampleur considérable. Au début du XVe siècle, on couronne les cheveux d’un mince bourrelet, qui n’alourdit pas la tête. Mais petit à petit, son volume s’accroit verticalement en même temps que celui des truffeaux et de la coiffe. Ainsi naissent les coiffures dites "à cornes", qui s’attirent les foudres des prédicateurs. La haute coiffure en pain de sucre n’est par contre pas condamnée et est adoptée par les religieuses, comme celles de l’Hospice de Beaune, qui la portent encore, d’une hauteur moins spectaculaire toutefois.

Le célèbre mot hennin, dont la signification reste obscure, n’est à l’époque qu’un terme moqueur, appliqué aux coiffures à cornes. Il n’a jamais au XVe siècle désigné une coiffure. En tous cas, cette haute coiffe conique, souvent ornée d’un long voile pendant de son sommet ou soutenu par des fils de laiton (d’archal) pour former les coiffes en papillon ou en beaupré, n’a été essentiellement porté qu’en France du Nord, en Bourgogne et dans les Pays-Bas. Il est possible que l’influence orientale ait contribué au développement des extravagantes coiffes du temps, qui rappellent certaines mitres portées par les Syriennes. On les a même rapprochées de coiffures chinoises. Toutes ces coiffures demeurent en vogue jusque vers 1480.

Pour les voyages et pèlerinages, les femmes portent également des chapeaux en feutre. Le chaperon de l’époque précédente s’est, comme celui des hommes, transformé en chaperon façonné puis, vers la fin du siècle, il est en velours pour les dames nobles, en drap pour les bourgeoises, posé sur une coiffe de lingerie qui entoure le visage mais dont le bord est souvent brodé.

En savoir plus

http://www.stejeannedarc.net/dossiers/coiffure_jeanne.php

lesinvitesdelhistoire.hautetfort.com/list/revivre-le-moyen.../71404895.doc

http://www.culture.gouv.fr/culture/medieval/francais/vqcost3.htm