Une petite abeille s’est posée sur la fleur bleutée et parfumée de la lavande. Longuement, elle a butiné puis s’est envolée vers d’autres fleurs avant de rejoindre la ruche !

La plante innocente et docile, au service des animaux, ce n’est pas toujours vrai. Imaginez la petite abeille qui voit une jolie fleur, qu’elle se pose pour la butiner et que la plante, tout d’un coup, se transforme en monstre impitoyable !

Egoïste et stratège, la plante qui se moque de l’insecte

"Aidons-nous les uns les autres…" c'est l’impression la plus courante que donne la relation fleur-insecte. C’est l’image du papillon qui vient se nourrir du nectar de la fleur et emmène avec lui, sans le savoir, un peu de pollen sur ses pattes qu’il déposera, toujours sans le savoir, sur le pistil d’une autre fleur de la même espèce de plante. Il butine cette nouvelle fleur et repart le « ventre plein ». Mais en contrepartie du repas que lui offre la plante il rend service à celle-ci en lui permettant de se reproduire. C'est qu'il ne faut pas se tromper : un bouquet de fleurs est loin de n'être que du romantisme !

Hélas, le "tout pour moi et rien pour toi…" n’est pas le propre de l’homme. Il existe chez les végétaux, des plantes qui, en fleurissant, vont attirer des insectes, se servir d’eux, et ne rien leur offrir en échange, comme de parfaites égoïstes !

C’est le cas chez certains arums qui émettent une odeur putride. Les mouches et moucherons sont attirés par cette odeur et pénètrent dans le cône (formé par un spathe), se frottent à l’axe reproducteur central (le spadice) à la recherche de la matière pourrie, qui n’existe pas, et dans laquelle ils comptaient pondre leurs œufs.

Dépité, l’insecte s’envole en transportant avec lui du pollen qui s’est accroché à lui, malgré lui,et qu’il déposera sans le vouloir dans une autre fleur qui le piégera de la même manière.

Actes d’infanticides et parents bernés sans pitié par la plante

Certaines plantes ont poussé le principe plus loin pour être certaines que mouches et insectes nécrophages transportent bien leur précieux pollen vers les fleurs voisines.

Les exemples existent chez les arums, cités ci-avant, mais aussi chez d’autres plantes comme les Stapelia. Eux aussi émettent, chez certaines espèces sud-africaines notamment, une odeur de cadavre qui attirent des insectes décomposeurs et nécrophages habitués à pondre dans les corps de mammifères morts ou les matières fécales.

Si la fleur est pollinisée lors de la visite de ces insectes, les larves qui naissent à l’issue de la ponte ne trouvent aucune matière susceptible de les nourrir et meurent de faim !

Cruels et machiavéliques, les Stapelia cessent d’émettre leur odeur cadavérique dés que leurs fleurs sont fécondées. Ils n’ont rien donné aux insectes qui pourtant leur ont permis de se reproduire. Pire, ils ont laissé mourir les nouveaux nés de leurs « serviteurs » !

Sadiques, des plantes torturent les parents, tuent les enfants

Des plantes, tropicales notamment, poussent la cruauté à l’extrême. De nombreuses espèces d’Amorphophallus (arums géants), de Ceropegia et d’Asclepia, avec leur fleurs en cornets ou en outres, tapissées de crêtes, verrues, pinces et lanières, émettent un arôme puissant de viande pourrie qui, là encore, attire mouches et moucherons.

À l'aide de tous ces pièges, chaque fleur retient les insectes qui viennent de pondre. Ceux-ci-se débattent, maintenus à l'intérieur du spathe ou de la fleur le temps qu'ils pollinisent les fleurs femelles.

Mais après fécondation, la plante ne relâche pas sa « proie ». Elle va la garder jusqu’à ce que les fleurs mâles parviennent à maturité, un à deux jours après, et recouvrent ainsi de pollen la pauvre victime qui enfin sera libérée (les excroissances végétales qui la retenaient prisonnière fanent). Les insectes, ainsi libérés, vont malheureusement et stupidement se retrouver prisonniers d’une nouvelle fleurs qui les aura à nouveau attiré. Beaucoup finissent par mourir en se débattant dans ces pièges.

Et les larves, nées des pontes, comme dans l’exemple précédent, meurent faute de nourriture : infanticide doublé de la torture et du meurtre des parents !

Cinq mots de vocabulaire à apprendre à l'enfant

Pour enfant de plus de dix ans :

  • Nécrophage : qui se nourrit d’animaux morts, de cadavres. Exemple : le vautour est un oiseau nécrophage.
  • Machiavélique : qui est mauvais, sournois, traitre. Exemple : une personne qui fait volontairement quelque chose de très méchant à une autre, sans se montrer, est une personne machiavélique.
  • Putride : qui sent le pourri, la décomposition. Un animal mort, écrasé au bord de la route, a une odeur putride.
  • Infanticide : le fait de tuer un enfant humain ou l’enfant d’un animal. Si une personne tue un enfant, on dit qu’elle est coupable d’infanticide.
  • Sadique : qui prend plaisir à faire du mal à une autre personne. Quelqu’un qui s’amuse à être cruel avec une autre personne est sadique.
Voici donc de drôles d’histoires, à lire pour soi, puis à raconter aux enfants, comme des contes ou comme une petite initiation à la botanique et à la relation entre les animaux et les plantes : un moyen de sensibiliser l’enfant à la nature et lui apprendre ce qu’il s’y passe.

A lire, du même auteur : « initier l’enfant à la botanique » et L’enfant et la plante, les fleurs sont le sexe des plantes