Vers 1705-1715 se répand la vogue des robes assouplies « à la Watteau » du nom d'Antoine Watteau (1684-1721), peintre emblématique de son époque mais qui n’est pour rien dans l’apparition de ces toilettes.

En fait, les types de robes sont variés. Dès la fin du XVIIe siècle, se développe une tenue composée d’un corps à baleine en pointe et d’un manteau (robe de dessus) large, avec une queue souvent retroussée en « pouf » ; elle semble avoir été abandonnée vers 1715.

Un modèle certainement postérieur est constitué d’une ample robe ouverte devant. Des fronces ou des plis plats partent de l’encolure et des épaules, s’évasant dans le développement du vêtement. C’est probablement ce qu’on appelle la « robe volante ». Elle est généralement portée sur un panier circulaire. Très souvent, l’ampleur de la robe du dessus est retroussée dans des fentes ménagées dans la jupe de dessous, afin d’atteindre les poches placées sous les paniers ; c’est « la robe retroussée dans les poches », surtout adoptée par les bourgeoises et les servantes.

Vers 1720, les robes volantes deviennent « à plis » puis « à la française ». La double épaisseur de plis part du milieu de l’encolure et flotte librement dans le dos. Devant, le corsage ajusté s’attache de chaque côté de la pièce d’estomac, riche triangle d’étoffe qui masque le « corps » et souvent remplacé par une échelle de nœuds. Le manteau s’ouvre largement sur le jupon orné. La manche se termine au coude en pagode volantée, d’où sort une manchette de dentelle. Ce type de robe est porté par toutes les femmes, la matière changeant selon le rang social. Une variante, dite « à la piémontaise », doit son nom à la princesse de Piémont, sœur de Louis XVI (1754-1793). Les plis du dos sont indépendants, attachés à l’encolure du corsage pour s’épanouir en une sorte de manteau de cour, dont on retient l’ampleur sur les côtés avec les bras.

Les paniers

L’origine du panier est controversée. Il semble cependant qu’il soit issu des « criardes », jupons de toile gommée ainsi nommés à cause du bruit qu’ils faisaient, et portés par les actrices pour étoffer leur costume de dessous et affiner leur taille. Cette forme devient un jupon à trois rangs de baleines horizontales vers 1718-1719. Vers 1725, il est plus arrondi du haut et garni de cinq rangs de lames d’acier ; de 1725 à 1730, il affecte la forme d’une cloche ovale soutenue par de petites lames d’acier ou des baleines.

Il y aura des paniers « à guéridon » (en entonnoir), « à coupole » (arrondis dans le haut), « à coudes (offrant des points d’appui à hauteur des hanches) … ou même « jansénistes » (ou « considérations »), courts jupons garnis de crin et piqués.

Malgré son incommodité le panier persiste durant tout le règne de Louis XV et jusqu’au règne de Louis XVI dans la robe de cour. Après 1730, il s’aplatit sur le devant. Puis il est séparé en deux parties, ce qui permet de le relever sous les bras.

Le costume de cour, ou « grand habit », prolonge celui en usage sous Louis XIV. Il a un corps rigide à épaulettes horizontales, dégageant les épaules et se terminant en pointe très accentuée à la taille ; une jupe richement ornée sur grand panier ; un bas de robe attaché à la taille, formant une traine amovible. De l’épaulette sort une manche de dentelle aux deux plissés symétriques, les « petits bonhommes ». Le corps et la robe sont de même étoffe et une broderie simule la pièce d'estomac sur le corps. Pour la présentation, le corps, le bas de robe et le jupon sont noirs, les poignets et agréments en dentelle blanche, avec un bracelet noir à pompons. Ensuite, les éléments noirs sont changés en étoffe couleur or.

L'anglomanie

Une anglomanie débute à la fin du règne de Louis XIV, d’abord dans le costume masculin, sous prétexte de sport, et connait son plein développement après 1775. Les vêtements anglais mettent en valeur la finesse de la taille tout en étant simples et commodes. Vers 1765, le corps à baleines, que l’on imposait même aux enfants, commence à s’assouplir. On appelle « à l’anglaise » ceux dont les coutures sont incurvées selon les lignes de la taille.

C'est en grande partie au graveur et illustrateur Gravelot (1699-1773) qu'on doit l'introduction des modes anglaises en France. Après plus de vingt ans à Londres, il publie en 1744 des études de personnages et importe en France le goût des chapeaux de paille, des robes plates et des tissus blancs.

La robe « à la française » subsiste pour les cérémonies, celle « à l’anglaise » domine la vie quotidienne. Le dos du corsage, baleiné aux coutures, forme une pointe longue à la taille, qui est ajustée. Le corsage est lacé devant, avec un décolleté souvent bas, rempli par un fichu de lingerie ; la robe s’ouvre librement sur une sous-jupe. C’est la disparition du corps baleiné et des paniers, l’acheminement vers la robe d’une seule pièce.

La robe-redingote, croisée et boutonnée devant, est également inspirée par l’Angleterre. La robe dite « à l’insurgente », portée par sympathie pour les Américains, est une robe à l’anglaise dont la pointe de devant, relevée, forme un revers de couleur différente.

L’emprunt le plus marquant fait à l’Angleterre est le port du chapeau. On met les chapeaux à l’anglaise pour sortir : « à la Marlborough », avec un bouquet de plumes d’autruche ; en « Charlotte », large cloche de mousseline entourée d’un ruban … Les Françaises les portent avec la « queue anglaise » ou « cadogan ».

Les vogues orientales

Le début du règne de Louis XVI voit naître une série de modes "orientales". En 1717, Pierre le Grand (1672-1725) amène son habit brun, la perruque et son bonnet de fourrure, adopté par les artistes et écrivains. L’alliance franco-russe en 1750 accentue cette russophilie, tandis que les seigneurs russes s’intéressent aux modes françaises.

Apparue vers 1772-74, la robe « à la polonaise » est agrafée sur la poitrine, largement ouverte sur la jupe de dessous et retroussée en arrière des hanches par des galons coulissants qui forment trois pans arrondis. Ajustée dans le dos, elle dessine une silhouette plate et écourtée. Elle devient vite d'usage courant. A partir de 1775, c’est une succession presque ininterrompue de modes exotiques, au gré des événements politiques, des visites d’envoyés du sultan… Le théâtre joue aussi un grand rôle. La robe « à la lévite » vient des costumes créés pour Athalie au Théâtre Français et inspirés du costume sacerdotal juif. Droite, à col châle et plis derrière, elle est simplement retenue à la taille par une écharpe lâche. Marie-Antoinette (1755-1793) contribue à sa diffusion en l’adoptant lors de sa première grossesse en 1778.

Les robes souples s'enfilant par la tête ou les pieds ( « en chemise » et « à la créole ») connaissent le succès grâce au portrait présenté par Mme Vigée-Lebrun (1755-1842) au Salon de 1783 ; on y voit la reine vêtue d’une robe de mousseline blanche. On porte sur ces robes un caraco (« pet en l’air ») rappelant la veste paysanne.

Le fourreau d’une seule pièce, au corsage busqué et lacé derrière, à jupe fermée devant, était déjà en usage depuis le milieu du siècle pour les enfants. Sa commodité, les nouveaux conseils d'hygiène, le font adopter par les femmes. Toutes ces tenues plus simples reflètent des influences variées, relevant parfois de courants philosophiques ou littéraires, comme la Nouvelle Héloïse de Rousseau (1712-1778).

Les caleçons, dont l’usage s’était perdu, deviennent obligatoires au théâtre en 1760 et retrouvent le costume courant.

Les chaussures

Les chaussures, longues et pointues, sont un peu relevées à l’extrémité, puis se réduisent et s’arrondissent.

Le soulier « à la mode » a un talon haut et très incliné en avant sous Louis XV, moins haut et plus en arrière après 1775. Les mules sont de même forme, mais leur talon est plus bas.

Le cuir est surtout réservé à l’usage courant ; la soie, aux toilettes élégantes. Le talon de bois est souvent recouvert de cuir rouge.

Les boucles sont variées. Sous Louis XV, elles sont remplacées par deux rubans plissés ou un lien, que masquent deux coques bourrées d’ouate.

En savoir plus :

http://valerie-alma-marie.blogspot.com/2011/03/la-mode-du-xviiieme-siecle-robes.html

http://costumeholic.blogspot.com/2010/03/robe-la-what.html