
- Cunéiformes sumériens - Inconnu
Ce sont sans doute des impératifs économiques qui ont amenés les Sumériens à graver leurs premiers signes. Ils avaient besoin de tenir des comptes liés au commerce des marchandises.
L’apparition de l’écriture n’est donc pas le fruit du hasard, mais bien un acte volontaire et délibéré de l’homme de créer un système de communication inédit.
L’écriture est-elle née à partir de rien?
Avant l’écriture telle que nous la connaissons, il existait déjà des aide-mémoires, appelés calculi. En Mésopotamie, les plus anciens de ces calculi, sorte de petits jetons d’argile, datent du VIIIe millénaire. Leur seule fonction était comptable. Il s’agit du même procédé que les quipu (cordelettes nouées) de la culture inca, en Amérique précolombienne.
Les signes gravés sur ces jetons étaient pictographiques. Certains de ces petits dessins ont donné naissance à des signes de l’écriture sumérienne, mais les pictogrammes ne sont pas une écriture, car ils ne notent pas une langue. En effet, les pictogrammes sont partout autour de nous, encore aujourd’hui, sur les panneaux routiers, par exemple!
Cependant, la naissance d’une écriture est généralement précédée par l’utilisation de pictogrammes.
Les débuts de l’écriture sumérienne
Il existait 800 ou 900 signes idéographiques. Une partie d’entre eux signifiaient ce qu’ils représentaient. Par exemple, le signe représentant une tête se lit «sag» car c’était le mot employé pour désigner la tête. De même, celui illustrant un poisson est prononcé «ku» et le roseau se lisait «gu». Certains autres signes ont été créés pour noter le pluriel ou des idées abstraites.
Pour créer un système d’écriture, il faut une capacité d’abstraction. Il faut également que l’écriture convienne à la langue qui doit être notée. C’est-à-dire, qu’il faut que, pour chaque son prononcé, il existe un signe distinct qui le représente.
Tout un système grammatical accompagnait l’emploi de l’écriture. Il est indispensable de le maîtriser pour comprendre la langue notée. Le sumérien était une langue agglutinante, c’est-à-dire l’emploi de suffixes et de préfixes pour désigner le pluriel et les conjugaisons, à la place de nos terminaisons (langue flexionnelle).
Evolution de l’écriture sumérienne
L’écriture, lorsqu’elle note une langue parlée, est vivante et évolue donc dans le temps. Les signes se sont de plus en plus stylisés. Des idéogrammes dessinés à l’origine, il ne reste plus qu’un vague rapport de forme avec son signe cunéiforme correspondant.
Ces signes cunéiformes ont été repris par les Akkadiens pour noter leur langue. Mais les signes perdent alors leur valeur idéographique. Ils seront employés pour noter des syllabes. Ainsi, «ku» ne signifie plus le poisson, mais se lit «ku», en tant que composant d’un mot à plusieurs syllabes.
Les listes
Les Sumériens, comme les Akkadiens, rédigeaient de nombreuses listes pour rassembler leurs savoirs. Des listes de fonctions, de métiers, de titres, d’objets, d’aliments, de tissus, etc. ont été mises au jour.
