Si la corrélation entre les émotions négatives (stress, anxiété...) et les problèmes cardiaques a déjà été établie dans des études antérieures, cette nouvelle étude met en exergue la relation entre le sentiment de bien être et une potentielle réduction des risques d'hypertension artérielle et de taux de choléstérol élévé.

L'optimisme réduit le risque de maladie cardiaque

Les chercheurs se sont basés sur de nombreuses études relatives au bien être psychologique en relation avec la santé cardio-vasculaire. Après avoir observé plus de 200 études, ils ont conclu que les personnes optimistes révélaient un risque réduit de 50 % en moyenne d'avoir des problèmes cardio-vasculaires, que leurs pairs moins optimistes. Précisons que cette conclusion des chercheurs est indépendante de l'âge des personnes, du statut social, du poids, du fait de fumer. Le groupe de chercheurs dirigé par le Dr Julia Boehm précise que le fait de mettre en évidence ce lien, n'apporte pas pour autant la preuve scientifique que cet état positif protégerait des maladies cardiaques. En effet, les personnes qualifiées d'optimistes dans l'étude avait également une meilleure hygiène de vie.

La sensation de bien être conduirait à mieux prendre soin de soi

L'équipe de chercheurs a pu corréler le sentiment de bonheur des personnes à des comportements en faveur de leur santé: exercice, alimentation saine, sommeil régulier, non fumeurs. Se sentir bien mènerait à une meilleure hygiène de vie, ou vivre en bonne santé aiderait au positivisme. De plus, cet état positif a été lié à un poids normal, une pression artérielle moins élevée et un taux de graisses dans le sang sain.

Les émotions négatives comme le stress et l'anxiété sont facteurs de risque cardiaque

L'équipe de Mats Gulliksson, MD, Ph.D., et ses collègues de l'Université d'Uppsala Hôpital, Suède a mis en oeuvre un programme de thérapie cognitivo-comportementale axé sur la gestion du stress pour 192 patients souffrant de maladies cardiaques. Un deuxième groupe de 170 patients suivaient un traitement traditionnel. A l'issu des 94 mois de suivi, il s'avère que le groupe suivant le programme de gestion du stress a eu un taux de 41 % inférieur d'incidents cardiaques par rapport au deuxième groupe soigné traditionnellement. Les chercheurs ont conclu que suivre des séances de thérapie régulièrement pouvait être associé à une réduction du risque d'incident cardiaque.

Facteurs de risque de l'AVC

Aux Etats-Unis environ 30 % des risques de crise cardiaque et d'athérosclérose peuvent être reliés à des facteurs psychosociaux, identifiés de la manière suivante:

  • les facteurs de stress chronique, comme un statut socio-économique difficile, un soutien social peu présent, la détresse au travail, dans son couple;
  • les facteurs émotionnels comme la dépression majeure, la colère et l'anxiété.
Le Centre d’épidémiologie pour les causes de décès de l’INSERM classe l’AVC parmi les « maladies cérébrovasculaires ». L’AVC est une manifestation de l’« athérothrombose », maladie des artères se manifestant également par l’artérite des membres inférieurs et par l’infarctus du myocarde. En France, "l'accident vasculaire cérébral est la première cause de handicap acquis de l’adulte, la deuxième cause de démence (après la maladie d’Alzheimer) et la troisième cause de mortalité en France" (source : rapport 2009, Prévention et prise en charge des AVC en France, ministère de la Santé).

En 2010, un AVC avait lieu toutes les 4 minutes en France, soit 130 000 cas dont 32 000 ont succombés à l'attaque. L'AVC et les maladies cérébrovasculaires représentent une des principales causes de mortalité en France, devenues plus présentes chez la femme que chez l'homme, pour les populations ayant moins de 65 ans.

Parmi les facteurs de risques d'AVC, l'étude Interstroke (*) réalisée dans 22 pays met en évidence les 5 facteurs expliquant 80 % des primo AVC:

  • l'hypertension artérielle (principalement),
  • le tabagisme,
  • l'obésité abdominale,
  • le régime alimentaire pauvre en poisson et en fruits,
  • l'insuffisance d'activité physique régulière.
Ce pourcentage est porté à 90 % par 5 autres facteurs:

  • le diabète,
  • la consommation d'alcool abusive,
  • le stress ou la dépression,
  • la fibrillation auriculaire,
  • les dyslipidémies, avec un ratio élevé des apoplipoprotéines ApoB/ApoA1 élevé.

Les signes de l'AVC, selon la direction générale de la santé (site santegouv)

L’accident vasculaire cérébral l’AVC se manifeste soudainement par : 
  • une déformation de la bouche
  • une faiblesse d’un côté du corps, bras ou jambe
  • des troubles de la parole

 
Si vous êtes témoin d’un de ces 3 signes, réagissez. Appelez immédiatement le SAMU, faites le 15. "AVC, agir vite c'est important"
 

Les émotions négatives mauvaises pour la santé du coeur

De fait, il est reconnu que les émotions négatives comme le stress et l'anxiété sont des maladies du siècle, impactant sur la santé. Le stress, l'anxiété chronique, développent des risques de maladie deux fois plus importants (aussi, voire plus toxique que le tabac !) : asthme, arthrite, maux de tête, ulcères de l'estomac, maladies cardiaques... Plus encore des études ont mis en évidence une relation entre les émotions négatives comme le stress avec les maladies infectieuses comme le rhume, la grippe et l'herpès. Autant de conclusions qui amènent à prendre soin de sa santé psycho-émotionnelle. (**)

Une recherche étude sur corrélation du bien être et les maladies cardiovasculaires menée par Boehm et Kubzansky a révélé qu'un fort optimiste réduirait les évènements cardiovasculaires.

Selon eux, la  santé cardiovasculaire est plus systématiquement associée à l'optimisme et le bien-être hédoniste qu'au bien-être eudémonique (l'épanouissement personnel).
 
Ils ont constaté que la santé cardio-vasculaire a été plus systématiquement associée au bien-être hédonique qu'au bien être eudémonique. Le bien-être hédonique est généralement mesuré avec des échelles de satisfaction de la vie,des niveaux d'émotions positives et négatives, et le bonheur, alors que le bien-être eudémonique implique généralement des mesures de but dans la vie, la croissance personnelle, l'acceptation de soi, l'autonomie et la maîtrise de l'environnement. Néanmoins, le manque de recherche reliant le bien être

eudémonique et la santé cardio-vasculaire pourrait expliquer cette disparité.


Etre heureux apporte une vie si douce et si agréable, un sentiment d'autant plus vital, que cette joie de vivre est bonne pour le coeur et la santé. Apprendre à être optimiste s'apprend, tout comme apprendre à maîtriser, à gérer ou à se libérer de ses émotions négatives. Ces apprentissages pourraient bien être les plus importants de la vie, car directement liés à la santé, au développement personnel et professionnel de chacun.

A lire:

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Sources:

“The Heart’s Content: The Association between Positive Psychological Well-Being and Cardiovascular Health,” Julia K. Boehm and Laura D. Kubzansky, Psychological Bulletin, online April 17, 2012

(*) Bulletin épidémiologique hebdomadaire, INVS (Institut de Veille Sanitaire), Christine de Peretti, Francis Chin, Philippe Tuppin, Yannick Béjot, Maurice Giroud, Alexis Schniztler, France Woimant, Personnes hospitalisées pour accident vasculaire cérébral en France : tendances 2002-2008, 6 mars 2012.

(**) Smashwords Edition, Connaître ses réactions émotionnelles, pour maîtriser ses émotions, 2012

Boehm, Julia K.; Kubzansky, Laura D.,The heart's content: The association between positive psychological well-being and cardiovascular health,Psychological Bulletin, Vol 138(4), Jul 2012

pilladvised, Love Your Heart with Stress Management, 2010

Sante. gouv, Les chiffres clés de l’AVC, 25 octobre 2013