
- Andromède - Sébastien Polet
Le plus ancien texte astronomique mésopotamien provient de Nippur en Babylonie centrale (à l'est de Najaf en Iraq). Il date vraisemblablement de l'époque d'Hammurabi (1792-1750). Ce document est un ensemble de données stellaires que suit un procédé de calcul. Il présentait un univers à huit cieux emboîtés, où le ciel des fixes (les étoiles) était divisé en trois zones de douze secteurs chacune. A ces zones étaient associées non seulement des étoiles et des constellations, mais aussi, fait plus intéressant, des séries de nombres en progression arithmétique, première trace connue de l'un des outils mathématiques qui permit aux Babyloniens de décrire les phénomènes périodiques.
Astronomie et astrologie à Babylone
Les écrits les plus célèbres furent postérieurs au règne d’Hammurabi. Deux autres textes, conservés également sur des tablettes d’argile, l'un astronomique et l'autre astrologique datent du XVIIe siècle avant notre ère. Le texte astronomique fournit la liste des dates de levers et couchers héliaques de la planète Vénus pendant vingt et un ans, sous le règne d'Ammisaduqa (1646-1626), roi de Babylone. Si ces observations de Vénus ne supposent pas une science astronomique très élaborée, qu'elles soient datées dans le calendrier lunaire de l'époque en ont fait une aubaine pour les chronologistes modernes. Les données astronomiques furent accompagnées de présages qui mettaient en rapport les événements politiques importants et les phénomènes célestes observés.
Le texte astrologique présentait ce qu'il fallait attendre de l'année selon l'état du ciel quand apparaissait le premier croissant de lune: «si le ciel est sombre, l'année sera mauvaise; s'il est brillant, l'année sera bonne; et si, avant la nouvelle lune, le vent du nord souffle à travers tout le ciel, les céréales seront abondantes».
Astronomie kassite et assyrienne
L'essor de l'astronomie s'étendit réellement de 1530 à 612, date de la destruction de la grande bibliothèque de Ninive (quand la ville tomba aux mains des Mèdes). Le développement de cette science couvrit donc les périodes kassite (1595-1157) et néo-assyrienne (967-612). Ce fut, vers la fin de cette époque, qu'apparurent les premiers relevés systématiques d'observations réalisées par les astronomes des cours assyriennes. Vingt-trois tablettes provenant de la bibliothèque du roi Assurbanipal (668-627), traitaient de la lune, du soleil, des planètes, des étoiles, des halos, des nuages, des parhélies et autres caprices célestes.
Moins célèbres, mais historiquement plus intéressantes, deux tablettes, dites MUL APIN (l'étoile Apin), qui provenaient également de la bibliothèque d'Assurbanipal, livrèrent un véritable résumé des connaissances astronomiques de l'époque. La première tablette traitait des étoiles fixes qui étaient réparties en trois voies célestes (la voie moyenne entourait l'équateur). La seconde traitait de la lune et des planètes, des saisons et de la longueur des ombres.
L'époque de Nabuchodonosor II
L'astronomie purement mésopotamienne connut encore un nouveau développement à l'époque néo-babylonienne ou chaldéenne (611-539). C'est durant cette période que s'établirent de véritables éphémérides. De plus, un almanach pour l'année 37 (567) du règne de Nabuchodonosor II (604-562) fut intégralement conservé. Il montrait qu'une attention de plus en plus grande était portée aux cheminements de la lune et des planètes: leurs conjonctions avec les dates de leurs premières et dernières visibilités.
