Le serdab est une pièce fermée, généralement de petite taille, qui contenait, sous l’Ancien Empire, des statues. Il était placé dans un mastaba, dans un temple funéraire royal ou dans une pyramide. Le fait qu’il soit fermé permettait, selon les anciens Egyptiens, de conserver pour l’éternité des statues du défunt. Ces dernières représentaient l’individu de manière parfaite. Une statue, «tout» en égyptien ancien, était plus qu’une sculpture. Il s’agissait d’une représentation, d’une image. Ainsi, Tout-Ankh-Amon, sous le Nouvel Empire, était l’image vivante d’Amon. Le serdab (mot arabe) signifie en égyptien la chambre, le domaine, le lieu des statues: «per-tout». La statue devait permettre au défunt de conserver son image pour l’éternité.
Absence de décoration
Les murs d’un serdab ne sont jamais décorés, sauf quand la pièce est employée pour autre chose. Or, il est fréquent que les architectes des mastabas changent les plans durant la construction. Il existe cependant deux exceptions à cette règle. Nekhebou, à Giza (mastaba G 2381), et Pepy-ankh Heny le noir, à Meir (tombe A2), firent décorer leur serdab. Pepy-ankh Heny le noir de Meir, nécropole de Moyenne Egypte, fit peindre des dizaines de statues sur les parois de sa tombe. Ainsi, si les vraies statues étaient détruites, volées, leurs représentations peintes permettaient au défunt d'être représenter pour l’éternité.
Djoser
Il a longtemps été admis que Djoser fut le premier à disposer d’un serdab. Celui-ci était situé dans le temple funéraire de sa pyramide, à Saqqara. Sa célèbre statue y fut découverte. Elle est aujourd’hui au musée du Caire, une copie l'ayant remplacé dans le serdab.
Si le serbad est plus tardif, les statues étaient déjà présentes dans l’architecture funéraire égyptienne. Ainsi, l’archéologue Emery mit à jour une statue, dans la tombe S3505 à Saqqara. La sépulture date du règne de Qaa (Ière dynastie). Il ne semble pas qu’elle était située dans une pièce fermée.
Dans le mastaba de Kawab, le fils aîné de Chéops, les statues étaient bien visibles, mais il n’y avait pas de serdab. Cette pièce n’est pas obligatoire dans l’architecture funéraire privée.
Les fouilles de Radwan (1991)
Les fouilles archéologiques de Radwan, en 1991, à Abou Gorab, au nord d’Abousir, permirent la découverte d'un mastaba de la Ière dynastie (tombe V). Cette tombe disposait d’un serdab. Ainsi, Djoser ne fut plus le premier Egyptien à disposer de ce type de pièce. Un autre mastaba, situé à Saqqara, avait déjà semé le doute. Quibell, avait en effet trouvé un serdab dans une tombe qui datait de la fin de la IIe dynastie ou du début de la IIIe (tombe QS 2304). A cause de l’imprécision chronologique la théorie selon laquelle Djoser avait été le premier à se faire construire un serdab n’avait pas été remise en question.
Les Serdabs sous la IIIe dynastie
Les tombes de la IIIe dynastie livrèrent quelques exemples de serdab. Parmi les plus célèbre, il y a celle de Kabaousokar à Saqqara. La tombe FS 3070, à Saqqara Nord, et celle d’Héziré, située dans la même nécropole. Il est toutefois difficile de savoir si la pièce était fermée ou reliée au corridor intérieur du mastaba. Les tombes ayant été pillées, les archéologues retrouvèrent les serdabs reliés au reste du mastaba.
De Snéfrou à Shepseskaf
Sous la IVe dynastie, de nombreuses tombes ne disposaient pas de serdab. Il existait aussi des structures assez originales. Chez Rahotep et Nefert, à Meidum, les statues étaient placées dans les chapelles. Ces dernières furent ensuite murées pour devenir des Serdabs. Hem-Iounou, l’architecte de la pyramide de Chéops disposait, quant à lui, de deux serdabs. Il est, à ce jour, le seul particulier de l’époque de Chéops à disposer d’un serdab. Sous le règne de Chéfren, les statues étaient généralement visibles. Ce ne fut qu’à partir du règne de Mykérinos que les serdabs devinrent relativement fréquents.
Il est fort probable que de nombreuses statues exposées dans des musées proviennent au départ de serdab: Sepa (Louvre), Dame de Bruxelles (Musées Royaux d’Art et d’Histoire), la princesse assise de Turin…
Les pyramides
Le serdab est généralement situé au sud, et il est réservé à l’élite. A partir de Shepseskaf, dernier roi de la IVe dynastie, les pyramides disposèrent aussi de serdabs. Toutefois, aucune statue ne fut découverte car toutes les pyramides connues des Ve, VIe et VIIIe dynasties ont été pillées avant d’être fouillées.