
- Vue de la nécropole - Nancy Besse
La région de Tuscia, aujourd’hui la province de Viterbo, dans le centre de l'Italie, était, dans l'Antiquité, une région sous gouvernance étrusque.
Là se trouve la ville de Tarquinia, à environ 90 km de Rome. Elle faisait partie des plus grandes villes étrusques, avec Vulci, Velina, Falerii, qui étaient très importantes tant du point de vue économique et culturel que territorial.
Les cités étrusques étaient séparées en trois catégories :
- l’Etrurie maritime, avec Caere, Tarquinia, Vulci, Vétuloria ;
- l’Etrurie intérieure, avec Véies, Volsinies, Chiusi, Pérouse ;
- l’Etrurie septentrionale, avec Volterra, Arezzo, Cortone et Fiésole.
La nécropole
Face à l’antique cité de Tarquinia, qui se dressait sur un promontoire, se trouve la nécropole, la ville des morts (tombus), appelée également nécropole des Monterozzi (petites grottes). Elle se visite aujourd’hui.
Située à 4 kilomètres de la Tarquinia actuelle, le site, inscrit au patrimoine mondial de l’humanité depuis 2004, s’étend sur presque 5 kilomètres de long et sur 1 kilomètre de large.
600 tombes sont ainsi éparpillées dans ce coin de campagne dévoré par le soleil. Elles datent, en moyenne, du 6e au 1er siècle avant J.-C.
Protégées de la lumière et de l’humidité par un système de vitres étanches, les tombes que l'on peut visiter demeurent dans l’obscurité. Elles sont visibles en appuyant sur un bouton qui diffuse une lumière froide.
Décoration et visite
Pendant la visite, qui dure environ 1 h 30, et qui est agrémentée de panneaux d’informations, il est possible de se promener dans le site de Tarquinia à la découverte de la culture et des rites funéraires étrusques.
Les différents tombeaux sont tous décorés de magnifiques fresques colorées, plus ou moins travaillées, et où trônent en particulier le rouge et le beige.
Les tombes des Lions, des Léopards, de la Chasse et de la Pêche sont quelques-unes des plus significatives du site.
Campagnes de fouilles
La plupart des objets découverts lors des fouilles, qui commencèrent dès le 18e siècle, sont exposés au Musée national de Tarquinia, installé dans le très beau palais Vitelleschi, datant du 15e siècle. On peut notamment y admirer des bronzes, des poteries, des verreries, et les superbes taureaux ailés qui ornaient le frontispice d’un temple. Il s'agit d'une visite complémentaire nécessaire pour mieux comprendre la culture funéraire des Etrusques.
D’illustres visiteurs
- Stendhal (1783-1842), consul de France à Civitavecchia entre 1830 et 1840, visite l’endroit et le cite comme « les petites caves peintes du Père Lachaise de Tarquinia";
- Henri Labrouste (1801-1875), architecte français, alors résident à l’Académie de France à Rome où il séjourne 6 ans, s’est intéressé de près à ces tombes découvertes en 1827;
- Adolphe Noel (1805-1867), étruscologue, archéologue, a, quant à lui, consacré un livre à l’Etrurie : « L’Etrurie et les Etrusques, ou 10 ans de fouilles dans les Maresmes de Toscane », entre 1862 et 1864.
- James Byres (1733-1817), marchand d'art et architecte écossais, a immortalisé le site dans ses dessins. Ses illustrations sont parlantes et témoignent de l'archéologie telle qu'elle existait au 18ie siècle. Il faudra cependant attendre 1842 pour voir publier ses études sur l'Antiquité étrusque.
Des spécialistes de la culture étrusque
Les Etrusques ont passionné le monde depuis des siècles. La société des Hyperboréens en est la preuve. Elle fut créée par 4 archéologues férus du sujet. Mais, bien avant eux, l’empereur romain Claude (10 av. J.-C.-54 ap.J.-C.) s’était intéressé au sujet. Il fut sans aucun doute l'un des premiers étruscologues de l’histoire. Au dire de l’historien latin Suétone, il aurait même rédigé une histoire des Etrusques en 20 tomes. Si l'ensemble a disparu, il en reste cependant aujourd’hui une trace importante dans la table claudienne.
Depuis sa création en 1959 par Ferdinand Cinelli, l'Etruscan Foundation est dédiée à l’étude de l’histoire étrusque et à sa divulgation. Elle collabora ainsi aux travaux de l’étruscologue belge Roger Lambrechts (1927/2005).
Les Français Jacques Heurgon (1903/1995), à qui l’on doit « La vie quotidienne des Étrusques » (éditions Hachette, 1961, réédité en 1989), et Jean-Paul Thuillier, spécialisé dans le sport antique, ont repris le flambeau des études étrusques. Jean-Paul Thuillier est l’auteur de « Les Étrusques, la fin d'un mystère ? » (Editions Découvertes Gallimard, 1990), et de « Les Étrusques. Histoire d'un peuple » (Editions Civilisations Armand Colin, 2003).
Sources, informations : sur James Byres : http://www.abdn.ac.uk/jacobitevirtuosi/page1.php, http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/lecture/les_fresques_etrusques.asp, http://www.etruscanfoundation.org/, Les Etrusques, la fin d'un mystère (de Jean-Paul Thuillier, Edts Découvertes Gallimard, 1990), Guide Michelin Italie (1999)
