Survenant habituellement chez les hommes entre 45 et 65 ans, l’andropause est un phénomène biologique, similaire à la ménopause de la femme. À l’inverse des femmes, les hommes n’ont pas de signes nets comme l'arrêt des menstruations pour marquer cette transition. Toutefois, andropause et ménopause se caractérisent par une baisse des niveaux hormonaux. Les œstrogènes chez la femme, la testostérone chez l’homme.

Le milieu médical a décrit l'andropause pour la première fois dans les années 1940, mais notre capacité à la diagnostiquer est relativement récente et parfois controversée.

L'idée que l'homme âgé, à l'instar de la femme, puisse être sujet à des fluctuations d'hormones sexuelles a été difficile à accepter. Aujourd'hui, l'intérêt pour l'andropause croît parmi les chercheurs spécialisés en gérontologie. Une acceptation incontestée nécessite davantage d'investigation.

Les symptômes de l’andropause

Commençant à 30 ans, le niveau de testostérone diminue de 10 % chaque décennie.

Habituellement, l'andropause est mal identifiée : les symptômes sont vagues et varient grandement d'un individu à l'autre :

  • changements d’attitudes et d’humeurs, fatigue ;
  • perte d’énergie et d’appétit sexuel, troubles de l’érection ;
  • signes morphologiques comportant une perte de masse musculaire et de force, prise de poids de type gynoïde, une diminution de la pilosité axillaire, pubienne, et du volume testiculaire, une ostéoporose, une peau amincie et sèche ;
  • signes fonctionnels avec asthénie, hypersudation, parfois bouffées de chaleurs, troubles mictionnels, du sommeil, avec augmentation des apnées du sommeil ;
  • troubles neuropsychiatriques avec difficulté de concentration, manque de confiance en soi, irritabilité ou indifférence, baisse d'aptitude au travail, troubles de la mémoire récente.
Leur qualité de vie amoindrie, les hommes de plus de 50 ans consultent de plus en plus fréquemment, se plaignant de « ne plus être l'homme qu'ils étaient ». On estime que 30 % des quinquagénaires, et jusqu'à 50 % des plus de 65 ans, sont concernés.

Traitements

  • Testostérone
L'andropause est liée à des niveaux de testostérone bas. Tout homme en fait l'expérience, certains davantage.

L'apport d'un complément de testostérone sous supervision médicale peut donc être envisagé. Par injection, gel, patch ou cartouche implantée, la difficulté réside dans le dosage. L’hormonothérapie à la testostérone pourrait accroître la libido, améliorer la qualité des érections, augmenter le niveau d’énergie, affermir les muscles, et pourrait contribuer à une meilleure densité minérale osseuse. La testostérone pourrait aussi retarder le processus de vieillissement.

Un excès de testostérone peut, par contre, avoir des effets déplaisants, voire dangereux. Il y aurait un risque potentiellement accru d’hypertrophie bénigne de la prostate, de cancer de la prostate (même si cela n'a pas été formellement démontré), de cancer du sein, de problèmes au foie, d’apnée du sommeil et de caillots sanguins.

Il existe des contre-indications à un apport de testostérone : maladie de la prostate, cancer du sein, hypertrophie musculaire ou problèmes psychiatriques graves, apnée du sommeil et troubles respiratoires importants.

  • Gonadotrophines chorioniques
Ce nom un peu barbare évoque les hormones extraites des urines de femmes enceintes qui possèdent la propriété de raviver les sécrétions des testicules. Ces hormones sont actives si et seulement si les testicules sont capables de répondre. Elles ont un avantage : après deux ou trois mois de traitement, les testicules redémarrent. S’il y a rechute, une nouvelle cure est indispensable.

  • L’hormone de croissance
L’hormone de croissance stimule la croissance de l’enfant et assure chez l’adulte la fonction de restaurer les stocks de protéines détruites pendant l’activité de la journée sous l’effet de la cortisone. Cette hormone pourrait donc aider le maintien de la musculature de l’homme prenant de l’âge.

  • Le sulfate de DHEA
Le sulfate de déhydroépiandrostérone est une hormone mâle qui est sécrétée par les glandes surrénales. Le traitement par le sulfate de DHEA pourrait ralentir le vieillissement et aurait la capacité de rendre l’hormone de croissance plus active. Son efficacité réelle reste controversée.

  • La mélatonine
La mélatonine est une hormone de la glande pinéale qui permettrait de lutter efficacement contre les troubles du sommeil liés au vieillissement. Cette hormone aurait le pouvoir de ralentir le vieillissement artériel. Elle pourrait aussi stimuler le système immunitaire dont l’efficacité diminue avec l’âge. Certains chercheurs affirment que la mélatonine stimulerait aussi l’activité sexuelle.