A l'approche des grandes commémorations de la guerre 14-18, l'Historial de la Grande Guerre se penche sur les spécificités du tourisme de mémoire britannique à travers le parcours de soldats disparus au cours des 141 jours de la bataille de la Somme.

Plus de 90 ans après la Grande Guerre, environ 200,000 visiteurs, originaires principalement des pays du Commonwealth, viennent chaque année découvrir et comprendre cette page dramatique de l'Histoire.

Ces visiteurs viennent se recueillir sur les tombes de leurs ancêtres tombés au cours de cette immense bataille de la Somme, qui équivaut pour les Britanniques à ce que Verdun représente pour les Français.

Les batailles de la Somme, un conflit mondial

En 1916, le département de la Somme est devenu le point de rencontre d’une vingtaine de nationalités venues combattre autour des trois empires belligérants (France, Allemagne et Grande-Bretagne).

La spécificité des Batailles de la Somme, à l’inverse du duel franco-allemand de Verdun qui eut lieu la même année, est qu’elles furent le symbole d’une guerre internationale. Trois millions de soldats s’affrontèrent sur un front de 45 kilomètres.

La Somme, plus que toute autre partie du front, a été un espace mondial : la jonction britannique et française dans ce département et la venue de troupes de différentes colonies y concentrèrent plus d’une vingtaine de nations.

Le Circuit du Souvenir, un espace international

Aujourd’hui, près de 100 ans plus tard, plus de 200 000 visiteurs originaires principalement des pays du Commonwealth viennent chaque année découvrir et comprendre cette page d’histoire internationale.

Aujourd’hui cette page mouvementée de l’histoire se découvre en suivant le Circuit du Souvenir, qui relie les villes emblématiques de Péronne et Albert sur lequel se trouvent des mémoriaux souvent très impressionnants, des musées, des vestiges de combats et de très nombreux cimetières.

Aujourd’hui, les différentes commémorations organisées notamment les 25 avril, 1er juillet et 11 novembre sont des instants privilégiés pour découvrir le Circuit du Souvenir.

Les disparus de la Somme

L’ensemble des noms inscrits sur le Mémorial de Thiepval représentent approximativement la moitié du total des morts britanniques durant la bataille de la Somme en 1916.

Des 420 000 pertes (morts, blessés, prisonniers et disparus) environ un tiers sont tués. Une guerre d’une puissance de destruction sans précédent est devenue une guerre qui a littéralement fait disparaître les corps.

L’ampleur et la durée des bombardements d’artillerie expliquent la proportion élevée de corps qui ne purent être identifiés parmi les morts au combat.

Parcours de l’exposition

L’exposition présente les portraits de soldats disparus, ainsi que l'histoire du tourisme de mémoire depuis l’après-guerre jusqu’à aujourd'hui :

  • Un diaporama sur les "Missing" de Thiepval du 1er juillet 1916, les portraits de 140 soldats de la Bataille de la Somme disparus entre le 2 juillet et le 18 novembre 1916.
  • Des bornes de consultation des bases de données, des témoignages de familles aujourd’hui, des vidéos d’interviews de Britanniques dans la Somme aujourd’hui.
  • Le pèlerinage et le tourisme de mémoire d’après-guerre
  • Le "Circuit du souvenir" et le tourisme de mémoire dans la Somme aujourd’hui
  • Le monument de Thiepval : Son histoire, son architecture, l’inauguration en 1932

Le projet de Ken et Pam Linge

Pam et Ken Linge n’ont aucun lien personnel étroit avec l'un des hommes figurant sur le Mémorial de Thiepval mais cinq d'entre eux, originaires de leur village, y sont commémorés. Ce sont pour ces cinq individus qu’ils se sont rendus à Thiepval pour la première fois en 2001.

Ils suggèrent alors qu'il serait approprié que le Centre d’accueil du site héberge une archive de photographies et d'informations concernant les hommes qui sont commémorés sur le Mémorial et se portent volontaires pour le mener à bien, malgré l'immensité de l'entreprise.

Malgré des informations difficiles à obtenir, ils réussissent à réunir 8000 portraits et leur travail ne s’arrête pour autant pas là puisque leur intention est d'étoffer la collection.

La Commonwealth War Graves Commission

La Commonwealth War Graves Commission a été créée par la Charte royale du 21 mai 1917. Les travaux de la Commission reposent sur des principes fondamentaux établis en 1920 et inchangés depuis : chaque mort doit être commémoré individuellement, son nom figurant sur une pierre tombale ou sur un monument commémoratif.

Les stèles et monuments commémoratifs doivent être permanents, les stèles doivent être uniformes et aucune distinction ne doit pouvoir être faite au titre du rang civil ou militaire, de la race ou de la couleur de peau.

Renseignements pratiques