De la méthode la plus simple,la femelle pondant des œufs qui sont ensuite fécondés par le sperme que le mâle a lâché dans l’eau, à la plus compliquée, certaines espèces font preuve d’une ingéniosité machiavélique !

Le sexe des poissons n’est pas aussi définitif que chez les autres créatures.

Le changement de sexe est courant. S’il y a risque d’extinction de l’espèce par disparition d’un des genres, de tous les mâles par exemple, les femelles dominantes vont se transformer, pour assurer la descendance.

Cela arrive aussi en aquarium si les deux sexes ne sont pas représentés.

Chez les daurades et les perches c’est plutôt l’hermaphrodisme qui est pratiqué, c’est à dire qu’elles peuvent se féconder elles-mêmes.

La température de l’eau joue un grand rôle dans la reproduction des poissons.

Le cycle des saisons programme celui des reproductions. En fonction des espèces et des situations géographiques ce seront les semaines les plus chaudes pour les uns, les plus froides pour les autres.

C’est aussi la cause du retour de certains poissons sur leur lieu de naissance, comme les saumons par exemple. Car c’est en ce lieu, toujours à la même époque, que les conditions sont les plus favorables pour eux.

D’autres, comme les morues, se rassemblent en des lieux choisis pour leur situation géographique, mais aussi pour leur profondeur qui correspond au mieux au besoin de ces animaux.

Pondre et laisser faire la nature…

La ponte d’une grande quantité d’œufs, fécondés par le mâle puis abandonnés, permettra la naissance de seulement quelques individus. Ils survivront selon une sélection naturelle principalement gérée par les prédateurs, ce sera amplement suffisant pour assurer la survie d’une espèce. Il a été constaté qu’un turbot de dix-sept livres portait neuf millions d’œufs ! Si tous étaient viables il y aurait surpopulation…

Certaines espèces de poissons font des œufs qui flottent, pouvant parfois s’agglomérer les uns aux autres, ou se fixer à des supports rencontrés au gré de leur dérive.

D’autres, comme les truites et les saumons, vont les enterrer dans des lits de gravier pour qu’ils ne soient pas emportés par le courant.

Quelques espèces de poissons semblent se responsabiliser et protègent leurs pontes.

L’incubation buccale, comme chez certains cichlidés africains, consiste, pour la mère, à récupérer ses œufs dans la bouche, et à les conserver jusqu’à éclosion. Les alevins pourront revenir s’y mettre à l’abri en cas de danger… pendant quelques temps du moins !

Chez les Syngnathes et les Hyppocampes, le mâle a une poche ventrale qui permet d’accueillir les œufs déposés par la mère. L’éclosion s’y fera sous la responsabilité du père, les petits sortant rapidement en nage libre.

Pour les Characins, le couple reproducteur choisit une feuille ou une branche se trouvant hors de l’eau, quelques centimètres au dessus du niveau. En bondissant ils y déposent les œufs, le mâle les éclaboussant, pour éviter le dessèchement.

D’autres espèces de poissons ont des techniques très spéciales pour protéger leur ponte !

La Bouvière d’Europe centrale a l’ingéniosité de déposer ses œufs, à l’aide d’un long tube de ponte, dans les branchies d’une moule d’eau douce, comme dans une nurserie ! Le mâle lâche son sperme dans l’eau, celui-ci pénètre dans les branchies de la moule lorsquelle s’alimente, fécondant les œufs au passage.

L’éperlan et quelques autres espèces préfèrent, lors de grandes marées, pondre leurs œufs dans un trou qu’ils font dans le sable, au plus loin que remonte l’eau sur la plage. A la grande marée suivante, les oeufs sont mis à jour et entrainés par le reflux, ce qui provoque leur éclosion.

Beaucoup de poissons d’eau douce utilisent des creux dans le sable pour s’en servir de nid. Selon les espèces le mâle y attire une ou plusieurs femelles, successivement, pour qu’elles y déposent leurs œufs… et s’en aillent ! Le père lâche sa laitance au dessus du nid, puis va passer son temps à le surveiller et à le défendre.

Les oiseaux pourraient être jaloux des nids de certains poissons !

Les Anabantidés, comme les combattants et les gouramis, construisent des nids de bulles… Enduites d’un mucus, résistantes, elles se collent les unes aux autres pour former un amas flottant à la surface. Calé par des feuilles ou autre matériau solide, le nid va pouvoir accueillir la ponte. Les œufs sont introduits et surveillés par le père qui l’entretient et écarte les intrus.

Le mâle Epinoche, lui, anticipe : la construction du nid d’abord, la recherche de l’épouse ensuite !Bouts de tiges entrelacés, morceaux de feuilles et autres débris résiduels sont enduits d’un mucus que le poisson fabrique et qui devient dur comme du ciment. L’animal projette aussi du sable à la base de sa construction tubulaire pour en effectuer les fondations. Portes d’entrée et de sortie et voilà, le tour est joué !

Le Ceriatas des eaux profondes est unique dans son genre !

Le milieu est tellement ténébreux que les individus ne se voient pas quand ils se croisent, donc difficile de trouver l’âme soeur… Mais Dame Nature a réponse à tout ! Dès leur naissance les jeunes mâles s’accrochent à une femelle avec leur mâchoire. Les chairs des animaux vont fusionner à cet endroit, les rendant inséparables à vie.

En voilà donc qui ont trouvé le moyen d’obliger leurs mâles, car en plus elles peuvent en avoir plusieurs, à la fidélité !

Sources :

LIFE Le monde vivant « Les poissons » F.D. Ommaney

traduction : Mme Françoise Cousteau

A lire aussi du même auteur:

L'acquisition d'un aquarium demande une certaine réflexion