Dès la fin du XIIIe siècle, apparaissent les premiers signes de l’esprit humaniste qui va réévaluer la place de l’homme. On attache désormais plus d’importance à l'apparence extérieure.

Les paysans se libèrent de la classe seigneuriale, qui tend à devenir une société de cour. La riche bourgeoisie se hisse au niveau de la noblesse. Les échanges commerciaux continuent à se développer activement malgré les conflits. Le goût du luxe, l’augmentation du pouvoir d’achat, se ressentent également au niveau du vêtement.

La principale nouveauté est l’abandon du costume long et flottant pour les hommes à partir du milieu du XIVe siècle. Cependant les anciens lui restent fidèles, et il devient l’habillement des services administratifs et gens de justice.

On voit aussi apparaître au XIVe siècle de nombreux éléments de pur ornement. Les modes se multiplient et voyagent. L’Italie, la riche Bourgogne et la France sont de grands foyers de naissance de nouvelles tendances. Il semble que le changement dans le vêtement commence en Catalogne ou en Italie, mais celle-ci l’attribue à la France. En tous cas, la seconde semble influencée par la première jusqu’au milieu du XIVe siècle et c’est en Italie qu’apparaît une importante nouveauté, venue d’Orient : le costume ouvert par-devant, une des bases du costume moderne.

Le costume masculin

Avec la disparition progressive de l'ancien surcot, le doublet, qui était jusque-là un vêtement de dessous se confond avec le gipon pour devenir un vêtement de dessus marquant la poitrine et la taille, aux manches étroites et boutonnées sur l’avant-bras. Ce vêtement est généralement taillé dans un riche tissu doublé et piqué, d’où son nom de pourpoint. Il est appelé à connaître un immense succès. A la fin du XIVe siècle, domine le pourpoint à grandes assiettes, aux emmanchures emboîtant largement l’épaule, tandis qu’au siècle suivant le pourpoint est taillé à quatre quartiers, comme un gilet très ajusté avec couture dans le dos, les pans inférieurs étant ajoutés à la taille et également très ajustés. Vers la fin du XIVe siècle, en France et en Angleterre, le pourpoint commence à être muni d’un collet droit, qui va monter jusqu’aux oreilles au début du XVe siècle. Vers cette date, le pourpoint redevient un vêtement de dessous, porté sous la houppelande ou la robe qui va remplacer la houppelande.

Apparue vers 1360, la houppelande est une vaste robe, courte ou longue, qui supplante les manteaux drapés. Elle a des manches évasées, et est serrée à la taille par une ceinture sous laquelle elle forme des plis réguliers. La houppelande se termine par un collet montant très haut. Les robes qui vont succéder à la houppelande, et les mantelets, auront également des manches larges. Souvent en forme de sac ou de ballons, elles se prêtent à d’étonnantes exagérations, notamment en Italie et en Allemagne. Le terme de robe ne désigne donc plus en tous cas que le vêtement de dessus et non un ensemble de pièces d’habillement comme précédemment.

Dès la fin du XIIIe siècle, mais surtout aux deux siècles suivants, le jaque, sorte de pourpoint ajusté et matelassé apparaît dans le costume militaire. Il est terminé par une jupe courte couvrant les hanches. La jaquette en est probablement un dérivé, vêtement civil de forme identique mais moins ajusté, porté surtout par les paysans, à qui il vaut le surnom de « jacques ». Ceux-ci portent aussi toujours les tuniques courtes. La huque est également un vêtement militaire ensuite repris dans le civil. D’abord portée au début du XVe siècle comme manteau sur l’armure, elle devient un vêtement de dessus pouvant être ceinturé, de longueur variable et fendu.

A partir de 1440, apparaissent des vêtements qui annoncent les modes du XVIe siècle : le paletot (vêtement de dessus de la longueur du pourpoint), la journade (formée de deux pans flottants devant et derrière), la manteline (plus courte)... Ces vêtements se confondent parfois entre eux et avec la huque, à laquelle ils succèdent comme vêtement de parade.

En découvrant les jambes, le vêtement court nécessite des chausses plus hautes et plus serrées, attachées au haut par des cordons ou des lacets ferrés. Pour répondre aux critiques, on commence vers 1370 à les coudre l’une à l’autre. Ce sont les chausses « à plain fond », dotées d’un petit triangle (la braye) ajouté entre les deux parties du devant afin de couvrir l’ouverture des braies, qui ne sont plus qu’un vêtement de dessous en toile, de plus en plus court. Les chausses peuvent être fourrées, et semellées afin d’éviter le port de souliers. Au milieu du XVe siècle, le haut de chausses sera recouvert d’une sorte de bourrelet en étoffe matelassée, le lodier.

Le costume féminin

Alors que les hommes adoptent le vêtement court, les femmes restent fidèles au costume long. Leur vêtement gaine généralement le haut du corps, et est doté d’une traîne, afin de présenter une silhouette sinueuse.

Le buste étant ajusté, la cotte est fendue et lacée dans le dos, tandis que le corset le sera devant. Le corset remplace la cotte mais en diffère peu. Il est généralement décolleté, à manches courtes laissant passer la chemise. Au XVe siècle, apparaît l’étonnante vogue du ventre proéminent, obtenu avec de petits sacs rembourrés. La taille est affinée par des coutures cintrées.

Le surcot ouvert connaît une longue vogue. Son corsage est fendu et il est largement échancré de l’emmanchure aux hanches, laissant voir la cotte. Le devant forme une sorte de gilet, le plus souvent recouvert d’hermine, comme le bord des emmanchures. Une rangée d’agrafes ou de boutons marque le milieu du vêtement est descend sur la jupe très ample et longue. Arrondi et assez bas, le décolleté devient triangulaire au XVe siècle, lorsque le gilet se réduit à deux bandes étroites d’hermine qui dessinent les échancrures des manches et rejoignent le dos, ample et souvent fourré. Ce surcot se porte « déceint », la riche ceinture étant mise sur la cotte en-dessous.

La robe et la cotardie se confondent, sorte de surcot décolleté et ajusté, aux longues manches ouvertes aux coudes. Le décolleté en pointe est accentué devant, jusqu’à la taille. Le tassel, bande de tissu généralement noir, en restreint la profondeur et le transforme en décolleté carré. Un fichu de gaze couvre les bords, tandis qu’une ceinture assez large, dite bandier, se place sous les seins. Au début du XVe siècle, les femmes portent comme les hommes une longue houppelande, boutonnée devant, avec des manches volumineuses évasées ou closes. A la fin du XVe siècle, la robe a remplacé les autres vêtements, sauf le surcot ouvert, encore porté pour des cérémonies. La forme de la robe reste globalement la même, mais le corsage est plat, à décolleté carré s’encadrant entre des parements de couleur brodés, selon une influence italienne. Les manches sont droites et amples, à larges rebras. C’est la manche dite à la française, la manche « italienne » étant en deux parties reliées au coude et entre lesquelles bouffe la manche de chemise.

Les femmes portent au-dessus de leur robe des chapes et mantels et sous leur toilette une chemise fine à manches, parfois doublée ou fourrée.

Les chaussures

Les souliers masculins sont généralement hauts, lacés ou fermés par des boutons ou des boucles sur le dessus du pied. Sous le règne de Charles V (1364-1380) apparaît la célèbre poulaine, qui serait originaire de Pologne. Introduite en 1340 à Milan, elle pénètre peu après en France, mais a surtout du succès en Bourgogne, dans le second tiers du XVe siècle. La poulaine est en fait une exagération des anciennes pigaches. Ses pointes deviennent si effilées qu’elles sont parfois soutenues par des baleines. La forme allongée est aussi adoptée pour les patins. Assez brusquement, vont succéder à la poulaine des chaussures au contraire larges, « à pied d’ours » ou en « bec de cane ».

Au XIVe siècle, les femmes portent des chaussures légères à tige, généralement fourrées pour l’hiver. Au XVe siècle, elles portent aussi les poulaines et les patins.