Ils sont nombreux, les fans de Tolkien, qui vibrèrent d’angoisse et de plaisir à l’annonce de l’adaptation cinématographique du Seigneur des Anneaux par Peter Jackson. Le succès ouvrit la porte à de nombreuses adaptations vidéoludiques. Penchons-nous quelques instants sur le MMORPG du Seigneur des Anneaux.

Un jeu à scénario

L’univers du Seigneur des Anneaux se prêtait à une adaptation en MMORPG (façon World of Warcraft) : Tolkien a laissé d’innombrables écrits détaillant à l’envi son univers. Il ne manquait plus qu’à une équipe ambitieuse de transcrire tout cela en pixels.

Ce fut chose faite en avril 2007 par Turbine et Codemasters (pour l’Europe). Petite précision : on n’incarne à aucun moment les héros du roman. Les joueurs créent donc des personnages originaux, mais leurs aventures vont les conduire à croiser plusieurs fois le chemin de la Communauté de l’Anneau.

Car oui, aventure il y a : le monde du Seigneur des Anneaux ne pouvait se résumer aux innombrables quêtes du genre « tuez xx sangliers ». Bien sûr, ce type de quête existe, mais à côté, d’autres quêtes (découpées en « Livres ») font progresser une histoire, toujours en relation avec la trame du Seigneur des Anneaux.

D’ailleurs, le Seigneur des Anneaux Online (SdAO) est un jeu à texte : chaque quête, même la plus anodine, donne lieu à un texte à lire, qui replace le contexte et les enjeux.

Une ambiance particulière

Si, visuellement, il ne peut certes tout à fait rivaliser avec des jeux solo modernes, il a pourtant un charme bien affirmé. Chaque région explorable a en effet son ambiance propre, reconnaissable, et qui marque donc le joueur. Passez de nuit dans la Comté et, inévitablement, vous ressentirez la tranquillité et la paix que Tolkien décrivait si bien dans ses œuvres. Aventurez-vous dans les Hauts des Galgals, là, par contre c’est une autre histoire…

Le cycle jour/nuit est en effet géré, et de fort belle manière. Les effets météo (neige, pluie, soleil) également, d’ailleurs, puisque les dernières mises à jour permettent d’utiliser directX10 sous Windows 7. Et là, il faut bien l'avouer, c’est nettement plus joli !

S'agissant des personnages, il n’y a pas des dizaines d’options de personnalisation visuelle, ce qui est un peu dommage… On parvient cependant à obtenir des rendus assez satisfaisants, à moins, bien sûr, qu’on passe son temps à s’admirer.

Le tout combiné fait que l’ambiance qui se dégage de ce jeu est à nulle autre pareille, en tout cas dans le monde des MMORPG médiévaux fantastiques. D’autant que les créateurs ont eu la bonne idée de créer deux types de serveurs de jeu : les serveurs « roleplay », où l'on attend des joueurs qu’ils incarnent véritablement leurs personnages, jusque dans leur manière de s’exprimer, et les serveurs normaux, où l'on joue de manière plus classique.

Un peu de technique

Sur le plan des mécanismes de jeu, pas de révolution : 4 races (nain, elfe, humain, hobbit) et 7 professions à choisir, toutes avec leurs qualités et leurs défauts. On récolte des points d’expérience en accomplissant des quêtes et en éliminant des ennemis, ce qui permet de monter de niveau et d’acquérir de nouvelles compétences. Certaines ne s’acquièrent qu’en remplissant des objectifs particuliers, sur le long terme.

À ces compétences de combat s’ajoutent les compétences d’artisanat. Car oui, on peut fabriquer des choses dans le SdAO ! Armurier, tailleur, érudit, cuisinier, bijoutier, autant de professions qui permettent de produire des choses utiles. Bien sûr, là encore, cela donne lieu à des niveaux d’expérience, des quêtes spéciales, etc. Cerise sur le gâteau, vous pouvez vendre (en argent du jeu, pas réel) ces objets à d’autres joueurs et chaque objet que vous réalisez est signé de votre nom ! L’intérêt est que bien souvent les objets fabriqués par les joueurs sont plus puissants que les objets directement récupérables en jeu. Mais toute médaille a son revers : l’artisanat prend du temps. Il faut rassembler les composantes de base, connaître les recettes de fabrication ; la fabrication elle-même prend du temps. Bref, ça se mérite !

On peut aussi acheter une maison et la meubler à son goût, ou encore s’adonner à la pêche et faire empailler les plus belles prises !

L’avenir du jeu

Un MMORPG, ça se fait vivre, sinon, ça ferme rapidement. Et les mises à jour se sont succédées depuis le lancement du jeu. Deux extensions payantes ont d’ailleurs vu le jour : les Mines de la Moria et le Siège de la Forêt Noire. Au programme des deux extensions : de nouvelles zones à explorer, de nouvelles mécaniques de jeu et une augmentation du niveau maximum des personnages.

L’évolution majeure arrivera à l’automne 2010, lorsque le jeu deviendra jouable sans abonnement mensuel dans une version très allégée, histoire de donner envie à de nouveaux joueurs de franchir le pas vers la version payante plus complète.

Si vous aimez les jeux multijoueurs en ligne avec une communauté mature, une ambiance affirmée, du texte à lire et que vous avez du temps devant vous, alors le SdAO est une option très séduisante !