Le transport des marchandises sur le Rhône

De l’antiquité au XIXème siècle

halage d'une péniche - www.randonature.ch/.../halage-d-une-peniche.jpg
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De l'époque romaine à l'avènement de la vapeur (1830-1840), le halage est la seule technique de transport des marchandises par le fleuve à la remonte.

De tout temps, les navigateurs du Rhône ont eu besoin d’un grand courage pour exercer leur pénible métier. Les naufrages n’épargnent aucune famille et la mort accompagne ces marins d’eau douce tout au long de leurs voyages. Ils ne s’aventurent jamais sur la mer, mais la navigation sur le Rhône est tout aussi ardue du fait de son débit très irrégulier et des transformations incessantes dont son parcours fait l’objet : disparition ou apparition d’îles, chemin de halage détruit, berges déformées…

Les mariniers

Le terme de marinier désigne tout d’abord les hommes travaillant sur les convois de la batellerie halée, héritiers des nautes de l’Antiquité. Ce mot s’est étendu à l'ensemble des professionnels de la navigation sur le fleuve. Le marinier est une personne salariée par opposition au batelier qui est propriétaire de son bateau.

Le patron doit connaître parfaitement la rivière et ses hommes. Ceux-ci occupent différentes fonctions : la cuisine, le soin des animaux, l’entretien du bateau et du matériel. À terre, dans certaines villes comme Baix, Sablons, Serrières ou Givors, les mariniers constituent de véritables foyers de navigateurs.

Bien souvent, ces hommes du fleuve exercent d’autres métiers en parallèle, notamment pour pallier les fréquentes périodes d’inactivités dues aux basses eaux et aux crues.

La descente du fleuve

Le transport des marchandises se fait essentiellement entre Arles et Lyon. En « eaux marchandes » (eaux favorables), le voyage de descente (décize) ne demande que trois jours. Pour cette opération délicate, chaque bateau se lance isolément dans le courant en essayant de suivre le passage emprunté par la barque capitaine, la seule possédant un sondeur. Mais la remonte d’Arles à Lyon dure une vingtaine de jours.

Le halage

D’abord, grâce à la force humaine puis grâce à celle des animaux, les embarcations sont tirées depuis le chemin dit de halage à l’aide de cordages attachés au mât des bateaux.

Les équipages de chevaux et la longueur des convois exigent une organisation rigoureuse.

À l’apogée de la marine de halage, les équipages comptent entre trente et quatre-vingt-dix chevaux pour haler les embarcations, tandis qu’une cinquantaine d’hommes se répartissent sur l’ensemble des barques. On distingue le conducteur qui gère le convoi, le patron et son adjoint, le prouvier, dont la mission est de sonder la hauteur d’eau à l’avant de l’embarcation de tête (barque capitaine), le cuisinier, les mariniers et les conducteurs de chevaux. À la remonte, le convoi s’étire longuement, les ordres hurlés repris de barque en barque annoncent de loin son passage.

De nombreux obstacles (piles de ponts, confluents…) obligent le chemin de halage à passer d’une rive à l’autre. Les animaux traversent alors sur des barques. Cette manœuvre difficile se renouvelle plus de dix fois entre Avignon et Lyon.

L’arrivée des bateaux à vapeur puis des trains marque le déclin des équipages qui disparaissent définitivement au début du XXe siècle.

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Daniele Gay - j'ai été guide conférencière agréée "pays et villes d'art et d'histoire" dans la région ...

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