Au début du siècle, le costume masculin a pour éléments essentiels un vêtement de dessus (le justaucorps), un vêtement de dessous (la veste), et une culotte. Cet ensemble de trois pièces constitue l’habit, porté par toutes les classes sociales. Peu à peu, ce terme d’habit va cependant désigner le seul justaucorps, remplaçant ce terme.

Le justaucorps, évasé à la fin du règne de Louis XIV (1638-1715), a d’abord tendance à s’amplifier. Dès 1720, on ajoute à la couture des hanches un faisceau de plis soutenus par des volants en crin. Les devants sont droits, munis de haut en bas de boutons. Les manches se terminent par de larges et hauts parements « en bottes ». Les poches ont un revers droit ou découpé. Vers 1740, l’ampleur des plis diminue, les devants dessinent un biais jusqu’à la ceinture, abandonnant l’ancienne ligne droite. A partir de 1760, ils s’ouvrent en triangle sous le dernier bouton et l’ampleur des côtés disparaît.

La veste est toujours faite d’un tissu ordinaire pour le dos, plus riche pour les devants et les extrémités des manches. Généralement, elle se ferme seulement à la taille, pour laisser passer le jabot de dentelle de la chemise. La ligne du devant suit la même évolution que celle du justaucorps, tandis que la longueur des basques diminue. A la fin du règne de Louis XV (1710-1774), la veste, dépassant de peu la taille et dépourvue de manches à cause du rétrécissement de celles de l’habit, prend le nom de gilet. Le tissu lamé ou broché est remplacé par de la soie brodée de couleurs. Les deux pointes courtes du devant s’écartent en triangle, mais on voit aussi à la fin du siècle des gilets coupés droit à la taille.

La culotte ne change pas sensiblement de forme pendant le siècle. Elle se ferme par des boutons avant 1730, puis par un pont. Elle est alors dite « à la bavaroise ». Elle descend toujours au-dessous du genou, fermée par une jarretière à boucle ou un nœud de ruban. Au fur et à mesure que la veste raccourcit, la culotte doit se faire plus haute, et il devient nécessaire de la soutenir par des bretelles, qui sont d’abord deux simples rubans passant par les épaules. Ce n’est qu’à la fin du siècle qu’on les croise dans le dos.

L’influence anglaise

Une des grandes inventions du XVIIIe siècle est la redingote, qui inspire même une toilette féminine. Cet ample vêtement de drap, assez long, a des manches garnies de boutons et deux collets superposés, dont le second couvre les épaules. Originaire d’Angleterre, cette tenue avait cependant été inspirée aux Anglais par la tenue des cochers et des laquais français, la hongreline ! D’abord vêtement de voyage ou de sport, la redingote devient vêtement de jour.

Par besoin de commodité, avec l’influence anglaise, apparaissent au cours du siècle des vêtements de plus en plus simples, une évolution que connaît également le costume féminin. Le surtout, sorte de justaucorps de campagne à collet rabattu, n’a des boutons que jusqu’à hauteur des poches ; le frac apparaît vers 1766-67, justaucorps léger sans poches ni plis, très largement évasé du bas.

Pour l’intérieur, la robe de chambre, semblable à celle du siècle précédent, se porte courte ou longue, à brandebourgs ou col châle.

La cravate est abandonnée au début du siècle. Un tour de cou de mousseline unie à trois plis masque le col de la chemise, dont le jabot sort par l’ouverture de la veste. Le nœud noir du « solitaire », ruban nouant la coiffure « en bourse », s’épanouit devant à la naissance du cou, jusque vers 1750. Il faut ensuite attendre la fin du siècle, pour retrouver, sous une nouvelle forme, une cravate.

La tradition de somptuosité introduite par Louis XIV pour les costumes de cérémonies ou de fêtes se poursuit chez ses successeurs.

Le tailleur Dartigalongue apporte en 1770 une innovation qui va être la première étape de la confection et qui va connaître un rapide développement. Il s’agit d’habits « tout faits », de toutes les tailles, pouvant être envoyés en province et à l’étranger.

Les coiffures

La perruque volumineuse du XVIIe siècle s’allège et devient plus naturelle. D’ailleurs, beaucoup d’hommes utilisent leurs vrais cheveux, qu’ils relèvent devant et dressent au fer en toupet. Les cheveux des tempes sont disposés en touffes crêpées et frisées. Certains hommes continuent cependant à porter la perruque, mais la dissimulent en la mettant légèrement en arrière, recouverte par les cheveux de devant, la poudre amalgamant les vrais cheveux aux faux.

Les perruques à la mode sont légères, portées « en bourse » ou en queue. Les bourses sont larges, gonflées de crin et nouées par une large rosette de ruban. Les queues ont différentes formes. On ôte les perruques la nuit, en les remplaçant par un bonnet de coton.

Depuis 1700, le chapeau à trois cornes est le couvre-chef le plus courant ; il subit les mêmes réductions de volume que la coiffure. On porte presque toujours le chapeau sous le bras, pour éviter de faire tomber la poudre des cheveux. On en arrive ainsi à créer des chapeaux presque plats appelés « chapeaux-bras ».

En savoir plus

http://www.atelier-arachnee.fr/pages/03_Le_costume_du_XVIIIe_siecle-290262.html

http://www.univ-rouen.fr/arobase/v3_n2/lauzanne.pdf