
- Timbre-poste - tour de Montléry
Jusqu’au démantèlement de son château, en 1591, Montlhéry est une place forte entre Paris et Orléans. Vestige du Moyen Age, au sommet de la colline qui lui a donné son nom (le mont Le Héry), une tour d’un peu plus de 30 mètres de hauteur domine inlassablement la ville. Pour ses habitants, comme pour nombre de ceux des communes voisines, elle appartient à jamais à un paysage qui ne saurait s’en défaire.
Quand Hugues Capet permet à Thibaut dit File Etoupe de fortifier le mont
En 991, un certain Thibaut dit File Etoupe obtient du premier roi capétien, Hugues Capet, le droit de fortifier le mont Le Héry. Moins de vingt-cinq années plus tard, une imposante motte castrale domine la campagne environnante et permet, depuis sa «maîtresse tour», une observation efficace au-delà des 6 lieues.
Quand Montlhéry tombe dans le domaine royal
Un siècle plus tard, la position stratégique de la forteresse et l’arrogance des derniers grands barons propriétaires, conduit le roi de France, Louis VI le Gros, à la confiscation du château et à son rattachement au domaine de la couronne. Il va ensuite demeurer fief royal jusqu’à ce que François 1er en fasse don à l’un des ses loyaux serviteurs en 1529.
Quand Louis IX se réfugie au château de Montlhéry
Auparavant, en 1227, le jeune Louis IX et Blanche de Castille, sa mère, trouvent refuge dans la forteresse. Sous la régence maternelle, le jeune roi voit en effet son trône menacé par un complot de seigneurs rebelles. Alors qu'il est retranché à Montlhéry, des milices parisiennes viennent bientôt le secourir et font sitôt échouer la révolte fomentée contre sa personne.
Quand les abords du château sont le théâtre d’une bataille
Après la guerre de Cent Ans, au cours de laquelle le château passe maintes fois des Français aux Anglais et des Anglais aux Français, la bataille dite de Montlhéry fait entre 6 et 10 mille victimes sur les 32 mille hommes engagés. Sans réel vainqueur, elle oppose le roi de France, Louis XI, à une coalition seigneuriale qui finit par s’essouffler.
Quand le château est victime des guerres de Religion
Les guerres de Religion ont finalement raison du château médiéval. D’abord saccagé par le Prince de Condé, Henri IV le juge ensuite trop proche de la capitale. Afin d’éviter qu’un siège permette à ses opposants de prendre le contrôle de la route du Sud, il décide le démantèlement de la forteresse. Son donjon est cependant épargné.
Quand la tour devient partenaire privilégié de la Science
Au cours du XIXe siècle, la tour de Montlhéry fait l’objet de plusieurs expériences scientifiques. Son et lumière y sont respectivement calculés en 1821 par Arago et en 1874 par Alfred Cornu. En 1823, c’est un télégraphe Chappe qui est installé au faîte du vieux donjon. En 1914, l’inventeur Defieber utilise le site afin de tester un nouveau modèle de parachute.
Quand la tour vit passer les chars de la 2e D.B.
Ayant déjà servie d’observatoire à l’armée prussienne entre 1870 et 1871, la tour est une nouvelle fois investie par l’occupant allemand durant la Seconde Guerre mondiale. Le 22 août 1944, la 4e division d’infanterie américaine libère la ville. Deux jours plus tard, c’est au tour de la Deuxième D.B. du général Leclerc d’y faire son entrée.
Art et Culture au pied du donjon millénaire
Nombreux ont été les artistes qui ont séjournéou vécu à l’ombre de la tour de Montlhéry. Parmi les plus célèbres, citons Victor Hugo, Jean-Baptiste Corot et le comédien Pierre Brasseur. Mais c’est surtout le poète Paul Fort qui a marqué la cité millénaire de son empreinte indélébile.
Un témoin médiéval au Cœur du Hurepoix
Dominant le Cœur du Hurepoix, la tour de Montlhéry est l’un des nombreux vestiges issus du Moyen Age dont la région s’enorgueillit. Restaurée dans les premières années du XXIe siècle, elle fait aujourd’hui preuve d’une éternelle majesté. Une station météo a été installée au sommet du donjon en même temps qu’il était remis en état.
