Il n’y pas si longtemps que cela, disons un petit siècle pas plus, il n’était pas rare que vivent sous le même toit, enfants, parents, grands-parents, voire même oncles, tantes et autres cousins plus ou moins éloignés de la famille. C’est dire si l’ambiance était familiale en ce temps-là! Pas toujours évident probablement; n’en déplaise aux plus nostalgiques d’une époque bien révolue. Révolue, en effet, puisque, aujourd’hui, la «famille» s’est particulièrement bien allégée. Non seulement au XXIe siècle on ne vit plus sous le même toit que papy et mamie, mais souvent, on ne vit même plus sous le même toit que papa et maman!

En effet, une enquête réalisée par le ministère des Affaires sociales français révèle que plus d’un enfant sur sept vit aujourd'hui avec un seul de ses parents. Ainsi, un recensement de la population française a montré qu’au cours de la dernière décennie, le nombre de familles monoparentales a augmenté de plus de 300 000! Elles sont aujourd’hui environ 1 800 000, soit près de 20% du nombre total de familles françaises. Et ce chiffre ne fait que progresser d'année en année.

Une situation temporaire?

En général, le parent vivant avec ses enfants est la mère. Les pères seuls ne représentent en effet que 15% des familles monoparentales de l'Hexagone. Toutefois, il semblerait que la monoparentalité ne devienne désormais qu’une situation temporaire puisque bien souvent, le parent refait sa vie et recompose une nouvelle famille parfois «à rallonge» avec les enfants du nouveau conjoint.

Un nouveau schéma familial se dessine alors: celui de la famille recomposée. Et là encore, il est utile de parler chiffres: 1,1 million d’enfants vivent avec l’un de leurs parents et un beau-parent; 513 000 issus de la nouvelle union vivent avec leurs deux parents et des demi-frères et/ou sœurs issus des premières unions de leurs parents. Plus d’une famille sur dix est recomposée, 9% des enfants de 13 ans vivent avec un parent et un beau parent, 88% des familles recomposées nombreuses hébergent des enfants de plusieurs unions. Ainsi, les familles recomposées sont deux fois plus nombreuses à avoir quatre enfants ou plus. Pas de doute, la famille "allégée" a bel et bien tendance à se rallonger.

Finalement, un siècle après, on dirait bien qu’il y a toujours autant de monde sous le même toit au sein de la famille « allégée » !