Vert ou or («golden»), c'est un fruit que l'on consomme volontiers dans nos contrées. C'est également le surnom donné aux habitants de la Nouvelle-Zélande. En revanche, l'oiseau aptère portant le nom de kiwi, lui, est beaucoup moins connu.

Un oiseau au physique particulier

Avec son long bec (jusqu'à 10 cm) fin et très pointu, sa petite tête toute ronde, son cou très court et son corps en forme de poire, le kiwi ne ressemble à aucun autre oiseau. Son plumage relativement peu fourni et semblable à des poils, va selon les espèces, du marron au gris parfois parsemé ça et là de tâches noires. Mais sa singularité ne s'arrête pas là. Doté d'une vue très faible, le kiwi possède un odorat remarquable, qualité exceptionnelle pour un oiseau. Ce «nez» dont les narines sont situées à l'extrémité du bec lui permet alors de flairer sa nourriture enfouie sous la terre. Il se nourrit en effet d'insectes, de vers de terre, d'escargots mais également de baies.

Tout comme son ancêtre, le Moa dont la race s'est éteinte il y a environ 1500 ans lors de l'arrivée des premiers Maoris sur le sol néo-zélandais, le kiwi est un oiseau endémique appartenant à la famille des ratites. Il est donc un cousin éloigné de l'autruche ou encore de l'émeu. Il a en commun avec ces derniers d'être dépourvu d'ailes (d'où son nom latin «apterix») et de queue ce qui le rend totalement inapte au vol. Il mesure de 40 à 50 cm de haut et chez le kiwi c'est la femelle qui est de plus grande taille.

Le kiwi est un monogame convaincu. Pouvant vivre une trentaine d'années en moyenne, avec la même femelle il installe son habitat jusqu'à une altitude de 1200m, dans les fougères arborescentes ou dans des terriers. Terriers qu'il ne consentira à occuper que lorsque la mousse aura repoussée sous terre. Cet oiseau timide ne chasse que la nuit. Il est d'ailleurs quasiment impossible d'en croiser au détour d'une promenade nocturne.

Protégé par la loi depuis 1921, le kiwi est une espèce menacée par l'homme

Tout comme le Moa qui ne survécut pas à l'installation de l'homme sur son territoire, le kiwi est lui aussi susceptible de disparaître. La première cause est la destruction de son habitat par la déforestation massive mise en place afin de favoriser l'agriculture extensive. La seconde cause est l'introduction de prédateurs tels que les chiens, opossums, rats, furets. Les poussins sont extrêmement vulnérables et on considère que leur chance d'arriver à l'âge adulte est de 1 sur 20. On estime que depuis l'accostage des Polynésiens vers 800 après J.-C., 30 % des oiseaux indigènes ont ainsi disparu, ce qui représente une cinquantaine d'espèces.

A quelques minutes de la capitale Wellington, le Kakori Wildlife Sanctuary se bat depuis 1995 pour préserver cette biodiversité. Sa devise «reconstruire aussi fidèlement que possible un petit coin de Nouvelle-Zélande tel qu'il était la veille de l'arrivée des hommes»*. Ainsi, à l'abri des prédateurs, dans leur habitat naturel, plusieurs espèces endémiques voient ainsi s'inverser cette tendance destructrice qui perdurait depuis plus de 700 ans.

Aujourd'hui devant la menace de voir leur emblème national disparaître, les Néo-zélandais sont plus que jamais déterminés à sauver le kiwi. Souhaitons qu'ils réussissent dans cette entreprise et que vive encore de longs siècles cet oiseau si attachant.

*to restore a corner of New Zealand as closely as possible to the way it was the day before humans arrived.