Avant que l’usage du costume long ne se généralise vers 1140, le costume habituel des hommes reste sensiblement le même qu’à la période précédente. Ainsi, ce qui est parfois nommé par certains auteurs « bliaud court », n’est probablement que la gonelle carolingienne. La survivance de ce mot dans le terme anglais gown semble indiquer que Guillaume le Conquérant (1027-1087) porte ce costume lorsqu’il envahit l’Angleterre. La Tapisserie de Bayeux, œuvre magistrale qui décrit la conquête normande de l’Angleterre en 1066, est une très riche source d’informations sur l’époque.

Des tenues de forme simple mais vivement colorées et largement ornées

A partir de cette époque, le costume va comporter, pour les hommes comme pour les femmes, le chainse, longue tunique de dessous à manches longues, généralement en lin, et le bliaud que nous venons d’évoquer, tunique de dessus à manches plus larges pour les hommes, et ornée de broderies ou galons, voire même d’étoffes incrustées de couleurs différentes.

Outre ces deux pièces, on porte sous le bliaud le doublet, vêtement de dessous constitué de deux épaisseurs de toile de lin. Le peliçon est aussi un vêtement de dessous, sans manches, fait d’une pelleterie cousue entre deux tissus. Le gipon (ou jupe) est un vêtement de dessous court et très ajusté, lacé sur le côté, piqué et matelassé.

Au début, le bliaud blouse sur la ceinture, qu’il recouvre. Mais à la fin du XIIe siècle, il est devenu chez les femmes tellement ajusté qu’il moule le torse, peut-être en raison de l’emploi de soie. La ceinture devient donc visible, et passe autour de la taille avant de s’enrouler une seconde fois autour des hanches et de se nouer devant, les deux extrémités descendant jusqu’aux pieds. Chez les élégantes, les manches du bliaud commencent à s’évaser jusqu’à devenir si longues que les extrémités en sont nouées afin de ne pas traîner à terre.

Les manteaux rectangulaires et circulaires de l’époque précédente restent en usage (on les nomme chape et chasuble). Le terme de manteau commence à être utilisé pour désigner un vêtement réservé aux classes sociales élevées. Les femmes continuent à se voiler la tête avec un pan de manteau. Coiffées généralement de longues nattes pendantes, elles cachent leurs cheveux sous un voile fin.

Les braies sont le seul vêtement spécifiquement masculin de cette époque. Elles sont assez longues et amples, généralement de couleur. Des chausses couvrent les jambes ; elles sont toujours colorées, parfois même rayées. Celles des hommes montent souvent assez haut. Les femmes en portaient peut-être aussi mais elles étaient invisibles sous leurs longs vêtements.

Les chaussures diffèrent peu de celles de l’époque précédente, sauf au début du XIIe siècle, avec un allongement en pointe appelé pigache, existant depuis l’Antiquité mais qui connaîtra dès lors un très large et durable succès, avec les poulaines. A la fin du siècle, on voit aussi des brodequins dont la tige assez haute se termine derrière par une longue languette, parfois découpée et festonnée. Durant le même siècle, apparaissent les solers, qui sont des chaussures en cuir de Cordoue, et l’usage des patins de bois se répand.

En savoir plus et découvrir de nombreuses images

http://scrama.free.fr/costume/pages/bliaud.htm

http://costume12eme.e-monsite.com/rubrique,bliaud,50839.html

http://normandie.cultureforum.net/t2964-costume-normand-1066