L’étrusque est encore partiellement une énigme sur laquelle continuent à travailler de nombreux linguistes, afin de connaître mieux cette civilisation italique majeure du Ier millénaire av. n. ère, qui influença Rome, sa culture et sa religion, avant que celle-ci n’étende son pouvoir politique sur l’Etrurie.

La langue des Etrusques

A l’exception de quelques séries de mots, comme par exemple le vocabulaire de la parenté (père, mère, fils, etc.), ou des termes liés au domaine religieux, qui revient très fréquemment dans les inscriptions, la langue étrusque reste encore fort obscure pour les chercheurs modernes.

Cependant, chaque année apporte son lot de nouvelles connaissances sur la grammaire de l’étrusque. Par exemple, il est possible de distinguer les verbes des noms, identifier certains pronoms, le singulier et le pluriel, etc. L’étrusque est une langue agglutinante, comme le sumérien ou le turc, c’est-à-dire que des suffixes ou préfixes sont ajoutés à un radical invariable.

Son déchiffrement est rendu difficile par le fait qu’elle n’est apparentée à aucun groupe linguistique connu, et de plus le nombre de textes longs est très restreint, empêchant une analyse interne satisfaisante des éléments constitutifs de la langue. La majorité des inscriptions conservées sont des épitaphes, des mentions de propriété sur des objets, des dédicaces à des divinités, etc.

L’écriture des Etrusques

L’écriture étrusque est directement issue de l’écriture grecque, découverte au cours des contacts commerciaux qu’ils entretenaient avec les Grecs d’Italie du sud. Cependant, elle fut adaptée aux besoins de la langue étrusque, qui n’est pas une langue indo-européenne comme le grec, et qui présente donc quelques sons différents. Par exemple, l’étrusque n’utilise pas la voyelle /o/, mais par contre a créé le signe « 8 » pour écrire la consonne /f/.

Il peut également y avoir quelques différences entre l’écriture du nord et du sud de l’Etrurie, qui sont apparues rapidement après l’adoption de l’écriture. En effet, l’Etrurie n’était pas un état unifié et centralisé, mais une mosaïque de cités-états, comme le monde grec ; ce qui a favorisé le développement de plusieurs variantes.

Les lamelles d’or de Pyrgi, un faux espoir

Lors de la découverte, en 1964, des trois lamelles en or du sanctuaire de Pyrgi, port de Caere, dont l’une était couverte de caractères puniques et les deux autres de caractères étrusques, les linguistes espéraient avoir trouvé une bilingue qui permettrait de percer le mystère de l’étrusque.

Le texte étrusque contenait deux parties : la première était la dédicace du temple d’Uni-Astarté par le prince de Caere, Thefarie Velina, quant à la seconde, elle concerne les cérémonies à accomplir, peut-être pour l’anniversaire de la commémoration de la dédicace.

Malheureusement, si le texte relaté dans les deux versions traite du même sujet, l’inscription punique n’est pas une traduction littérale de la version étrusque, mais plutôt un résumé de la première partie du texte, et n’a donc pas permis la compréhension de la langue étrusque.

Pour compléter cet article

BENELLI (E.), Iscrizoni etrusche : leggerle e capirle, Ancone, 2007.

BRIQUEL (D.), L’écriture étrusque, d’après les inscriptions du VIIe s. av. J.-C., dans Phoinikeia Grammata, Namur, 1991, p. 615-631.

CAVALIERI (M.), Lire et écrire dans le monde étrusque : une introduction au problème, dans Volumen, t. 3, 2009, p. 23-51.

ROBERT (J.-N.), Les Etrusques, Paris, 2004 (Guide Belles Lettres des civilisations).

THUILLIER (J.-P.), Les Etrusques, histoire d’un peuple, Paris, 2003.