Le costume gaulois nous est surtout connu grâce aux monuments gallo-romains, mais le costume féminin est moins bien connu que le costume masculin.

Un goût pour les couleurs vives et les motifs décoratifs

Comme la plupart des peuples préhistoriques, les Gaulois sont d'abord simplement vêtus de peaux de bêtes. Le début des relations avec les peuples phéniciens, grecs ou latins leur permet d’assimiler les techniques de filage de la laine, la culture du chanvre… les Gaulois, de leur côté, transmettent à leurs voisins les méthodes tinctoriales, qu’ils maîtrisent largement, ayant un goût prononcé pour les couleurs vives. Les Gaulois aiment en effet orner leurs tenues de tons voyants et de motifs variés (croix, feuillages, cercles, losanges…). Les tenues unies sont réservées aux esclaves, tandis que les prêtres portent une tunique et un manteau blancs.

La matière de base du vêtement gaulois est le lainage ; les peaux et fourrures sont employées dans les classes sociales élevées ou pour l’équipement de guerre, en particulier pour les ceintures et casques.

Une tenue aux formes simples

Les hommes comme les femmes portent une tunique semi-collante, à manches courtes ou longues (le plus souvent serrées jusqu’aux poignets) ; elle se revêt longue, non ceinturée, ou alors courte avec une ceinture. Sur certaines sculptures, la tunique semble être plissée. Son bord inférieur est orné de franges ou de dentelures. La tunique est doublée de laine ou de fourrure, qui dépasse sur les bords ; l’encolure est garnie d’une sorte de bourrelet qui évoque un col roulé.

La tunique peut être portée seule ou par deux, superposées. Dans ce cas, la tunique la plus longue sert de linge de corps et l’autre est ornée de motifs variés. Sans doute d’un usage identique, une sorte de maillot de corps à manches longues et à larges bandes parallèles horizontales est porté par les deux sexes. Un pagne porté sous la tunique sera supplanté par la chemise (camisia), dérivée de la tunique mais portée uniquement comme linge de corps.

Les célèbres braies

Les braies sont l’élément le plus célèbre de la tenue masculine gauloise. Il ne s’agit pourtant pas d’une invention gauloise. En effet, les braies dérivent du pantalon long porté par les peuples nomades des steppes, et repris ensuite par les Germains et les Celtes. Ce sont des sortes de caleçons longs à fond ample, s’ouvrant par devant, suffisamment larges pour plisser autour de la jambe, mais assez étroits aussi pour ressembler plus à une culotte qu’à un pantalon. Les braies descendant jusqu’aux chevilles et sont parfois attachées aux chaussures. Il semblerait qu’après la conquête romaine les braies soient devenues plus étroites et collantes chez les Gaulois, mais restées assez amples au nord du Danube.

Une grande variété de manteaux

Différents vêtements de dessus, de formes très variées, complètent la tunique. Ils sont communs au deux sexes et sont souvent fabriqués dans une pièce de laine. La saie (ou sagon, ou sagum), spécifiquement gauloise ou franque, est un vêtement court qui couvre les épaules et s’agrafe sur la poitrine. Le rhéno est un grand manteau fait en général de peaux de renne. La poenula (ou paenula) est une sorte de longue pèlerine à capuchon. Le bardocucullus, un manteau à capuchon, connaîtra le succès chez les Romains sous le nom de caracalla. Les femmes portent en guise de manteau un long châle enroulé ; après la conquête, elles adoptent les draperies à la romaine, agrafées aux épaules. Quelques-unes portent des pochettes de cuir, nommées bulgae.

Le costume militaire

Le costume militaire prend également des formes diverses. Certains sont dotés d’une armure, qui n’est peut-être qu’une parure. Elle est composée d’une cotte de maille en fer, à larges épaulières, et serrée à la taille par un ceinturon. On l’accompagne d’un manteau retombant dans le dos. D’autres guerriers portent une saie à franges, retenue sur l’épaule droite par une fibule. Les bonnets de cuir primitifs donnent naissance à des coiffures guerrières de forme similaire (cônes, dômes…) et recouvertes de métal. Elles-mêmes serviront de modèles pour les premiers casques en métal, à deux cornes, avec protège-joues. Il existe d’autres modèles, par exemple à cimier, qui ne sont peut-être que des coiffes de parade. A la fin du IIe siècle avant J.-C., ainsi que l’apprennent des sculptures de l'époque, la tenue est composée d’une tunique de cuir ou de peau assez ajustée, d’un pectoral métallique orné d’emblêmes, tandis que la tête est couverte d’une calotte de cuir garnie de métal, à protège-joues et protège-nuque. On a retrouvé aussi des allusions à des jambières de bronze ; elles étaient probablement réservées aux chefs. Mais on se servait également de guêtres rappelant les jambières des chasseurs.

De nombreux accessoires

Les bijoux sont nombreux : bracelets de cheville, anneaux, fibules … ici encore, les couleurs fortes et la stylisation des motifs sont de mise. La matière la plus couramment utilisée est le bronze, mais le corail et les émaux sont très appréciés. Le corail est souvent utilisé pour fabriquer des amulettes porte-bonheur, et l’émail s’efforce d’en copier la couleur. L’ambre, matière importée, est appréciée pour la création de perles.

Les Gaulois se couvrent la tête d’un bonnet d’étoffe ou de poil, ou vont tête nue. La tenue militaire comporte des coiffes variées. La calotte ronde appelée pileus est la coiffe des affranchis. Peut-être les femmes portent-elles des chapeaux à large bord, en feutre. Il semble aussi qu’elles portent une sorte de voile, qui tombe sur les épaules, ou une bande d’étoffe passant sur le devant de la tête et retenant les cheveux. Après la conquête, les femmes imitent les coiffures romaines, mais les hommes conservent la barbe et la moustache.

Les Gaulois marchent généralement nu-pieds ; cependant, l’hiver et par les temps de pluie, ils mettent des semelles (soleae) sandales ou socques en bois ou en liège, voire des sortes de babouches dans les classes aisées. Dans le sud-ouest, on porte de hautes guêtres montant jusqu’au genou. Une socquette de laine se porte parfois dans le soulier et forme un bout roulé.

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