
- un toit tout vert - hippocamp29 - Flickr
La France commence lentement à rattraper son retard sur nos voisins autrichiens, suisses et allemands déjà convaincus depuis longtemps par les atouts du toit végétal. En 2008, le marché a augmenté chez nous de 50%. Cette tendance s'affirme à la hausse.
Comment ça marche?
Sur le bois, l'acier ou le béton constituant le support, on pose en premier lieu un pare-feu et une isolation thermique. Puis, un produit bitumeux qui servira à l’étanchéité, sur lequel prendront place la végétation sur son substrat, composé de différents types de minéraux pour assurer l’enracinement des plantes et leur perpétuation.
Sous le substrat, un système de drainage permet l’écoulement des surplus d’eau soit vers l’écoulement du toit, soit vers un réservoir d’eau. Un tissu géotextile imputrescible très dense assure le filtrage et empêche que des particules de substrat ne pénètrent la couche de drainage. Puis, on installe les plantes.
Dans quel cas l’utiliser?
Il faut s’assurer que la charpente supportera le poids supplémentaire, sachant qu’elle s’alourdira d’environ 30 à 100 kg par m2 suivant le système choisi. S’il y a des tuiles, elles devront être enlevées et remplacées par un matériau plus léger et parfois, il faudra renforcer la charpente.
La mise en place sera la plus aisée sur les toits dits en terrasses (toit plats) et sur les toits en pente jusqu’à 30% de déclivité. Pour les inclinaisons plus fortes, il faudra faire une étude, sachant qu’au delà de 45% de pente, cela devient très compliqué.
Dans tous les cas, l’aide d’un professionnel est fortement recommandée. Le travail en hauteur n’est pas adapté à tout le monde et même s’il existe des bacs pré-cultivés, les problèmes d’étanchéité nécessitent souvent des compétences particulières. Si vous voulez cependant vous lancer, commencez par la cabane de jardin ou un box de voiture.
Combien ça coûte?
Comptez une moyenne entre 50 et 150 € HT/m2. Renseignez sur les subventions accordées par certaines collectivités locales telles que le Conseil général ou le Conseil régional. Le crédit d’impôts ne s’applique pas à ces travaux.
N’hésitez pas à faire établir plusieurs devis concurrentiels car d’une entreprise à l’autre les prix peuvent varier du simple au triple. D’autre part, chaque société ayant sa propre technique (toiture végétalisée extensive ou intensive, type de plantes, type de substrat, poids à saturation d’eau etc…), vous trouverez celle qui est la mieux adaptée à votre cas.
Et n’oubliez pas la déclaration en mairie car la pose d’un toit végétal est considéré comme un travail de rénovation complète de toiture.
Avantages et inconvénients
Le défaut principal se tient dans le prix. On peut aussi y ajouter la surcharge pondérale sur la charpente et l’entretien car même s’il est réduit, un toit végétal demande des soins. Toutefois, ces inconvénients seront largement compensés par les nombreux avantages que présente cette technique:
- Esthétique: rien de mieux pour s’harmoniser avec le paysage. La végétation suivra le rythme des saisons, en grandissant, fleurissant et changeant de couleur avec le reste de la nature. De plus, la biodiversité y trouvera son compte. Oiseaux, papillons, abeilles viendront en profiter.
- Longévité: grâce à la végétation qui l’habite, la toiture est protégée de la chaleur et des UV ainsi que bien plus étanche qu’une couverture ordinaire. On peut lui compter une durée de vie de 30 à 40 ans, ce qui est supérieur à la moyenne des toitures. En régulant les variations de température, la toiture végétalisée évite les chocs thermiques, cause de dégradations mécaniques comme la dilatation ou le retrait. Elle protège également la couche d’étanchéité du toit des rayonnements et prolonge ainsi la vie du bâtiment.
- Diminution des nuisances sonores: les bruits d’impact de la pluie ou de la grêle seront assourdis par la végétation. Les bruits aériens le seront également.
- Impact écologique: la pluie absorbée est soit utilisée par les plantes, soit restituée par évaporation. Cela permet une humidification de l’air urbain, un meilleur drainage et une réduction de l’engorgement des canalisations. Quant aux particules de pollution, elles sont filtrées par la végétation, ce qui améliore la qualité de l’air et aide à lutter contre l’effet de serre.
