Le monde funéraire des Etrusques

Jeux, banquets, danses… la vie dans la mort!

Les nécropoles étrusques et leurs fresques colorées et vivantes sont le témoignage le plus marquant que nous ayons conservé de ce peuple.

Dès 1200 avant notre ère, la culture villanovienne a laissé de nombreux vestiges du monde funéraire toscan protohistorique. Elle correspond à la civilisation étrusque, avant le premier contact avec les Grecs, qui eut lieu vers le VIIIe s. avant J.-C. et par lequel ils ont appris l’écriture. Ces villanoviens pratiquaient l’incinération. De cette époque, les archéologues ont trouvés beaucoup d’urnes en formes de cabanes, qui sont un témoignage direct de l’habitat de leur temps.

Les nécropoles: villes et habitations

Elles étaient établies à l’extérieur des ères d’habitat, mais à proximité de celles-ci, et reliées par des voies de communication. Elles étaient creusées dans le tuf volcanique de la région. Ce matériau solide a contribué à leur bon état de conservation.

Les tombes étaient agencées entre elles de façon à reproduire le tissu urbain, avec des rues, des quartiers, des places, etc. Il s’agit de véritables villes des morts, dans lesquelles les tombes étaient les dernières demeures des défunts étrusques. L’incinération comme l’inhumation y étaient pratiquées.

Du point de vue architectural et décoratif, les tombeaux étaient donc des reproductions des habitations privées. Comme l’âme du défunt y vivait, les tombes devaient contenir tout le confort nécessaire, y compris le mobilier similaire à celui qu’il possédait avant sa mort (exemple: la tombe des sièges). Dans certaines tombes tardives, les pièces étaient agencées autour d’un espace central, précurseur de l’atrium romain, comme dans la tombe François de Vulci notamment.

Il s’agit, comme pour les urnes cabanes, d’un témoignage direct indispensable aux archéologues pour connaître le monde des vivants chez les Etrusques, car ce dernier n’a laissé que peu de traces.

Deux nécropoles classées au patrimoine mondial de l’humanité

Les nécropoles de Tarquinia (Monterozzi) et de Cerveteri ont été classées par l’Unesco, en 2004. Elles ont été choisies car elles sont le reflet de différentes pratiques funéraires à travers l’histoire étrusque et certains de leurs tumuli, de leurs reliefs et de leurs peintures sont de grande qualité. En effet, dans la nécropole de Tarquinia, six miles tombes ont été identifiées, dont deux cents peintes. Quant à celle de Cerveteri, c’est un parfait exemple de l’agencement urbain.

Les fresques

L’exemple étrusque le plus ancien d’une tombe peinte connue à ce jour est la tombe des lions rugissants à Véies. Les représentations des lions et des volatiles couvrant ses murs sont encore assez basiques. Elle a été découverte en 2006, sur la base des propos d’un pilleur de tombes arrêté par les carabinieri. La tombe ayant subi un pillage, le mobilier funéraire est fragmentaire, mais par sa richesse (céramique fine, bijoux, pâtes de verre importées du Levant, ustensiles en fer dont une épée), il suggère que la tombe a appartenu à un personnage de haut rang.

Dans les fresques funéraires, les sujets illustrés sont souvent des loisirs tels que la chasse et la pêche (tombe de la chasse et de la pêche), ou des courses de char (tombe des biges), des banquets, avec des musiciens, et des jeux funéraires (tombe des jongleurs, tombe des augures, tombe du triclinium), certains démons de l’au-delà, Charun, Vanth et Tuχulχa (tomba del’Orco), témoignant ainsi de croyances religieuses, de combats qu’ils soient mythologiques ou historiques (tombe François), ou encore des animaux sauvages (tombes des léopards, des lionnes).

Le jeu du «φersu»

Ce personnage du φersu est énigmatique. Il s’agit d’un homme masqué représenté dans plusieurs tombes. Il est habillé d’une casaque faite de morceaux de tissus (tombe du polichinelle) et porte toujours un bonnet conique. Certains chercheurs pensent que cette tenue peut être rapprochée de celle des danseurs-mimes.

Dans les peintures, il peut être placé dans des situations différentes, mais à deux endroits, il semble être le maître d’un jeu cruel. En effet, il tient un chien en laisse et se trouve face à un homme en pagne, armé d’une massue et aveuglé par un sac sur la tête. Ce personnage doit résister aux assauts du chien tenu par le φersu. La signification de ces représentations n’est pas claire. Parmi les nombreuses hypothèses, souvent peu fiables, l’une a été proposée, qui pourrait correspondre. Il pourrait s’agir de la symbolique du mythe d’Hercule et de Cerbère. Cette proposition pourrait expliquer, outre le chien, la présence de la massue portée par le personnage agressé.

Conférence, Wavre

Carine Mahy - Diplômée en Histoire et en Archéologie/Histoire de l'art - spécialisée dans les civilisations de ...

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