Le métier de correcteur

Une profession qui demande une formation continue perpétuelle

codes de correction - Imprimerie nationale
codes de correction - Imprimerie nationale
Contrairement à beaucoup de métiers sanctionnés d'un diplôme, celui de correcteur ne peut se prévaloir que d'une compétence acquise à force de travail et de recherches.

Il y a unanimité sur le sujet : la qualité des écrits n'est plus ce qu'elle était, que ce soit dans l'univers classique de l'édition ou dans tous les « contenants » du texte contemporains, web, communication ou autres. Cela est d'autant plus paradoxal que le nombre de correcteurs sur le marché de l'emploi est de plus en plus grand.

Le métier de correcteur

Corriger un texte couvre de nombreux et très divers aspects. À la base, le minimum requis comporte :

  • la vérification de l'orthographe correcte des mots utilisés ;
  • la vérification de la grammaire (accords, conjugaison...) ;
  • la lisibilité et la compréhension du texte : syntaxe, choix du vocabulaire... ;
  • la typographie : espaces, césures, ponctuation, casse... ;

Les éditeurs demandent parfois une mise en forme d'après une charte éditoriale ou la vérification de cette bonne mise en forme.

Sur écran, le correcteur peut lui-même apporter les corrections au texte. S'il s'agit d'une épreuve imprimée, le correcteur doit connaître les codes de correction à insérer dans les marges.

Les formations au métier de correcteur

Il n'existe pas de cursus officiel pour devenir correcteur.

Le Syndicat des correcteurs a créé Formacom qui délivre une formation en six mois, après des tests de sélection très pointus : beaucoup d'appelés et peu d'élus. Deux heures d'entretien préalables pour juger de votre motivation, deux heures d'épreuves de présélection au 1er tour (taux de réussite : 1 candidat sur 20), puis 2e et 3e tour. Le tarif de la formation, pour les individuels ne pouvant pas bénéficier de la formation continue, est assez rédhibitoire : aux alentours de 9 000 euros pour 780 heures de cours.

Le Centre d'Écriture et de Communication propose également une formation en cours du soir (3 mois) ou par correspondance (1 an), pouvant être prise en charge par le DIF (3 000 euros) ou 1 300 euros pour les particuliers.

Il faut savoir que même après ces formations, il reste un long chemin à parcourir pour les correcteurs, qui est celui de l'expérience. On peut distinguer deux catégories de correcteurs : les assez bons, et les très bons. Ce qui les sépare tient davantage aux qualités innées et intuitives des personnes qu'à leur diplôme.

Les qualités du correcteur

Hormis une parfaite connaissance de l'orthographe, de la grammaire et de la typographie, certaines qualités s'avèrent indispensables.

Le doute : un bon correcteur ne doit jamais penser qu'il sait tout, au contraire, il doit régulièrement éprouver des doutes, même là où a priori il est sûr de lui.

La curiosité : le correcteur est amené à lire des textes spécialisés dont l'univers sémantique lui est étranger. Il ne doit pas se contenter de lire sans comprendre, s'il ne veut pas laisser passer des fautes importantes. Il doit s'intéresser au sujet, faire des recherches, lire des articles sur le thème, bref, s'imprégner d'une nouvelle culture et assimiler un nouveau vocabulaire.

Le goût de la recherche et de l'étude : la langue française est complexe, mouvante, originale et elle s'exprime parfois avec une liberté peu conventionnelle. Les correcteurs doivent pouvoir parfois partager leurs idées et les confronter avec d'autres correcteurs afin d'établir des réflexions très subtiles sur certains choix.

La culture générale : elle est une des conditions sine qua none d'une correction efficace. Autant de domaines de savoir ignorés, autant de fautes non détectées dans un manuscrit. La connaissance des langues étrangères peut souvent aider à détecter les erreurs de traduction par exemple.

Des compétences rédactionnelles : c'est une force de proposition face au client ou à l'employeur.

Salarié ou free-lance, quels sont les revenus d'un correcteur ?

Les correcteurs ont de plus en plus de mal à trouver des emplois stables en entreprise, il faut donc plutôt se lancer sur le marché de l'emploi en se mettant à son compte. Cela permet d'avoir des missions variées, et de travailler de chez soi. Le statut d'auto-entrepreneur est un bon début, d'autant que le correcteur a peu de frais de fonctionnement. Au-delà d'un certain chiffre d'affaires, on peut travailler sous le statut de profession libérale. Certaines maisons d'édition payent leurs correcteurs en droits d'auteur, ce qui n'est ni légal ni avantageux pour les correcteurs.

Quant à la rémunération des correcteurs, elle est très variable : du simple au quintuple... Certaines maisons d'édition payent à l'heure (de 7 à 25 euros de l'heure !), ou au nombre de caractères (pour 10 000 caractères, cela va de 3 euros à 15 euros !).

La crise n'a pas épargné ce domaine, et les éditeurs misent aujourd'hui davantage sur l'économie que sur la qualité, ce qui explique aussi la baisse générale du niveau d'orthographe des publications : un bon correcteur coûte cher, et un tarif dérisoire n'incite pas les correcteurs à fournir plus qu'ils ne sont payés.

Pour en savoir plus sur les formations de correcteurs

Françoise Cordaro-Angrand, Thierry Albert

Françoise Angrand - Rédactrice, correctrice, traductrice (anglais, allemand), mais aussi professeur de tai chi chuan, voyageuse de l'Inde d'hier et ...

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6 juil. 2010 12:46
Anonyme :
Très bon article. Tout est dit, bien expliqué (car ce métier est souvent inconnu ou méconnu) et bien analysé. Je suis correctrice et je suis tout à fait d'accord avec votre description du métier, des qualités qu'il faut avoir et de la difficile réalité du marché. Il n'est pas facile de gagner correctement sa vie en tant que correcteur, mais c'est une activité très enrichissante !
9 mars 2011 21:28
Anonyme :
Super article!! Ca me renforce dans l'idée de deverir correctrice!!
1 juin 2011 12:15
Marie Michel :
Merci Françoise pour cet excellent article où tout est dit clairement et en peu de mots ! Beau métier que celui de correcteur (que j'exerce aussi), quand on est amoureux de la langue française !
3 Commentaires
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