
- Le château fort de Lassay-les-Châteaux - www.kamaxx.com/jdlf/img/photos/1055_1-lassay-...
Près de dix siècles après sa disparition, le château fort reste un mythe historique qui continue à fasciner petits et grands ! Pour preuve, les films de chevaliers en armure, tels Prisonniers du temps de Michael Crichton (2003) connaissent un véritable succès auprès du public et les magasins de jouets proposent épées, armures ou autre costume de princesse.
Contexte historique de la création du château fort
Après la chute de l’Empire romain en 476 après J.-C., la France est plongée dans un climat politique incertain qui va perdurer durant tout le Moyen Age. C’est le temps des grandes conquêtes, à l’image de celles de Charlemagne. Celles-ci alternent avec des périodes d’invasions barbares, celles des Sarrasins, des Normands ou encore des Hongrois.
Profitant d’un pouvoir royal faible, les grands seigneurs du royaume affirment leur indépendance politique et leur autonomie financière par la construction de robustes châteaux totalement autonomes sur le plan défensif et économique, et assurant en plus la sécurité de la population qui y vit. Le système féodal est ainsi mis en place et avec lui ce que l’on appelle le « droit de ban » : les seigneurs s’accordent le droit de contraindre et punir la population dépendant de leur protection.
A l’origine du château fort : la motte castrale
Au Xe siècle, apparaissent les premières constructions fortifiées : la « motte castrale » ou la « colline forte ». Edifiée par les habitants soumis au pouvoir du seigneur par le biais de la corvée, la « motte castrale » prend la place de grands manoirs ou de maisons rurales isolées.Il s’agit d’ouvrages de terre et de bois entourés d’enceintes et de fossés dont les terres sont rejetées dans un espace central qui forme une motte. Sur cette motte, on trouve une tour de défense rudimentaire, le plus souvent en bois, appelée « dunjo », à l’origine de donjon. Cette tour sert de poste d’observation et d’ultime refuge en cas de chute de la palissade, mais également d’habitation pour le seigneur. La « motte castrale », trop fragile, se montre très vite inappropriée à la défense contre des ennemis de plus en plus nombreux et de mieux en mieux armés.
L’évolution technique dans la construction du château fort : de la frêle palissade en bois aux robustes murs de pierre.
La notion de défense du territoire et des biens personnels apparaît très tôt dans l’histoire de l’homme. En effet, dès la préhistoire, l’homo sapiens érige des murs en bois autour de ses récoltes ou les utilise pour délimiter son territoire.
Au Moyen Age, en cas de troubles, ce sont les seigneurs qui sont chargés, en plus de la protection de leurs terres et de leurs biens, de défendre la population qui trouve refuge dans leurs châteaux.
Dès le XIe siècle, afin d’optimiser le système de défense des châteaux, la palissade en bois qui les entoure est progressivement remplacée par un mur de pierre, plus solide pour assurer la défense.
A cette époque, ce sont les seigneurs les plus puissants qui construisent les premiers châteaux en pierre car ils ont les moyens financiers de faire extraire la pierre et de la faire mettre en œuvre et tailler par des ouvriers spécialisés et qualifiés.
Le château fort : symbole du pouvoir du seigneur
Au XIIIe siècle, en plus d’assurer la défense des biens, la nouvelle génération de châteaux, les « château forts », marque la volonté du seigneur de marquer sa puissance.
Le recours systématique à la pierre génère des constructions à l’allure bien différente de celles en bois précédentes : les volumes sont spacieux, les tours sont robustes et les enceintes périphériques plus solides. La pierre devient le symbole de la puissance et de la richesse du seigneur.
Le château fort permet de surveiller les routes de passage mais aussi de proposer un lieu de vie sûr aux serfs. En échange, ces derniers donnent biens et argent par le biais d’impôts divers et nombreux.
L’ensemble du château est ceinturé d’épaisses murailles et de fossés. Il est bâti sur un plan géométrique rectangulaire avec des tours percées d’archères (ouverture verticale étroite pour tirer à l’arc ou à l’arbalète) à chaque angle. La porte d’entrée principale protégée par une barbacane se trouve entre deux tours. A l’un des angles, on trouve la tour maîtresse, le donjon, le plus souvent cylindrique.
Contre les courtines (murailles qui encerclent le château), on trouve des bâtiments résidentiels. L’espace de vie regroupe d’une part l’habitat du seigneur et les structures économiques minimales avec les forges, les écuries c’est ce qu’on appelle la basse cour.
Jusqu’au XIIe siècle, l’espace de vie du seigneur se trouve principalement dans le donjon qui se présente comme une tour à vocation résidentielle située au centre du système, sur l’ancienne « motte castrale ». Plus tard, la résidence du seigneur se déplacera dans des bâtiments annexes au pied de la tour, même si celle-ci conserve des espaces de vie au niveau des étages supérieurs.
La disparition progressive du château fort : l’apparition de la poudre et du canon
Le XVe siècle est marqué par une formidable avancée technique en matière d’artillerie : la création de la poudre et du canon. Les flèches disparaissent alors progressivement et la généralisation de la nouvelle artillerie met définitivement fin à l’ère des châteaux forts et par extension, à l’époque du Moyen Age.
Par ailleurs, la guerre de Cent Ans a considérablement affaibli le pouvoir économique et financier des seigneurs : leurs châteaux isolés sont de plus en plus pris d’assaut. Sous l’effet de cette faiblesse défensive et d’une population qui ne cesse d’augmenter, les seigneurs quittent progressivement leur château pour rejoindre les chefs-lieux les plus proches.
