L'épopée de Gilgamesh et le déluge

Du mythe sumérien à l’épopée akkadienne

Noé et son arche, Bagawat, Kharga, Egypte - Sébastien Polet
Noé et son arche, Bagawat, Kharga, Egypte - Sébastien Polet
L'épopée de Gilgamesh a été rédigée par les scribes d'Akkad (fin IIIe mill. av. n. ère), mais plusieurs épisodes du récit sont déjà présents dans les sources sumériennes.

Gilgamesh était un roi sumérien d’Uruk, la cité de laquelle sont nées l’écriture (cunéiforme idéographique) et l’histoire. Si le personnage de l’épopée est un héros mythologique, ce roi pourrait cependant avoir existé et aurait construit l’enceinte d’Uruk.

L’épopée

Gilgamesh, selon le mythe, aurait été un roi toujours en quête de gloire. Il serait à deux tiers d’ascendance divine et à un tiers homme. Il possédait une force et d’une vigueur extraordinaires, ne pensait qu’aux plaisirs et était tyrannique avec la population de sa cité. Ishtar, déesse protectrice d’Uruk, décida alors de remédier à cette situation en demandant aux dieux de créer Endiku, un homme sauvage aussi fort que Gilgamesh, afin qu’il devienne l’ami du roi.

Gilgamesh se lia donc d’amitié avec Enkidu et, toujours à la recherche de célébrité, décida de partir en expédition avec lui vers le Liban, où un géant, Humbaba, gardait la forêt interdite aux hommes, car le roi voulait tuer ce dernier et couper des arbres pour la construction de somptueux édifices dans la cité. Enkidu tenta de dissuader Gilgamesh de cette entreprise, mais n’y parvint pas et partit avec lui. Les deux amis remportèrent la victoire.

Les excès de Gilgamesh et Enkidu agacèrent les dieux. Ils décidèrent de mettre fin à la vie d’un des deux amis et c’est Enkidu qui fut désigné. Il mourut d’une forte fièvre. Le roi est alors pris d’une énorme tristesse et commence à angoisser devant la possibilité de sa propre mort.

Il quitta alors sa ville et le faste royal pour partir à la recherche du seul humain qui était devenu immortel : Utanapishtim, le héros du déluge. Gilgamesh voulait lui aussi accéder à la vie éternelle. Aux confins du monde, il arriva dans un merveilleux jardin où Ishtar, sous les traits d’une cabaretière, Siduri, lui indiqua où trouver Utanapishtim.

Le héros du déluge lui raconta l’histoire du moment où les dieux avaient décidé de détruire l’humanité et comment il réussit à rester en vie. Par ce récit, il voulait ramener le roi à la raison et à la sagesse. Il poussa donc Gilgamesh à enfin assumer sa responsabilité royale, en veillant au bien-être de son peuple et en reconstruisant les sanctuaires détruits par le déluge, et à abandonner sa quête de l’immortalité.

La découverte du texte

L’épopée akkadienne avait été rédigée sur un ensemble de douze tablettes d’argile, conservées dans la bibliothèque du palais d’Assurbanipal de Ninive, l’ancienne capitale assyrienne. Tous les fragments de ces tablettes sont conservés au British Museum de Londres.

Après une patiente reconstitution des tablettes et du texte qu’elles contenaient, une première édition de l’épopée a été publiée en 1891, mais elle était encore très lacunaire.

Après la découverte de nouveaux fragments répartis entre plusieurs musées à travers le monde et provenant d’autres villes mésopotamiennes, A. R. George pu réétudier le texte et en proposer une nouvelle édition en 2003. Cependant, il manque encore un tiers de l’Epopée.

Le récit du déluge

La première version du récit biblique du déluge provient des sources sumériennes. Le « Noé » akkadien portait le nom d’Utanapishtim, tandis que sa version sumérienne était Zioussadra. En effet, les textes akkadiens avaient dû exercer une forte influence sur le monde de la Bible, mais eux-mêmes étaient très influencés par la culture sumérienne, première civilisation mésopotamienne.

L’histoire de Gilgamesh, dans les sources sumériennes, ne prend pas la forme d’une épopée complète, mais de différents poèmes, indépendants les uns des autres, qui n’ont été rassemblés que par les Assyriens. Ces différents poèmes, avant d’être transcrits, ont existé dans la culture orale, peut-être depuis le début du IIIe millénaire av. n. ère.

A lire également sur Suite101 : http://www.suite101.fr/content/gilgamesh-le-grand-homme-qui-ne-voulait-pas-mourir-a15016

Conférence, Wavre

Carine Mahy - Diplômée en Histoire et en Archéologie/Histoire de l'art - spécialisée dans les civilisations de ...

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