Le portrait de Stéphane Hessel par Patrick Othoniel est paru dans un article du Journal du Dimanche en 2008 à l'occasion de la remise à ce dernier le 20.11.2008 du prix Unesco/Bilbao pour la promotion d'une culture des droits de l'Homme.

L'article de Claude Moisy, paru dans le Journal Le Monde du mercredi 6 mars 2013 cite une partie de ses déclarations lors d'une interview le 10.12.2008 sur un site de l'ONU : "J'étais en contact permanent avec l'équipe qui a rédigé la Déclaration. J'assistais aux séances et j'écoutais ce qu'on disait mais je n'ai pas rédigé la Déclaration... J'ai été témoin de cette période exceptionnelle".

L'homme a en effet assisté en 1948 à la rédaction de la Déclaration Universelle des droits de l'homme et a ensuite oeuvré pour leur sauvegarde.

A l'occasion de cette cérémonie il a dit le préambule de son texte, celui de 1948 et énoncé une vérité générale en rappelant l'importance de la patience.

Il a redit : "car si le combat pour la justice n'est jamais gagné, le découragement serait le résultat d'une impatience à laquelle il faut savoir renoncer ".

La patience, contraire de l'impatience, éviterait donc le découragement et l'échec par abandon.

L'apprentissage de la patience

L'apprentissage de la patience se fait tout d'abord à la maison, durant l'enfance. Les enfants doivent savoir prendre le temps de faire les choses, ce qui va à l'encontre d'une culture du "tout, tout de suite".

Elle peut se développer à travers des activités manuelles, la composition d'herbier, le dessin.

Ce peut aussi être la pêche à la ligne, les gammes sur une guitare ou tout autre instrument.

La récitation de poèmes ne peut être possible qui si l'enfant a patiemment appris le texte.

Il semble bien que Stéphane Hessel ait appris de nombreux poèmes durant sa vie et remis sans cesse l'ouvrage sur le métier.

La patience vient lentement

L'apprentissage de la patience doit permettre d'arriver à savoir attendre que quelque chose arrive. Renoncer à l'impatience c'est renoncer à l'énervement, aux cris, à la colère, aux caprices pour les plus petits.

Pour les plus grands c'est accepter de s'être trompé et recommencer.

Le plus grand handicap des enfants précoces réside dans le fait qu'ils ne sont pas patients. Tel est le résultat d'une étude retracée dans l'article consacré au sujet Précocité : réussir à l'école se joue d'abord en famille article paru dans le monde de l'éducation du jeudi 14.10.2010.

La patience doit devenir de la persévérance

La Comtesse de Ségur n'a-t-elle pas écrit "Après la pluie, le beau temps" parmi tous les livres qu'elle a dédié à l'éducation des enfants et de ses petit-enfants ?

Il est vrai que chez elle la vertu s'oppose au vice et le terme a une connotation religieuse. La patience est alors la "vertu qui consiste à savoir souffrir sans se plaindre, à supporter sans révolte et sans colère les désagréments, les malheurs de la vie, les défauts, les actions d'autrui."

Face à l'adversité la sagesse populaire rappelle plus prosaïquement que "la roue tourne" et que "Tout vient à point à qui sait attendre".

Tout finit il suffit d'attendre, mais pas que cela.

La patience comme principe de vie

La patience serait donc une alliée dans la vie. C'est une qualité proche de la persévérance qui permet d'avancer.

Car si la patience est une "qualité, disposition d'esprit de celui qui sait attendre ce qui tarde, en gardant son calme et son sang-froid". Ce n'est pas seulement cela.

C'est la "qualité qui fait qu'on persévère dans une activité, un travail de longue haleine, sans se laisser abattre par la lassitude, le découragement".

C'est bien ce qu'a rappelé Stéphane Hessel à l'auditoire venu l'écouter le 20.11.2008.

Il a en effet redit : "car si le combat pour la justice n'est jamais gagné, le découragement serait le résultat d'une impatience à laquelle il faut savoir renoncer ".

Cette recommandation est transposable dans de nombreux domaines, les études, le travail, la vie de famille, l'éducation des enfants. Mais pas seulement.

En tout cas renoncer à l'impatience a visiblement réussi à Stéphane Hessel. Alors pourquoi ne pas essayer.