Le Mémorial de la Shoah commémore la journée de la déportation

Mur des Justes - mémorial de la Shoah - @ juli*ette
Mur des Justes - mémorial de la Shoah - @ juli*ette
Situé dans le Marais, à Paris, le Mémorial de la Shoah rend hommage aux déportés juifs de France tous les derniers dimanches d'avril.

Ouvert au grand public en 2005 dans le quartier du Marais, à Paris, sur le site du Mémorial du martyr juif inconnu, le Mémorial de la Shoah, classé monument historique depuis 1991, a une double vocation.

Centre de ressources et premier centre d'archives d’Europe sur la Shoah, il se veut aussi un outil pédagogique à destination des chercheurs, historiens, enseignants et parents sur le douloureux mais nécessaire enseignement de l’histoire du génocide juif lors de la Seconde Guerre mondiale.

Le fondateur du Centre de documentation juive contemporaine, Isaac Schneersohn, est à l’origine du projet. Il noue de nombreux partenariats, sollicite le parrainage d’illustres personnalités, dont David Ben Gourion, qui, de son côté, œuvre pour la création du Mémorial Yad Vashem à Jérusalem, et obtient des donations d’œuvres d’art de plusieurs pays, dont la France, la Yougoslavie, la Belgique et le Luxembourg.

La première pierre du Mémorial est posée en 1953, et le bâtiment inauguré en 1956 en présence de nombreuses personnalités politiques et religieuses venues de toute l’Europe. Le grand rabbin Jacob Kaplan dépose dans la crypte, en février 1957, des cendres provenant des camps et du ghetto de Varsovie.

Les activités du Mémorial de la Shoah

En dehors de ses collections permanentes, archives, bibliothèque, mur des Noms, mur des Justes, photothèque, ressources audiovisuelles, le Mémorial propose toute l’année des conférences, des expositions spécifiques, des projections.

Un cycle de films, pour le 60e anniversaire de la naissance de l’État d’Israël, en 2008, avait permis de découvrir ou redécouvrir une filmographie liée à l’histoire de la création d’un État juif avec notamment le célébrissime Exodus d’Otto Preminger, mais aussi un panorama du cinéma israélien contemporain.

Le Mémorial organise des voyages d’une journée sur le site du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, avec acheminement aérien sur Cracovie, puis en car pour rallier le site. Ces voyages ont lieu quatre fois par an. Des journées de commémoration sont également organisées, en hommage aux victimes du ghetto de Varsovie, en souvenir de la découverte du camp d’Auschwitz, et lors de la Journée nationale de la déportation.

De nombreux outils d’archives, à disposition des enseignants et des chercheurs

  1. L’encyclopédie multimédia de la Shoah, réalisée en partenariat avec le musée de l’Holocauste de Washington, comporte plus de 300 articles sur l’histoire de l’extermination des juifs d’Europe et la mise en place des institutions françaises durant la période précédant la « solution finale » (UGIF, CGQJ, IEQJ…).
  2. Le Centre de documentation juive contemporaine, créé en 1943 par Isaac Schneersohn afin de rassembler preuves et témoignages de l’extermination et demander réparation après guerre, a permis de rassembler, dans des conditions souvent rocambolesques, et avec l’aide de la Résistance française, les archives du CGQJ, de l’État-major et de la délégation générale du gouvernement de Vichy, du service anti-juif de la Gestapo et de l’ambassade d’Allemagne.
  3. La bibliothèque comprend près de 30 000 ouvrages déclinés suivant trois axes : la persécution et la destruction des juifs d’Europe, la Seconde Guerre mondiale et la résistance au nazisme.
  4. Des ateliers pédagogiques suivant les âges sont régulièrement organisés : les jeunes découvrent l’histoire des juifs des années 1930 à 1950, s’initient à diverses pratiques artistiques. Pour les plus grands, le quotidien de jeunes résistants est mis en avant, et des ateliers-débats permettent d’appréhender l’évolution du regard sur la Résistance, suivant les époques.Un parcours, spécialement conçu pour les enfants, permet de découvrir l’espace muséologique. Un site dédié aux 8-12 ans, le « grenier de Sarah », aborde l’histoire de la Shoah à travers la destinée de sept enfants juifs.
  5. Enfin, à partir des listes des convois en partance de Drancy, du registre des juifs tués en France hors déportation, de la liste des membres des réseaux de l’Organisation juive de combat et de celle des Justes de France, du Mémorial Yad Vashem, constituant une formidable base de données, il est possible de rechercher une personne, déportée, résistante ou Juste.

La visite et les commémorations de la Journée nationale du souvenir de la déportation

On commence la visite en pénétrant dans la cour intérieure du Mémorial : sur la gauche, le mur des Noms, où sont gravés les patronymes des 76 000 juifs de France déportés entre 1942 et 1944.

À l’occasion de Yom Hashoah, journée des déportés juifs de France, (le 27 du mois de Nissan dans le calendrier hébraïque), des noms provenant de certains convois de déportation sont lus à haute voix tous les ans, fin avril : 200 personnes participent à cette commémoration ininterrompue durant vingt-quatre heures.

Courant avril sont également célébrés l’anniversaire du soulèvement du ghetto de Varsovie et la journée souvenir des héros et victimes de la déportation.

Au sous-sol des expositions temporaires sont régulièrement présentées : celle consacrée à la jeune Hélène Berr, dont le journal fut publié voici quelques années, qui permet d’appréhender le quotidien d’une famille parisienne dès la mise en place des premières lois raciales, l’éviction des lieux publics et d’enseignement, le port de l’étoile jaune, et les arrestations de plus en plus fréquentes et massives.

Agrégée d’anglais, Hélène Berr, assassinée à 22 ans dans le camp de Bergen-Belsen, où disparut également Anne Franck, laissait derrière elle ce précieux et unique témoignage de la dégradation impitoyable de la vie quotidienne et de l’anéantissement sournois et implacable de l’espérance.

Photographies et pages originales sous verre de ce précieux témoignage constituaient l’essentiel de cette exposition. Des casques étaient mis à disposition pour profiter des documents audio.

Une même exposition a été dédiée à Irène Némirovsky, écrivain de grand talent, auteur de "Suite Française", disparue à Auschwitz.

Dans la crypte, on découvre le tombeau symbolique des millions de juifs morts sans sépulture : les cendres de victimes recueillies dans les camps d’extermination y reposent, sous une stèle en forme d’étoile de David. Des fleurs et lumignons entourent la stèle, contribuant à l'éclairage soigné, tout en demi-teintes, qui ajoute à la solennité du lieu.

Puis on accède aux salles d’exposition permanente : des centaines de photographies, documents originaux, affiches, films, objets, derniers vêtements portés… témoignent du drame du génocide et des destinées individuelles.

Enfin, très émouvant, le Mémorial des enfants, en fin de parcours : une salle consacrée aux plus jeunes des victimes, où l’on croise des centaines de regards innocents, graves ou joyeux, comme autant d’interrogations muettes.

Plus d’info : www.memorialdelashoah.org

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Caroline Plume - Guide-interprète de formation, dans la promotion du tourisme français depuis 30 ans, musicienne... et beaucoup d'autres ...

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