Les origines de la lycanthropie

Inspiré des caractéristiques les plus effrayantes du loup, le loup-garou est une créature qui traverse les époques et les civilisations. Symbole de puissance pour les Grecs et les peuples nordiques, le loup devient un ennemi de l'homme au Moyen Age, quand la cohabitation se révèle difficile. C'est notamment le cas lors des périodes de rage, une maladie qui pousse le loup à attaquer l'homme. Présent sur quasiment tous les continents, le mythe du loup-garou s'est rapidement répandu et continue à marquer la société, même si sa représentation a quelque peu changé. La première référence historique faite à la lycanthropie est celle de Lycaon, condamné par Zeus à errer sous la forme d'un loup. Cette punition lui a été infligée par le dieu des dieux, pour avoir tué un enfant, l'avoir cuisiné puis présenté à Zeus, afin de le prendre en défaut.

Le loup-garou et le Moyen Age

Devenu prédateur, le loup est craint à l'époque médiévale et nourrit de nombreux récits et superstitions. A cette époque, le loup figure en bonne place dans le bestiaire du diable et les récits associant les deux se multiplient. On apprend ainsi que le diable aimait particulièrement revêtir l'aspect d'un loup pour se rendre au sabbat, et qu'il étendait cette métamorphose aux sorciers qui l'accompagnaient. C'est cette dernière qui va répandre l'idée de la lycanthropie, venant du grec lukos signifiant loup, et anthropos signifiant homme. La définition est donc homme loup, ou homme se transformant, au moins partiellement, en loup.

Des explications multiples

Il existe de nombreuses explications à ces transformations. Les premières relèvent du mythe de la métamorphose et expliquent le changement, qui peut être volontaire ou involontaire. Ce dernier cas est une malédiction, et peut être déclenchée par des paroles magiques, des onguents ou des rituels plus ou moins complexes. Il peut donc s'agir d'une punition de Dieu, d'une plaisanterie du Diable ou d'une malédiction de l'homme. L'influence de la pleine lune n'apparaît que tardivement. Un des éléments clefs de déclenchement de la métamorphose, et ce dans plusieurs récits, est la traversée d'un lac ou d'une rivière. L'homme devient loup en touchant l'autre rive, et le voyage inverse, après un certain délai, permet au loup de reprendre sa forme humaine. La durée initiale de la transformation est variable, de trois nuits jusqu'à 12 ans selon l'époque du récit. De nos jours, il s'agit généralement d'une seule nuit, celle de la pleine lune. Autre élément récurrent, l'utilisation de la peau de loup qui permet la transformation dans un sens ou dans l'autre : en la portant les hommes se changent en bêtes, en l'enlevant, ils reprennent leur forme humaine. Les lycanthropes y font très attention, et la cache précieusement, derrière des pierres et des buissons, car si elle est abîmée, elle peut leur ôter la vie.

Une approche plus rationnelle

Avec le recul, au fil des siècles, des explications plus scientifiques ont fait leur apparition. Pendant les épidémies de peste, il est nécessaire de se débarrasser rapidement des cadavres, qui sont entassés avant d'être brûlés. Il arrive parfois que sous un linceul, un mourant ait des convulsions ou des mouvements réflexes, ce qui déclenche les rumeurs sur les morts-vivants, vampires ou loups-garous. D'autres maladies, mentales cette fois, comme la « lycanthropie clinique », sont détectées dès le XVIe siècle par des médecins hollandais. Elles relèvent d'un « excès de mélancolie » ou de dépression; les malades s'imaginent alors changés en bêtes, et sont capables des pires crimes. On en trouve mention jusqu'à la fin du XXe siècle.

Les loups-garous aujourd'hui

Aujourd'hui, dans la plupart des récits relatifs aux créatures surnaturelles, le loup-garou a une place intéressante. Il n'est plus seulement le serviteur du diable, représenté par les vampires, régulièrement tenanciers de clubs plus ou moins bien famés, souvent liés à la débauche et à l'argent. Souvent bras droit puissant et fidèle, comme le loup l'était pour Satan au Moyen Age, le lycanthrope peut s'émanciper et devenir un rival sérieux, qui combat son ancien maître à armes égales : crocs à crocs et griffes à griffes. C'est le cas dans les ouvrages de Charlaine Harris, Laurell K. Hamilton ou encore Stephanie Meyer, même si ces vampires sont un peu plus romantiques et moins sombres...

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