Tout d'abord, quelques mots pour résumer ce livre. Un verbe : exister. Un nom : vérité. Une philosophie de vie : l'anticonformisme.

Résumé du roman

Meursault, le personnage principal et narrateur de ce roman, se rend à l'enterrement de sa mère, qu'il avait placée quelque temps auparavant dans un asile, faute d'argent. Le lendemain, il rencontre Marie, avec qui il va voir un film de Fernandel, après avoir passé l'après-midi dans l'eau. Ils passent la nuit ensemble.

Raymond Sintès, voisin de pallier, les invite, lui et Marie, à la plage dans la maison de son ami Masson. Là, ils rencontrent un groupe d'Arabes, dont un est le frère d'une maîtresse de Raymond, avec qui il a déjà eu des problèmes. S'ensuit une bagarre pendant laquelle Raymond se fait blesser. Meursault retourne quelque temps après sur la plage et rencontre le "type" de Raymond. Il le tue de cinq coups de revolver.

S'ensuit le procès de Meursault, qui est finalement condamné à mort.

L'amour de la vérité et l'anticonformisme soutenu

À la première lecture de ce roman, Meursault pourrait paraître quelqu'un de simple du fait de la distance qu'il prend avec les actions qu'il a entrepris dans la journée et qu'il transcrit dans son journal. En réalité, cette distance qu'il prend, et cet objectivisme dont il fait preuve traduisent son amour pour la vérité. La vérité qui réside en chaque fait et geste d'un individu, celle qui s'éloigne du conformisme de la société qui l'entoure. Meursault, c'est cet homme absurde que Camus décrit dans Le mythe de Sisyphe, l'homme qui agit de cette "confrontation entre l'appel humain et le silence déraisonnable du monde".

Lors de son procès, il ne cesse de dire une vérité, vérité que l'assemblée prend pour mensonge, par exemple lorsqu'il tente de justifier son geste : "J'ai dit rapidement, en mêlant un peu les mots et en me rendant compte de mon ridicule, que c'était à cause du soleil."

Albert Camus dira plus tard, à propos de son roman : "J'ai résumé L'Étranger, il y a longtemps, par une phrase dont je reconnais qu'elle est très paradoxale : Dans notre société tout homme qui ne pleure pas à l'enterrement de sa mère risque d'être condamné à mort.” L'action de pleurer à un enterrement, pour lui et dans le roman (Meursault ne pleure pas lors de l'enterrement de sa mère), est tellement souhaitée et attendue par l'entourage et la société qu'elle en est devenue obligatoire et nécessaire. C'est même l'une des raisons pour lesquelles il sera condamné à mort.

Il n'a de cesse, pendant tout le roman, de se sentir exister, à travers la chaleur ou du soleil qu'il sent sur sa peau, ou bien des désirs qu'il éprouve pour Marie. Il sent qu'il est complètement étranger au monde qui l'entoure et ne souhaite qu'augmenter, à chaque page, la distance qui le sépare des autres. Le roman se termine sur des lignes très violentes, dans lesquelles Meursault se plaît à être haï par la société : "Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il me restait à souhaiter qu'il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécution et qu'ils m'accueillent avec des cris de haine."

Un article sur La vie tranquille de Marguerite Duras