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Le nouveau label bio européen

Ce label uniformise l’agriculture bio dans l’Union européenne

Le logo du label bio européen - Dušan Milenkovic
Le logo du label bio européen - Dušan Milenkovic
En vigueur depuis janvier 2009, obligatoire sur les emballages dès juillet 2010, le label bio européen suscite des controverses. Le point en 6 questions.

Le nouveau label bio européen est-il obligatoire?

Oui. Tous les produits issus de l’agriculture biologique européenne doivent apposer ce label sur leur emballage à partir de juillet 2010.

Le nouveau logo du label a été créé par le jeune designer allemand Dušan Milenkovic. Il se présente sous la forme d’une feuille entourée de 12 étoiles. Ce nombre est le même que sur le drapeau européen. Il symbolise la totalité des 27 pays membres de l’Union.

Si le label est obligatoire pour la production bio européenne, il reste facultatif pour les produits de qualité bio importés d’autres pays et transformés en Europe.

Ce label remplace-t-il les labels existants?

Non. Les producteurs restent libres de faire figurer d’autres labels. Il existe actuellement trois labels pour l’agriculture biologique en France: AB, Demeter et Nature et Progrès.

Le label AB est le label officiel du ministère de l’Agriculture. Son cahier des charges se calque désormais sur la réglementation européenne.

Les labels indépendants Demeter et Nature et Progrès conservent un cahier des charges très rigoureux qui garantit notamment l’absence d’OGM et d’additifs de synthèse.

Le label bio européen autorise-t-il les OGM?

Oui et non. Selon le règlement européen sur l’agriculture biologique, une tolérance est admise si la présence d’OGM est «fortuite ou techniquement inévitable». Mais le label européen n’autorise pas l’ajout volontaire d’ingrédients OGM.

La tolérance de traces OGM est permise jusqu’à 0,9 % par ingrédient, alors que le seuil de détection de ces substances se situe à 0,1%. Pour un produit bio, le niveau de tolérance en OGM est donc identique à celui d’un produit non bio.

Depuis 2004, la réglementation européenne tolère dans les produits alimentaires la présence accidentelle d’OGM jusqu’à 0,9% par ingrédient.

Tous les produits issus de l’agriculture bio sont-ils labellisables?

Non. Le label européen s’applique aux produits alimentaires contenant au moins 95% d’ingrédients issus de l’agriculture bio.

Il faut savoir que l’eau et le sel ne sont pas considérés comme des ingrédients. Boissons aux fruits, thé glacé, sel aux herbes peuvent donc recevoir le label bio. Le domaine non alimentaire n’est pas labellisable, à l’exception des produits bruts. Un sapin, un arbre fruitier, des fleurs peuvent être labellisés, mais pas un tee-shirt de coton ni un pantalon de lin.

En cosmétique, les huiles de massage et les extraits de plantes relèvent du bio si ces ingrédients sont consommables. C’est le cas pour l’huile de sésame et l’eau de fleur d’oranger.

Le label est-il tolérant pour la conservation des produits?

Oui. L’usage des micro-ondes est autorisé pour détruire les éventuelles bactéries d’un produit bio. Il est possible d’améliorer la conservation des fruits et légumes en les vaporisant de CO2 après leur récolte. L’acide ascorbique est également permis pour limiter l’oxydation des aliments.

Par contre, le label bio européen interdit le SO2 et les rayons ionisants qui servent à conserver les fruits et légumes dans l’agriculture classique.

La production bio reste-t-elle marginale en France?

Oui. La France consacre actuellement 2% de ses terres cultivées à l’agriculture bio. Elle se situe loin de la moyenne de l’Union, qui tourne autour de 5% du sol agraire cultivé en bio.

Dans ce domaine, l’Autriche est la première de l’Europe. 13% de ses terres donnent une production bio.

Les pays au climat ne favorisant pas l’agriculture sont paradoxalement très bien placés. C’est le cas des Pays baltes, de la Finlande et du Danemark.

En savoir plus

Règlement européen sur l'agriculture biologique

Ministère de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche

Estelle Mariotte, Sté. King Star

Estelle Mariotte - Je suis journaliste depuis une dizaine d'années. Mes sujets de prédilection sont l’environnement, le tourisme et la ...

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