Les documents précis sur les habitudes vestimentaires de l’époque mérovingienne (481-752) sont rares, plus nombreux pour l’époque carolingienne (752-987). Grâce aux coutumes funéraires des Francs et des Alamans, qui inhumaient leurs morts vêtus, armés et parés, nous disposons de sources pour les classes aristocratiques du début de la période, mais ce mode d’inhumation disparaît au VIIIe siècle.

Des survivances antiques et byzantines

De nombreux vêtements trouvent leur source dans l’Antiquité et à Byzance. Ce sont généralement des tenues mixtes, comme la camisia (tunique de dessous), la dalmatique (tunique de dessus à manches, portée par les Carolingiens), le colobe (tunique sans manches des paysans) et les manteaux (le pallium rectangulaire ou la casula circulaire)....

Le costume masculin, une influence guerrière

Les rares témoignages parvenus jusqu'à nous permettent difficilement de différencier le costume civil du costume militaire de ces peuples guerriers. Au combat, les Mérovingiens revêtaient probablement une cotte à manches en mailles de fer, ou un justaucorps de toile avec plaques de métal. La protection de la tête ne fut d’abord assurée que par les cheveux, nattés et relevés sur le sommet du crâne. Les combattants tenaient donc à leur chevelure, dont la privation était signe de défaite ou de soumission. Le casque apparut vers 800, mais fut réservé aux chefs. A l’époque carolingienne, l’équipement guerrier s’inspirait de celui de Rome, avec une tunique surmontée d'une cuirasse, sorte de gilet recouvert de cuivre ou de corne. Elle était accompagnée d’une coiffe et d’un casque. Cette armure allait rester en usage jusqu’au XIe siècle. Les jambes étaient couvertes de chausses ou chaussettes, puis de jambières (bamberges) de cuir ou de métal. Les pieds étaient chaussés de brodequins.

La gonelle est une tunique à manches descendant jusqu’aux genoux, généralement bordée de galons et ceinturée. Elle est souvent représentée aux VIIe et VIIIe siècles avec des plis plus ou moins gros et, au Xe siècle, avec un bourrelet au cou, comme on en trouvait dans le costume gaulois. Les hommes portaient aussi le rhéno, manteau en peau de bête avec la fourrure sur l’extérieur et garni de petites bandes d’autres peaux ou d’écailles de poissons. On l’attachait par une agrafe de bronze.

Les Mérovingiens portaient des braies de toile ou de cuir souple, généralement courtes (parfois cachées par une tunique courte). Elles étaient serrées à la jambe par les lanières des chaussures. Charlemagne (Roi des Francs à partir de 768, Empereur d’Occident de 800 à 814) portait des braies en lin, longues et recouvertes de guêtres maintenues par les courroies des chaussures (comme chez les chasseurs et les campagnards). Les chaussures, en cuir et souvent couvertes de poils, étaient fendues sur le dessus et maintenues par des lacets sur le cou de pied ou par des lanières montant à mi-jambe. La heuse, chaussure montante en cuir souple annonçait la botte, qui apparut vers le IXe siècle.

Le costume féminin

On sait peu de choses du costume féminin mérovingien. Il devait se composer de tuniques, robes, manteaux ou capes superposés. Des bas ou des bandes molletières protégeaient les jambes et étaient retenus par de fines lanières. Les Carolingiennes revêtaient deux tuniques et un manteau formant voile. La camisia avait des manches longues et étroites ; la tunique de dessus était serrée à la taille ou sous les seins par une ceinture de cuir. Les larges manches s'arrêtaient au coude, laissant apparaître celles de la camisia. Les deux vêtements pouvaient aussi être sans manches, laissant les bras nus. La tunique de dessus, dérivée de la stola romaine, s'ornait dans la noblesse de bandes brodées et de galons colorés, au bord inférieur, aux poignets, et autour de l'encolure en se prolongeant verticalement sur le devant (annonçant l'étole liturgique). Des fibules maintenaient les vêtements aux épaules et une fibule ou une chaînette à crochet, placée au milieu de la jupe, permettait de relever le bas de la robe. Une longue écharpe (palla), se croisait sur les épaules et la poitrine de manière à ce qu'un pan retombe devant et l'autre derrière et servait aussi de voile. Le voile allait s’allonger progressivement pour atteindre le niveau des chevilles. Les chaussures féminines étaient en cuir orné, avec des languettes fixées sur le cou de pied par une bande, ou sous le genou par des bandelettes fermées par des ferrets.

On ne connaît pas mieux les coiffures féminines mérovingiennes que les toilettes. Les jeunes filles devaient laisser leurs cheveux flottants alors que les femmes mariées les nouaient en chignon. Sous les Carolingiens, les dames pouvaient porter des fils de perles ou de pierreries entrelacés.

Le costume royal

Le costume d’apparat est l’héritier des tenues officielles byzantines. La chlamyde (manteau d’origine grecque) était portée par le roi. Une tunique pourpre, courte et à manches brodées, était serrée autour du corps par une double écharpe. Des culottes courtes et des chaussures tissées complétaient l’ensemble.Peut-être les rois portaient-ils la barbe. Leur chevelure, partagée par une raie au milieu, était nouée au-dessus des épaules. Charlemagne avait cependant les cheveux courts.

Diverses sculptures représentent Clovis (règne de 481 à 511) et son épouse Clotilde (475-545). Clovis porte une robe et un long manteau. La reine a les cheveux noués en longues tresses jusqu’aux genoux. sous son manteau, sa robe est ajustée, s’élargissant dans le bas, et doublement ceinturée, sous les seins et au niveau des hanches.

Des fouilles menées dans la basilique Saint-Denis ont permis de découvrir la tombe de la reine mérovingienne Arnegonde (550-570). La souveraine a été enterrée dans une chemise de fine toile de laine, s’arrêtant probablement aux genoux, tout comme la robe de dessus en soie côtelée violet-indigo. Par-dessus la robe, une longue tunique de soie rouge doublée de toile de lin descendait presque jusqu’au sol. Complètement ouverte, elle était fixée par des fibules rondes et une grande aiguille d’or, ainsi que par une large ceinture croisée dans le dos et nouée en bas du ventre. Les jambes étaient protégées par des chausses en laine, retenues par des lanières croisées. On a trouvé également des traces de jarretière et, entre la tunique et la robe, un large baudrier. Des bottillons de cuir noirs étaient tenus par des lanières qui rejoignaient la jarretière. Sur le côté de la reine était posé un voile descendant jusqu’à la taille.

Un art nouveau de la parure

L’époque mérovingienne est surtout célèbre pour ses parures, avec un nouveau style ornemental apporté par les Germains, alors que l’influence orientale perd de sa force en Europe. Des motifs tels que des entrelacs ou nœuds de serpents apparaissent au VIIe siècle, d’abord en Scandinavie avant de se répandre en Europe. Les colliers étaient en ambre, perles, céramique émaillée ou de pâte de verre colorée, plus rarement en or. Les boucles d’oreilles, très répandues, étaient des anneaux avec pendeloques de bronze ou d’ambre, d’influence orientale, ou des boutons de forme géométrique, incrustés de verroterie ou d’ivoire, d’influence gothique. Les bracelets, portés seulement par les femmes et les enfants, étaient en or, en bronze, en verre et parfois en forme de grains. Les épingles à cheveux étaient très ornées. Mais le bijou principal resta comme durant l’Antiquité la fibule, aux formes riches et variées. Elle allait cependant disparaître peu à peu à partir du VIIIe siècle. Les ceintures étaient également richement décorées, et servaient à suspendre armes, trousses ou aumônières.

Plus d’informations

http://lecostumeatraverslessiecles.chez-alice.fr/Costumes/Antiquite/m%E9rovingiens_carolingiens.htm

http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article1671

http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article1668

http://lemerovingien.pagesperso-orange.fr/habillement/html/partie1.html