En 1911, l’archéologue égyptien Ahmed bey Kamal mit au jour, à Dara, ce qu’il pensait être un gigantesque mastaba. Très vite, il remarqua que l’édifice était carré. Il mesurait 130 mètres de long et était haut d’environ 4 mètres. La construction avait été utilisée comme carrière. Il découvrit une descenderie, longue de 69,40 mètres, qui menait vers des appartements funéraires. Il y découvrit une salle de 2,165 m de long, 1,90 m de large et 2,94 m de haut. Elle était à 8,50 mètres sous le monument. Elle contenait une niche destinée à des vases canopes. Kamal détecta une seconde pièce mais il n’y pénétra pas. Malheureusement, il constata que la tombe avait été pillée.

Kamal mit au jour du matériel funéraire à proximité de la gigantesque tombe. Il découvrit une fausse-porte, des tables d’offrandes. Le nom le plus fréquent était celui de Khoui. Kamal retrouva, dans un petit mastaba près du grand monument, ce nom inscrit dans un cartouche. Il avait trouvé le nom du propriétaire du grand édifice ! Kamal situa se roi à la fin de la VIe dynastie. Aujourd’hui, cette hypothèse est abandonnée. N. Kanawati place le règne de Khoui durant la VIIIe dynastie. Il vécut probablement à la fin de cette période relativement brève.

Pepy-ankh au beau nom de Khoui

Khoui était très probablement le fils de Pepy-ankh au beau nom de Khoui dont la tombe hypogée fut mise au jour à Charouna, dans le 18 nome de Haute Egypte, près de l’actuel Kom el-Ahmar. Ce Pepy-ankh au beau nom de Khoui vécut probablement durant la fin de la VIe dynastie. Cette tombe de Charouna fut découverte en 1833 par Nestor l’Hôte. Il se contenta de la mentionnée dans une lettre datée du 3 janvier 1839. En 1896, M. Brodrick et A. Anderson Morton passèrent quelques heures sur place. Ils dressèrent le plan de l’hypogée. Ils identifièrent le nom du propriétaire et de son épouse, Mérout. En 1907, le Musée national de Budapest envoya Thadée Smolenski pour fouiller la sépulture. En quelques pages, il publia ses résultats… La tombe comportait quatre pièces. Seules deux étaient partiellement décorées. Les bas-reliefs étaient, en 1907, fort détériorés. Deux fausses-portes ornaient la deuxième pièce. Elles étaient au nom de Mérout au beau nom de Méry et de Pepy-ankh au beau nom de Khoui. Ce dernier était qualifié de serviteur d’une pyramide royale (celle de Pépy II ?), de chefs de domaines, de superviseurs des messagers, de maître de tous les pagnes, de prêtre-lecteur, d’ami unique et de comte. Pepy-ankh au beau nom de Khoui était donc d’un rang relativement élevé. Mérout était prêtresse d’Hathor. Depuis Thadée Smolenski en 1907, plus aucune fouille ne fut réalisée dans cette sépulture.

Dara

Dara était une nécropole du 13e nome de Haute Egypte, celui d’Assiout. Khoui ne fut donc pas un roi inhumé dans l’une des nécropoles memphites. Il n’était pas de sang royal. Il fut donc très probablement un usurpateur. Il fut sans doute l’un des premiers à défier la puissance des derniers rois de la VIIIe dynastie. Il réussit probablement à se constituer un petit royaume en Moyenne Egypte, autour d’Assiout. Il ne fut pas vaincu, mais il ne parvint pas à créer une nouvelle dynastie. Sa tombe fut qualifiée de pyramide. En effet, la base est carrée et elle dispose d’une descenderie et d’appartements funéraires comme dans les tombes royales de la région memphite. Etait-elle inachevée ? Fut elle démontée presque jusqu’aux fondations (comme la pyramide de Djedefra) ? Depuis 1911, plus aucune fouille ne fut réalisée en ce lieu. Une nouvelle mission pourrait probablement répondre à ces deux questions. Si cette pyramide fut achevée, elle dû impressionner les habitants et les nobles de Moyenne Egypte, car sa base dépasse de quelques mètres celle de la pyramide de Mykérinos !

La fin de l’Ancien Empire

L’usurpateur Khoui fut suivit par d’autres usurpateurs, notamment à Hérakléopolis Magna. Ces derniers mirent fin à la VIIIe dynastie et à l’Ancien Empire. Une période de troubles commençait : la Première Période Intermédiaire. Pendant des décennies, l’Egypte fut divisée et confrontée à de multiples dangers.

Bibliographie sélective :

BELL (B.), The Dark Ages in Ancient History. The First Dark Age in Egypt, dans American Journal of Archaeology, v. 75, n°1, 1971.

BRODRICK (M.), ANDERSON MORTON (A.), The Tomb of Pepi Ankh (Khua), near Sharona, dans Proceedings of the Society of Biblical Archaeology, v. 21, 1899, p. 26-33.

GOEDICKE (H.), Probleme der Herakleopolitenzeit, dans Mitteilungen des Deutschen Archäologischen Instituts. Abteilung Kairo, b. 24, 1969, p. 136-143.

KAMAL (A.), Fouilles à Dara et à Qoçéîr el-Amarna, dans Annales du Service des Antiquités de l'Égypte, t. 12, 1912.

KANAWATI (N.), The Egyptian Administration in The Old Kingdom. Evidence on its Economic Decline, Warminster, 1977.

SMOLENSKI (T.), Le tombeau d'un prince de la VIe dynastie à Charouna, dans Annales du Service des Antiquités de l'Égypte, t. 8, 1907.

THEIS (Chr.), Die Pyramiden der Ersten Zwischenzeit. Nach philologischen und archäologischen Quellen, dans Studien zur Altägyptischen Kultur, b. 39, 2010, p. 321-339.