L'amphithéâtre de Grand, un site romain en Lorraine

Amphithéâtre de Grand - Sébastien Polet
Amphithéâtre de Grand - Sébastien Polet
Consacré aux spectacles dans l'Antiquité, l'édifice présente un plan et une architecture particulières, très différents de ceux construits à la même époque.

Situé sur la voie romaine Cologne-Lyon, comme d’autres centres romains tels que Trèves, Metz, Langres, Lyon ou encore Vienne, le site de Grand occupait une excellente situation géographique en Gaule belgique.

Des vestiges de l'amphithéâtre de la cité, datant des Ier et IIe siècles de notre ère, ont toujours été visibles au fil des siècles, mais se distinguaient de moins en moins. Cependant, ils ont très tôt attiré les savants.

Les premières mentions et les premières études du site

Dès le XVIIe s., des auteurs (Dom Augustin Calmet en 1756, Comte de Caylus en 1764, abbé Le Bonnetier en 1766, Commandant Denis en 1812, etc.) décrivirent les ruines de Grand en insistant sur leur étendue et sur l’importance que devait avoir la ville antique. Parfois, ils complétaient leurs propos avec des dessins ou des plans.

Mais il faut attendre le XIXe siècle et les fouilles de Jean-Baptiste Prosper Jollois (1820-1823) pour obtenir des renseignements plus précis et plus fiables. Cet ingénieur avait participé à la campagne d’Egypte (1798-1802). Il avait ensuite poursuivi sa carrière en tant qu’ingénieur en chef du département des Vosges. Dans ce cadre, il mena différents travaux archéologiques.

Après ces premières fouilles archéologiques, Jean-Baptiste Jollois quitta les Vosges pour se rendre à Orléans. L’amphithéâtre fut victime du pillage de ses pierres, destinées à un réemploi dans les constructions locales.

Les dernières fouilles qui eurent lieu sur le site de Grand furent menées par Roger Billoret (1910-1987). Elles commencèrent au début des années 1960. Jusqu’à sa mort, Billoret se consacra à l’étude et à la conservation de ce site archéologique.

L’amphithéâtre et ses particularités architecturales

Bien que la forme de l’arène soit elliptique, comme dans les autres amphithéâtres, les gradins du monument de Grand ne sont pas répartis de manière égale tout autour. Seules les six rangées inférieures en font le tour complet. Les autres rangées ne sont présentes qu’au sud de l’édifice.

La raison qui provoqua cette particularité dans la construction n’a pas été provoquée par les impératifs du terrain. Elles sont encore inconnues, car les fouilles n’ont pas réussi à les mettre en évidence. Peut-être un autre édifice (de nature religieuse ?), aujourd'hui disparu, se trouvait-il dans l’axe du monument ?

Au total, la capacité d’accueil de l'amphithéâtre de Grand devait être de 16 000 à 20 000 personnes. Comme les autres édifices de spectacles romains, il devait pouvoir contenir non seulement la population de la cité, mais aussi celle des centres alentours.

Sa destruction est attribuée, par la tradition populaire, à un tremblement de terre. Celui-ci est mentionné dans la passion de Sainte Libaire. Néanmoins, les réalités archéologiques ne confirment pas ce témoignage. En effet, il n’y a même pas de fissures dans les vestiges architectoniques des monuments antiques.

L’époque médiévale a vu la réoccupation du site de l’amphithéâtre.

La mosaïque

Le site de Grand est vaste. En effet, lors des fouilles, c’est un véritable centre urbain qui a été découvert, avec un sanctuaire. Les fouilles ont, entre autres, permis de découvrir une grande mosaïque illustrée.

Cette mosaïque fut découverte en 1883, par Félix Voulot. Elle recouvrait le sol de la partie centrale (224 m²) d’une salle appartenant à une basilique civile. Elle représentait une scène de théâtre entre un berger et le grand prêtre d’Apollon. Des animaux d’amphithéâtre sont aussi illustrés autour de cette scène centrale.

Le sanctuaire

Ce temple était dédié à Apollon-Grannus. Ce dieu d’origine gauloise avait des fonctions guérisseuses. Il apparait dans différents textes antiques. Par exemple, le Panégyrique de Constantin, datant de 310, raconte que lors d’un de ses voyages à Trèves, l’empereur se serait rendu au sanctuaire d’Apollon, qui se trouvait sur sa route.

L’épigraphie atteste aussi que l’empereur Caracalla aurait fait preuve d’une libéralité au sanctuaire de Grand.

CONT 9

Conférence, Wavre

Carine Mahy - Diplômée en Histoire et en Archéologie/Histoire de l'art - spécialisée dans les civilisations de ...

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