L’artisanat phénicien est multiple et varié: teinture grâce au pourpre, sculpture d'ivoires, bien sûr, mais aussi glyptique, c’est-à-dire la production de sceaux scaraboïdes, métallurgie et sculpture en ronde bosse et en bas reliefs.
La pourpre
Cette couleur aux nuances variant du rose-pourpre au violet, était extraite du murex, un coquillage vivant sur les fonds sablonneux et vaseux en Méditerranée.
Selon la légende, elle aurait été découverte par une princesse et son fiancé se promenant au bord de l’eau. Ils auraient vu leur chien croquer dans un murex et les poils de ses babines devenir violets. Cette scène était illustrée sur des monnaies de la cité de Tyr. Plus tard, elle inspira aussi Pierre-Paul Rubens pour son tableau La Découverte de la pourpre (1636).
Le murex, après extraction de sa coquille, était écrasé dans un bain d’eau. Puis on y trempait le vêtement pendant deux à trois jours. C’est seulement une fois le tissu sorti de l’eau que la couleur apparaissait, par un phénomène d’oxydation.
La grande quantité de matière animale nécessaire à sa production expliquait son coût très élevé et la grande valeur que les anciens accordaient à la pourpre.
Les ivoires
L’ivoire était employé pour décorer des meubles, des manches de miroirs, des éventails, des pyxides ou encore des pièces d’harnachement de chevaux. Le matériau était issu des défenses d'éléphants ou des hippopotames.
Après sculpture de la plaque ou du morceau d’ivoire, par bas relief ou par ajouré, l’objet était peint. En effet, des traces de peinture ou de feuilles d’or ont été décelées sur certains ivoires.
Le caractère égyptisant de ces productions était très frappant, à travers l’iconographie utilisée: sphinx ou personnages vêtus à l’égyptienne. Certains sceptres et couronnes sont aussi égyptiens. Cependant, une partie de l’inspiration était aussi orientale, comme on peut s’en rendre compte à travers des motifs tels que des griffons ou des lions.
La glyptique
Les sceaux-cylindre n’étaient pas fréquents chez les Phéniciens. Ils utilisaient plutôt des sceaux en forme de scarabées, à la manière égyptienne. Certains de ces scarabées étaient directement importés d’Egypte, mais d’autres étaient produits en Phénicie.
Ces scarabées avaient à la fois une fonction utilitaire et une fonction apotropaïque. En effet, certains étaient portés en bijoux (bagues, pendentifs) et pouvaient aussi être placés dans les tombes.
Ils étaient souvent fabriqués dans des matériaux semi-précieux: cornaline, jaspe, parfois agate. Cette pratique en faisait des biens de luxe.
La métallurgie
Les Phéniciens pratiquaient, comme à de nombreux autres endroits du Proche-Orient, la technique de la granulation. Il s’agit d’une technique de décoration qui consiste à fixer des granules de métal sphériques sur une surface métallique lisse grâce à la soudure. Elle était utilisée aussi bien pour la création de motifs géométriques, que pour celle de scènes figurées.
La métallurgie servait fabriquer des bijoux, des coupes, des plats, mais aussi des statuettes de divinités. Ces statuettes étaient souvent en alliage de cuivre et étain, parfois recouvert de feuilles d’or. Parfois, elles étaient aussi en argent. Il s’agissait d’une production de masse, réalisée par moulages. Ces petites divinités étaient sans doute destinées aux sanctuaires.
La sculpture
La sculpture en ronde bosse pouvait être en pierre ou en terre cuite. Ses influences étaient multiples et pouvait varier selon les époques: égyptienne, assyrienne, perse, grecque.
De nombreuses stèles et naiskos, dérivation des naos égyptiens, ont été découverts. Les attestations des naiskos sont principalement funéraires, tandis que les stèles peuvent être aussi bien votives que funéraires. Comme pour la sculpture en ronde bosse, les influences sont multiples.