Remplaçant les traditionnels VSNE et CSNE depuis la fin du service militaire obligatoire en France en 2003, le Volontariat International en Entreprise connait un fort succès auprès des jeunes diplômés, dans un contexte économique complexe. En effet la formule propose de démarrer sa carrière avec un poste à l'étranger. Toutefois, avec l'afflux de la demande, le peu d'accompagnement des entreprises et des volontaires, le VIE ne permet pas toujours de s'effectuer dans les meilleures conditions, et ne lance pas la carrière comme prévu.

L'ancien système du VSNE et CSNE

Le VSNE, Volontariat du Service National à l'Étranger et la Coopération du Service National en Entreprise, permettaient, à l'époque où le service militaire était obligatoire en France, d'effectuer une mission rémunérée dans une entreprise française à l'étranger, ou dans une institution. Ceci permettait de rendre service à la patrie française en travaillant, une sorte de sacrifice, qui laissait une bonne expérience pour le reste de la carrière.

La disparition du service militaire obligatoire a donc poussé à la création du VIE, basé complétement sur le système du volontariat, ne procurant aucune reconnaissance ni de service des jeunes vis-à-vis de l'Etat, ni de l'Etat envers les jeunes diplômés. C'est toujours un système de l'Etat, puisque géré par Ubifrance, en relation avec les Missions Economiques Françaises.

La crise économique et les difficultés d'employabilité en France

La crise économique fait des ravages chez les jeunes diplômés depuis bien plus longtemps que 2008. Le taux de chômage des jeunes est statistiquement supérieur à la moyenne, autour de 20% alors que celle de la France oscille autour de 10%. Les jeunes diplômés Français, même avec un Bac+5, et des Masters Spécialisés, sont difficilement employables en France pour des raisons diverses.

Les jeunes cherchent donc à se différencier pour trouver un emploi bien payé. Ceci pousse donc les jeunes à tenter l'international pour démarrer leur carrière en trombe. Le VIE est aujourd'hui la solution la plus employée par les entreprises car peu couteuse, et permet de tester le jeune employé pendant un à deux ans, une sorte de "stage".

La mondialisation et l'internationalisation des carrières

La mondialisation a changé nos manières de travailler depuis les années 90 : nous sommes constamment en relation avec les pays étrangers, pour importer des produits, puis tenter d'exporter notre savoir, envers l'Asie, l'Europe, l'Afrique, les Amériques ! Ceci pousse à former des jeunes internationaux, capables de maîtriser plusieurs langues, dont principalement l'anglais, voire de savoir s'adapter à différentes cultures, point lacunaire des Français de manière naturelle. Démarrer sa carrière à l'international est donc vu comme un moyen de développer son réseau, ses compétences et sa culture dans le monde, tout en se formant à son métier.

La quasi-disparition des contrats d'expatriation

Avec la crise, et la rationalisation des coûts dans les entreprises, le développement à l'international a tendance à limiter le recours aux contrats d'expatriation des Français, qui permettaient de reconnaître et compenser les conditions de travail à l'export par un salaire, un logement, etc. Aujourd'hui il est possible d'utiliser directement de la main d'oeuvre locale, souvent formée, et d'avoir recours pour les employés Français à des contrats locaux, et des VIE.

Une formule alléchante pour le VIE

Le VIE proposé par Ubifrance doit permettre de cumuler tous les avantages: celui d'un premier emploi intéressant et correctement rémunéré, à l'international afin de lancer la carrière du jeune diplômé, et aussi de permettre à une entreprise, grande ou petite, de se développer à l'international avec un investissement faible, en bénéficiant d'accompagnement de l'Etat. Une forte communication autour du Volontariat International en Entreprise de la part d'Ubifrance et des Missions Economiques permet de rassembler de nombreux candidats jeunes assoiffés par des emplois internationaux, et des entreprises cherchant des relais de croissance à l'étranger!

Des difficultés

Il ne suffit pas de décider de l'embauche d'un VIE pour se développer à l'international. Il faut d'abord avoir une structure à l'étranger qui puisse accueillir un volontaire. Ensuite il faut recruter le bon profil: celui qui a la formation nécessaire (commercial, ingénieur, autre) et qui a l'envie de partir dans le pays nécessaire. Tous les métiers et tous les pays sont concernés, de l'Allemagne au Mali en passant par le Brésil et la Chine. Et les besoins sont inégaux. L'équilibre de l'offre et la demande est en constante évolution.

Des particularités administratives selon les pays

Une fois recruté, vous devrez encore réaliser l'ensemble des formalités pour pouvoir partir. Il faut en effet disposer des autorisations nécessaires pour aller travailler dans le pays concerné. Or le statut VIE n'est pas officiellement reconnu à l'étranger: dans certains, le VIE est un étudiant qui doit avoir un visa étudiant (USA par exemple), dans d'autres c'est un employé qui doit disposer d'un visa de travail.

Les entreprises et Ubifrance sont censés vous assister dans la réalisation des démarches, en termes d'information, de timing, de prise en charge globale. En réalité le manque de moyens des entreprises limite l'assistance, et le volontaire se retrouve lâché seul dans la nature, aussi bien dans les méandres de l'administration que dans son entreprise, où il est dans une situation instable, prêt à partir du jour au lendemain.

Chaque pays dispose ainsi de ses particularités, où il faut faire rentrer le principe du VIE dans une case existante, ce qui pousse donc l'administration Française à engager les VIE dans une voie d'adaptation aux localités, tantôt par la modification de CV pour qu'il soit adapté au besoin du pays, tantôt par le gonflement des ressources des structures d'accueil. Une relation complexe entre la mission première du VIE et les missions demandées par les complications administratives, le VIE se retrouve donc relativement esseulé avant même son départ.

Pour le logement également, certaines entreprises se chargent de tout. D'autres, ayant moins de moyens, préfèrent laisser les volontaires chercher leur propre logement.

Des risques importants et une expérience parfois peu valorisée

Le VIE, malgré la chance donnée aux jeunes diplômés de démarrer à l'étranger une carrière, représente dans certains cas de nombreux risques. Laisser un jeune dans un pays étranger, sans accompagnement professionnel ne permettra ni à une carrière, ni à une nouvelle filiale, de bien démarrer et apprendre des choses de la culture et du commerce locaux. Vous pouvez risquer surtout en tant que jeune fougueux d'être le pilote d'un crash test pour l'entreprise ! Ce peu d'apport ne permettra donc pas toujours de valoriser ce VIE au retour en France. De plus, le VIE représente de moins en moins la porte d'entrée pour une carrière dans un grand groupe, puisque vous n'êtes sur à aucun moment de revenir en France pendant la bonne conjoncture!

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