Byzance, ancienne cité grecque, correspond à une partie de l’actuelle ville d’Istanbul. La cité est reconstruite par Constantin (règne de 306 à 337), premier empereur romain converti au christianisme. La ville est renommée Constaninople, d’après le nom du souverain, et devient en 330 la capitale de l’Empire romain. A la fin du IIIe siècle, l’Empire est séparé en deux parties ; il est officiellement divisé en 395, donnant naissance à l’Empire romain d’Occident, et à l’Empire romain d’Orient, dont Constantinople demeure la capitale. L’Empire romain d’Occident disparaît en 476, tandis que celui d’Orient subsiste jusqu’en 1453, date de la prise de Constantinople par les Ottomans. Le nom de byzantin est appliqué à l’Empire romain d’Orient à partir du XVIe siècle, à la suite de l’historien allemand Hieronymus Wolf.

Une influence orientale de plus en plus marquée

A la suite de l’effondrement de l’Empire romain d’Occident, Constantinople est de plus en plus soumise aux influences orientales. Elle devient un carrefour privilégié du commerce avec l’Asie.

La sobriété du costume romain laisse la place aux couleurs chatoyantes de l’orient, aux tissus richement brodés (d’animaux, de fleurs, de scènes bibliques…), aux franges et autres ornements. La couleur pourpre est réservée au couple impérial. La laine est largement employée au début, avant d’être supplantée par le coton, le lin ou la soie. La soie vient d’abord de Chine, mais Byzance fabriquera par la suite ses propres soieries.

Le costume byzantin enveloppe complètement le corps, par des coupes amples, des tissus épais au tombé lourd. Les manches des tuniques sont généralement étroites mais peuvent s’élargir sur le modèle de la dalmatique, tenue venue de Dalmatie.

Les costumes impériaux

L’empereur tient à la fois un rôle politique et religieux, et ses tenues varient selon l’occasion. La tenue d’apparat de l’Empereur Constantin diffère grandement de celle des précédents empereurs romains. Constantin porte une tunique (stola) de soie blanche, brodée de motifs floraux en or, et recouverte d’une chlamyde (manteau d’origine grecque, consistant en une seule pièce de tissu sans coutures), pourpre, attachée sur l’épaule par un somptueux bijou. Une large écharpe, la trabea, barre sa poitrine. La tête de l’empereur est ceint d’un morceau de tissu noué à l’arrière, qui sera plus tard remplacé par une couronne incrustée de pierres précieuses et ornée de chaque côté par des pendants, ainsi qu’on le voit sur le portrait de Justinien (qui règne de 527 à 565) dans les mosaïques de San-Vital à Ravenne. Ces œuvres extraordinaires, qui représentent l’empereur Justinien, son épouse Théodora et leur suite, constituent en effet un très précieux témoignage concernant les modes vestimentaires de la cour.

On y voit Théodora porter une longue tunique au riche liseré brodé, un manteau pourpre, et une large collerette (maniakis) tissée de fils d’or, de gemmes et de perles. Les broderies du manteau représentent les Rois Mages. L’impératrice est coiffée d’un diadème (stéphanos) et est chaussée de souliers fermés en cuir pourpre brodé.

L’adoption de vêtements d’origines variées et, en retour, une influence durable sur l’habillement d’autres pays

Au XIIe siècle, avec l’influence grandissante de l’Orient, le caftan perse est adopté, ainsi que le manteau boutonné devant. Le diadème est remplacé par une couronne (camelaukion). La granatza, longue robe assyrienne, est également intégrée à la garde-robe byzantine. Les turbans apparaissent dès le VIe siècle ; entre le VIIe et le IXe siècles, les coiffes s’inspirent de plus en plus de la Chine.

En retour, Byzance aura une influence profonde et durable sur d’autres cultures. Après la chute de Constantinople, les rois bulgares continuent de porter des vêtements d’origine byzantine, tout comme les princes moscovites, et ce jusqu’au XVIIe siècle. Les grands dignitaires orthodoxes sont encore vêtus de tenues très proches de celles portées par les empereurs byzantins.